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Canada : Deux femmes musulmanes du Québec accusent Kathleen Wynne de prendre position pour la burqa

mardi 31 octobre 2017, par siawi3

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Source : https://tarekfatahenfrancais.wordpress.com/2017/10/24/deux-femmes-musulmanes-du-quebec-accusent-kathleen-wynne-de-prendre-position-pour-la-burqa/

Deux femmes musulmanes du Québec accusent Kathleen Wynne de prendre position pour la burqa

Tarek Fatah

27 octobre 2017

Il y a un peu plus de 11 ans, le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, Jack Straw, a écrit à propos de son malaise face aux niqabs et aux burqas islamiques qui couvrent le visage et que ses électrices avaient choisi de porter en le rencontrant.

Ce qui suivit après son article publié dans The Guardian fut une controverse qui a fait rage dans le monde islamique et dans l’Occident en 2006 et 2007, ce qui donne une bonne idée comment la société occidentale, dirigée par ses politiciens libéraux et de gauche ainsi que par les féministes et les universitaires, a régressé.

La peur de la terreur islamique a-t-elle fait d’eux des Chamberlain d’aujourd’hui qui redoutaient la Wehrmacht nazie d’Hitler ?

Il y a onze ans, il y avait moins de rectitude politique. Même le Toronto Star, de tendance libérale, a autorisé la critique du voile islamique. Sa chroniqueuse Rosie DiManno a écrit ceci le 25 octobre 2006 :

« Le fanatisme lié à la Bible est répugnant, qu’il soit appliqué aux femmes, aux enfants ou aux homosexuels ou à tout autre groupe dont le comportement est considéré comme un péché. Le fanatisme lié au Coran devrait être tout aussi peu ragoûtant. Alors, épargnez-moi ce que ce livre sacré a à dire sur le port du voile des femmes, surtout quand même les savants islamiques sont divisés à ce sujet ».

Aujourd’hui, une douzaine de députés islamistes du caucus du premier ministre sont aux commandes, tandis que le NPD, sous la direction d’un nouveau chef, souhaite intégrer le médiévisme en tant que nouveau modernisme. Les deux considéreraient ce genre d’écrit comme « islamophobe ».

DiManno a expliqué :

« Ne soyons pas hypocrites ici. Il existe de nombreuses preuves, des preuves accablantes, de pressions religieuses et culturelles, celles qui sont ancrées dans un code de conduite solidement patriarcal, pour la marginalisation des femmes adultes (musulmanes), des pratiques qui sont fondamentalement incompatibles avec les concepts fondamentaux de l’égalité des sexes ».

Comment un morceau de tissu utilisé comme masque facial – déclaré non islamique et non nécessaire par le chef de l’Université Al-Azhar en Égypte – devient-il le cri de ralliement des féministes blanches, des activistes homosexuels, des intellectuels de gauche et même de la première ministre Kathleen Wynne de l’Ontario ?

J’ai soulevé cette question auprès de deux femmes musulmanes du Québec, l’une réfugiée saoudienne à Sherbrooke et l’autre une intellectuelle originaire du Bangladesh vivant à Montréal.

Ensaf Haider est arrivée au Québec en 2013 pour fuir le monde arabe et sa tyrannie dans l’espoir de trouver la liberté au Canada. Son mari saoudien, Raif Badawi, purge toujours une peine d’emprisonnement de 10 ans et attend sa sentence de 1000 coups de fouet pour islamophobie.

En réagissant à la dénonciation par la première ministre Wynne de la Loi antiburqa du Québec, Mme Haider a déclaré :

« Je suis choquée que la première ministre de l’Ontario et que les femmes du NPD et du Parti conservateur (progressiste) de l’Ontario aient attaqué la nouvelle loi québécoise interdisant de recevoir des services le visage couvert, en particulier concernant la burqa, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec ».

Mme Haider m’a dit mercredi que lorsqu’elle a appris la nouvelle du projet de loi 62 au Québec, elle était ravie. « J’estimais que tout le Canada avait finalement reconnu la tyrannie que constituent le niqab et la burqa et qu’il suivrait le courage du Québec de s’opposer à l’oppression des femmes. »

« Mais, écouter des femmes et des hommes anglophones attaquer la nouvelle loi du Québec m’a choquée », a-t-elle ajouté. « Est-ce que Kathleen Wynne et les femmes néo-démocrates comme Nikki Ashton et Andrea Howarth sont des féministes blanches antifrancophones ou sont elles rongées par la culpabilité ? », a-t-elle demandé.

En cherchant d’autres opinions, j’ai communiqué avec la professeure Roksana Nazneen, une résidente de Montréal Québécoise d’origine musulmane et bangladaise, qui travaille actuellement pour la campagne électorale de son mari à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot.

Je lui ai demandé si elle pensait que la nouvelle loi du Québec était discriminatoire envers les musulmans. « Non, pas du tout. En tant que femme musulmane, j’applaudis le projet de loi 62 du Québec. »

« Le niqab ou la burqa ne devraient avoir aucune place dans une société civile. Ce n’est ni une recommandation religieuse ni culturelle. C’est une déclaration politique antioccidentale présentée par des islamistes radicaux dans le monde entier », a-t-elle ajouté.

Mais qu’en est-il du droit de choisir ? ai-je invoqué

« C’est absurde, la burqa n’est pas un choix. Si une personne choisit d’être accro à la cocaïne, notre société restera-t-elle immobile en ne faisant rien pour arrêter sa dépendance ? », A-t-elle demandé. « Quelle sera la prochaine étape ? Allons-nous permettre aux suicidaires de sauter pour se tuer parce qu’ils ont fait le « choix » de s’enlever la vie ? »

En 2007, le doyen du journalisme indien Khushwant Singh a tapé dans le mile lorsqu’il a écrit :

« La burqa est (la) cause la plus répréhensible à elle seule qui garde les musulmans en retard… elle est synonyme de « jahalat », qui est synonyme d’ignorance et de retard. Plus tôt elle est abolie, mieux c’est. »

On ne fait plus d’ hommes comme Jack Straw et Khushwant Singh. Les récupérations de votes, les costumes coûteux, les chaussettes colorées et l’identité ethnoreligieuse, et non les politiques, déterminent la politique d’aujourd’hui.

Traduction : Laurence B