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Espagne : Une vague d’opposition au terrorisme et au racisme déferle dans les rues de Barcelone

samedi 26 août 2017, par siawi3

Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1052437/manifestation-terrorisme-barcelone-espagne


Une vague d’opposition au terrorisme déferle dans les rues de Barcelone

Publié aujourd’hui à 18 h 55 | Mis à jour à 19 h 38
26.08.2017

Un manifestant brandit une rose blanche et une banderole portant le slogan « Non à l’islamophobie ».
Les manifestants ont brandi des banderoles portant des slogans comme « Non à l’islamophobie », et « La meilleure réponse : la paix ». Photo : La Presse canadienne/Manu Fernandez

Des milliers de personnes défilent dans les rues de Barcelone, en Espagne, pour dénoncer la violence des attentats qui y ont fait 15 morts et plus de 120 blessés, le 17 août dernier.

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press

Ce grand rassemblement destiné à montrer le rejet du terrorisme s’est mis en branle samedi soir, derrière une banderole portant le slogan « No tinc por », qui signifie « Je n’ai pas peur » en catalan.

Selon le souhait de la mairie, le premier rang était réservé aux « représentants des collectifs qui, dès la première minute, se sont occupés des victimes ».

Photo : Des policiers, pompiers, médecins, chauffeurs de taxi, et commerçants défilent au premier rang d’une manifestation en opposition au terrorisme, devant une nuée de banderoles et de drapeaux espagnols.

Le premier rang était réservé à ceux qui se sont occupés des victimes de l’attentat du 17 août, à Barcelone. Photo : La Presse canadienne/Francisco Seco

On pouvait donc y voir des policiers et pompiers en uniforme, des médecins en blouse blanche, des chauffeurs de taxi, ainsi que des commerçants et des habitants de La Rambla, qui a été le théâtre de l’attaque au camion-bélier.

« Emplissons les rues de paix et de liberté », avait souhaité la mairie de Barcelone après la tragédie.

Photo : Des roses rouges, jaunes et blanches, aux couleurs de la ville, étaient également distribuées aux participants.
Une grande rue de Barcelone, vue de haut, est emplie de milliers de manifestants portant banderoles et drapeaux.
Les manifestants ont défilé par milliers dans les rues de Barcelone. Photo : Reuters/Albert Gea

Le double attentat contre Barcelone et Cambrils, le plus meurtrier que l’Espagne a connu depuis plus d’une décennie, avait été revendiqué par le groupe armé État islamique (EI).

Après la mort de huit suspects, et l’arrestation de quatre autres, qui sont toujours en détention, les enquêteurs avaient annoncé que la cellule à l’origine de l’attaque avait été complètement démantelée.

Présence royale et controverse

Fait exceptionnel, le roi Felipe VI s’est joint aux manifestants, devenant ainsi le premier souverain espagnol à participer à une manifestation depuis le rétablissement de la monarchie en 1975.

Il a marché plusieurs rangs derrière la banderole de tête, aux côtés du premier ministre Mariano Rajoy, et de nombreuses autres personnalités politiques, dont des ministres, des présidents de régions, et des chefs de différents partis.

Le roi d’Espagne Felipe VI (à droite) est accueilli par le premier ministre Mariano Rajoy avant le début de la manifestation. Photo : Reuters/Juan Medina

Mariano Rajoy avait appelé vendredi « tout le monde à participer » à cette manifestation organisée par le gouvernement catalan et la mairie de Barcelone.

À leur arrivée dans le cortège, le roi et le premier ministre ont toutefois été accueillis par des huées et des sifflets.

Une heure avant la manifestation, des Catalans munis de drapeaux indépendantistes s’étaient rassemblés pour reprocher à l’État espagnol de vendre des armes à des pays comme l’Arabie saoudite, accusés d’entretenir des liens avec des groupes terroristes.

« Vos politiques, nos morts », ont-ils scandé, dénonçant le fait que Madrid espère vendre prochainement cinq navires de guerre à Riyad.

Photo : Des manifestants se recueillent autour d’un mémorial composé de nombreuses fleurs et chandelles, à l’endroit où un camion-bélier a foncé dans la foule le 17 août.

Photo : Les manifestants se sont rassemblés autour d’un lieu de recueillement, à l’endroit où un camion-bélier a foncé dans la foule le 17 août. Photo : Reuters/Albert Gea

Alors que la tension monte depuis des mois entre le gouvernement espagnol et la région de la Catalogne dirigée par un parti indépendantiste, la marche unitaire de Barcelone se voulait une trêve de toute querelle politique.

Il y a toutefois fort à parier que cette accalmie sera de courte durée, le président catalan, Carles Puigdemont, étant toujours résolu à tenir un référendum d’autodétermination le 1er octobre prochain, et ce malgré la ferme opposition de Madrid à ce projet.