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France : Pourquoi Mohamed Sifaoui a démissionné de la LICRA

vendredi 27 octobre 2017, par siawi3

Source : https://www.facebook.com/MOHAMEDSIFAOUIJOURNALISTE/posts/1432162753541478

6 septembre 2017

J’ai décidé de démissionner de la Licra et de son Bureau exécutif.

Mohamed Sifaoui

J’ai décidé de démissionner de la Licra et de son Bureau exécutif. Après y avoir passé plus d’une année sur proposition du président en exercice, je fais le bilan suivant qui n’appelle ici ni débat ni polémique ni même un quelconque échange tant il s’agit d’un constat que je vais partager de façon factuelle et de la manière la plus froide et la plus dépassionnée qui soit.

À la Licra il y a des militants et des cadres formidables. Je les ai côtoyés et c’est la stricte vérité. Ceux-là sont des personnes désintéressées ayant suffisamment d’utopie encore pour continuer de donner de leur temps pour servir la cause antiraciste. Mais il y a aussi un aspect peu connu : cette association est, par ailleurs, largement noyautée par des individus, des femmes et des hommes, qui n’ont strictement rien à faire dans des organisations antiracistes. Ceux-là sont nourris, pour la plupart, par un communautarisme abject, motivés, le plus souvent, par une ambition personnelle qui leur permet d’être des petits barons locaux ou nationaux, mais plus grave de dévoyer au passage l’antiracisme et de trahir la Lica de Bernard Lecache et la Licra de Jean Pierre-Bloch....

La Licra d’aujourd’hui est une Licra de postures et non pas de convictions, c’est une Licra de calculs et non pas d’engagements, une Licra aussi de salons et Non pas de terrain, une Licra enfin d’ambitions personnelles non pas de militantisme sincère...

Je n’ai jamais appris à fonctionner dans un cadre de cynisme et d’hypocrisie et certainement pas dans le monde associatif. C’est donc pour exprimer de profonds désaccords politiques et idéologiques, pour dire mon rejet d’un climat nauséeux qui s’est accentué depuis la fameuse affaire Bensoussan et pour exprimer le rejet de certains choix plus que discutables que j’ai décidé de rompre définitivement, à partir d’aujourd’hui, avec cette organisation. Et je le dis très clairement et très calmement : malheureusement la Licra n’est pas encore prête à accueillir des cadres d’origine maghrébine. Elle le sera probablement un jour grâce à l’inéluctable changement de générations qui nous permettra, je l’espère, de nous défaire des égotismes et des communautarismes. Mais aujourd’hui elle n’est pas prête. Même des maghrébins laïques et démocrates, des progressistes luttant contre l’antisémitisme n’y ont pas leur place. D’ailleurs c’est ce qui explique probablement leur absence criante. Les préjugés et la bêtise ont malheureusement encore la dent dure... Qu’ils s’expriment dans la société cela peut faire partie d’une époque teintée de repli sur soi, mais il est inexcusable de voir la culture du mépris et la banalisation d’un racisme ou de l’expression douteuse se propager dans une prestigieuse association antiraciste. Ceci est inexcusable. Or, certaines sections, certains cadres, certains partenaires qui trouvent tribune à la Licra, sont porteurs - dans l’indifférence quasi générale - d’un discours qu’une association antiraciste se doit de combattre et d’exclure et non pas d’accepter d’une manière ou d’une autre.

J’envoie aux militants et aux cadres sincères mes meilleures salutations et aux autres l’expression de mon profond mépris. Car on n’a pas le droit d’instrumentaliser tel un jouet un outil d’engagement fondé et construit par des femmes et des hommes de conviction.