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Italie. Les tueurs de Marseille et de Berlin sont passés par la ville d’Aprilia

jeudi 5 octobre 2017, par siawi3

Source : http://www.letelegramme.fr/monde/italie-les-tueurs-de-marseille-et-de-berlin-sont-passes-par-la-ville-d-aprilia-04-10-2017-11689399.php

Italie. Les tueurs de Marseille et de Berlin sont passés par la ville d’Aprilia

Publié le 04 octobre 2017 à 14h57
Modifié le 04 octobre 2017 à 15h13

Ahmed Hanachi, l’auteur de l’attaque au couteau à Marseille et Anis Amri, l’assaillant du marché de Noël de Berlin, sont tous deux passés par Aprilia, une commune de 70.000 habitants près de Rome. L’Algérien qui avait attaqué à la machette deux policières en août 2016 en Belgique avait également séjourné dans cette ville italienne où la justice italienne enquête sur le transit de "sympathisants" jihadistes.

Depuis longtemps, la ville italienne d’Aprilia, près de Rome, "fait l’objet d’une surveillance en raison de plusieurs cas de présumés "sympathisants" du jihad, dont certains ont déjà été expulsés pour des raisons de sécurité majeures", a déclaré à l’AFP le procureur adjoint de Rome, Francesco Caporale. "On ne peut pas, à l’heure actuelle, parler d’une hypothétique cellule jihadiste", a-t-il cependant précisé.

Ahmed Hanachi, le Tunisien de 29 ans qui a tué deux jeunes femmes avant d’être abattu par des militaires dimanche à la gare Saint-Charles de Marseille, a vécu plusieurs années à Aprilia. "Il s’est marié à Aprilia avec une Italienne en 2008, il y a été inscrit comme résident entre mars 2010 et mai 2017 et a été arrêté à deux reprises pour une affaire de drogue et une autre de vol", a déclaré mercredi à l’AFP un représentant de la mairie.

"Il buvait et se droguait"

"Il a ensuite été radié des listes communales, faute d’avoir renouvelé son certificat de résidence, mais nous savons qu’il n’habitait plus sur la commune depuis 2015", a-t-il ajouté. Séparé depuis trois ans, "le couple avait vécu chez les parents de l’épouse, des gens honnêtes dont nous savons qu’ils n’étaient pas très heureux de cette union", a-t-il poursuivi. "Il n’a jamais été radicalisé. Il s’en fichait de la religion. Il avait des problèmes de drogue, ça oui", a déclaré l’ex beau-père, cité par le journal La Repubblica.

Selon des déclarations de carabiniers à La Stampa, l’homme "n’avait pas l’air d’un extrémiste, ne semblait même pas intéressé par la religion mais il buvait, se droguait et ne fréquentait pas la mosquée...". Remariée à un autre Tunisien, l’épouse réside aujourd’hui en Tunisie.

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Commune de 70.000 habitants située à 40 km au sud de Rome, Aprilia compte beaucoup de travailleurs agricoles étrangers employés dans ce verger de la capitale, en majorité des sikhs mais aussi des Africains et plusieurs centaines de Tunisiens. En juillet 2015, la ville a également vu passer pour un court séjour le Tunisien Anis Amri, auteur de l’attaque au camion-bélier qui avait fait 12 morts au marché de Berlin en décembre 2016. Il avait été tué quatre jours plus tard par des policiers lors d’un contrôle d’identité près de Milan.

Eviter "tout raccourci trop hâtif"

"En l’état de actuel de l’enquête, il n’apparaît pas de contact entre Ahmed Hanachi et Anis Amri, ce dernier ayant en outre séjourné seulement pour une courte période dans les environs d’Aprilia, hébergé par Yacoubi Montasar, actuellement en détention pour un autre motif", a expliqué le procureur Caporale. Selon la presse italienne, trois autres Tunisiens d’Aprilia soupçonnés d’avoir été en contact avec Anis Amri ont été expulsés cette année. Et l’Algérien Khaled Babouri, 33 ans, qui avait attaqué à la machette deux policières en août 2016 à Charleroi, en Belgique, avant d’être lui aussi abattu, avait également séjourné à Aprilia.

A la mairie d’Aprilia, on se défend de tout raccourci trop hâtif : "les cas de Hanachi et de Amri sont différents", a déclaré le représentant, tout en admettant qu’il était "logique que la présence sur le territoire de la commune de deux hommes devenus des terroristes internationaux intéresse la justice". Selon la presse, les policiers antiterroristes multiplient depuis dimanche les perquisitions pour déterminer si Aprilia pourrait abriter une base logistique, le centre d’un réseau de radicalisation, ou au moins un centre de fabrication de faux papiers.