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France : Les Pieds Nickelés du djihad

mardi 12 septembre 2017, par siawi3

Source : https://carolinefourest.wordpress.com/2017/08/25/les-pieds-nickeles-du-djihad/

Les Pieds Nickelés du djihad

25.08.2017

par
Caroline Fourest

Terroriser n’est pas un métier, pas même un job d’été. Il ne demande aucune qualification, ni aucun talent. C’est d’ailleurs pour ça qu’il attire tant de losers.

Si un terroriste savait peindre comme Picasso, piloter un avion comme Tom Cruise, gagner des courses de voitures comme dans Fast & Furious, nul doute qu’il serait trop occupé à réussir sa vie pour mourir en martyr. Non, vraiment, terroriste, c’est le job idéal pour ceux qui n’ont pas la patience d’apprendre, de se concentrer, ni même un tout petit don pour l’organisation. Ceux qui meurent en faisant des attentats sont rarement ceux qui les ont planifiés.

L’imam qui s’est éparpillé façon puzzle en manipulant lui-même des explosifs en Espagne n’a pas su déléguer. Une fois parti en fumée, ses lionceaux se sont retrouvés comme des oies dont on aurait coupé la tête. Au lieu de voler chacun une voiture pour commettre cinq attentats simultanés, ils sont tous montés à bord d’une même voiture, allez deux, et ils ont foncé sur des avenues pleines d’obstacles et de policiers. Le bilan reste lourd, trop lourd, mais ce n’est vraiment pas parce qu’ils sont doués.

Quand on y songe, rien n’est plus facile que de réussir un attentat « low cost » . Les attentats de l’époque Al-Qaida, quand même, avaient une autre allure. Encore que Zacarias Moussaoui a réussi à attirer l’attention des services de police en expliquant à son moniteur qu’il n’avait aucun besoin d’apprendre à atterrir. Bienvenue chez les sous-doués qui préparent un attentat.

Aucun film n’a mieux cerné le profil psychologique des apprentis terroristes que We Are Four Lions. Un chef-d’œuvre hilarant sur quatre Pieds Nickelés anglais s’entraînant à commettre le pire en mettant des ceintures explosives à des corbeaux ou en tirant des roquettes à l’envers sur leur émir. Il n’a pas pris une ride. Comme toujours, il est même très en deçà de la réalité.

Prenez le type qui a voulu tuer le responsable de la lutte antirerroriste saoudien avec un suppositoire explosif dans les fesses... qu’il a déclenché trop tôt. Ou celui qui s’est fatigué à monter une prise d’otage à Sydney pour la revendiquer au nom de Daech en se trompant de drapeau ! Le bras cassé a dû supplier les policiers de lui amener le bon. Il avait pris celui des salafistes, pas de l’Etat islamique. C’est vrai qu’ils sont tous les deux noir et blanc, mais quand même, quand on veut tuer au nom de Daech, le minimum, c’est de réviser. On ne parle pas de lire 100 bouquins pour passer l’agrégation, juste de trouver le bon drapeau sur Internet.

Et que penser des dindes de Notre-Dame qui n’ont jamais su faire exploser leurs bonbonnes de gaz dans une voiture... qu’elles ont abandonnée mal garée et en mode warning ! Ou de l’idiot du Thalys, capable d’enrayer son arme automatique et de se faire ceinturer. C’est quand même pas de bol d’attaquer juste la rame où voyagent trois militaires américains en goguette. Et celui qui s’est tiré une balle dans le pied en voulant attaquer une église à Villejuif ? Ce n’est pas comme s’il fallait s’entraîner sur des canards sauvages pour tirer sur une église. Un sniper doit savoir viser, pas un terroriste. Il n’a pas non plus besoin de savoir conduire, ni même d’avoir son permis, pour écraser des gens. C’est à la portée de n’importe quel psychopathe. D’ailleurs, les psychopathes imitent très souvent les terroristes, et inversement.

La différence, c’est qu’un fou écrase les autres parce qu’il est incapable de contrôler ses pulsions. Un terroriste écrase des gens parce qu’il a décidé que ses pulsions étaient des convictions. Dans un cas, il faut sérieusement donner plus de moyens à la médecine psychiatrique. Dans l’autre, il faut d’urgence démanteler les cellules idéologiques qui alimentent le cancer terroriste... Avant qu’ils se lassent du « low cost », trouvent des losers plus dégourdis et passent aux attentats chimiques. Cette course contre la mort n’est pas très équitable. Il ne faut pas être une lumière pour tuer. Mais il faut être sacrément malin pour sauver des vies.