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France : Sexe, religion et mensonge : le cas Tariq Ramadan

Le crépuscule d’une idole

mardi 7 novembre 2017, par siawi3

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/maati-kabbal/sexe-religion-et-mensonge-le-cas-tariq-ramadan_b_18408230.html

Maati Kabbal
Journaliste-écrivain

Sexe, religion et mensonge : le cas Tariq Ramadan

Publication : 28/10/2017 20h04 CEST Mis à jour : 30/10/2017 10h42 CET

Après les deux plaintes portées contre lui pour viol et harcèlement sexuel, cherchez la femme de... Tariq Ramadan. Que dit-elle ? Que pense-t-elle de ce scandale ? Quel échange a-t- elle eu avec son mari ? Nul ne le saura. Pas plus qu’on ne saura ce que pensent les femmes de tous ces "khanazir" (cochons) balancés par leurs victimes.

Ces femmes souffrent en silence parce qu’elles sont réduites à des tombes. Sur l’injonction de leur mari, pas un mot ne viendrait d’elles, alors qu’elles ont beaucoup de choses à dire et à révéler des forfaitures de leur époux. Il suffit que l’une d’elle rompe le silence pour que le mouvement de protestation prenne une autre tournure. Mais quand on sait que ces femmes sont mariées à des hommes de pouvoir et d’influence qui les tiennent sous leur domination par la loi du silence et de l’argent, il est peu probable qu’elles brisent la glace.

Si Harvey Weinstein est devenu prédateur sexuel par le pouvoir de l’image à Hollywood (voyeur et voyou), Tariq Ramadan ne semble pas déroger à une archaïque règle qui veut que "la faiblesse de la chair" est plus puissante que l’éthique sexuelle telle qu’elle est prônée par l’Islam. D’après le témoignage des deux plaignantes, Tariq Ramadan a vite succombé à ce que Michel Foucault appelle "l’appel de la chair".

De ce fait, il s’inscrit dans une tradition de harcèlement et d’abaissement de la femme dont les ténors modernes sévissent aujourd’hui sur les chaînes satellitaires et les réseaux sociaux, tels Youssef Al Qaradaoui (le mentor de Tariq Ramadan). Aujourd’hui âgé de 91 ans, son feuilleton avec son ex-épouse la député algérienne, Asma ben Kada, avait tenu en haleine les réseaux sociaux dans le monde arabe. Il s’était marié 7 fois. Sa dernière femme, native de Benguerir, avait été épousée par procuration.

Autre feuilleton non moins croustillant, celui qui a mis en scène les deux ex prédicateurs du Mouvement unicité et réforme (MUR), Omar Benhammad et Fatima Nejjar, pris en flagrant délit d’adultère dans une voiture sur une plage de Casablanca.

En attendant que la justice dise son mot dans l’affaire des deux plaintes contre Tariq Ramadan (il faut s’attendre à ce que d’autres femmes se manifestent dans le sillage de ces deux premières plaignantes), l’image de l’islamologue a pris un sérieux coup. Tant qu’il était attaqué par les politiques sur ses idées, il s’en est toujours bien sorti, renforçant même son aura auprès du public musulman qui a manifesté un élan de sympathie à son égard.

Cette fois-ci, venant de femmes sur le sujet du viol et du harcèlement dans un contexte où le haro sur le harcèlement est devenu un sujet à rebondissements, Tariq Ramadan va certainement perdre ses plumes. Et l’image de l’intellectuel musulman modèle et guide de la jeunesse va sûrement prendre un sacré coup.

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Source : https://www.lorientlejour.com/article/1081884/tariq-ramadan-le-crepuscule-dune-idole.html

Tariq Ramadan, le crépuscule d’une idole

Le prédicateur et islamologue suisse est accusé de viols en France. Retour sur un personnage extrêmement controversé qui déchaîne les passions depuis près de 30 ans.

Caroline HAYEK
L’OrientLeJour

03/11/2017

Le Quintilien des Arabes. Tel aurait pu être son nom de scène, de plume ou de guerre. Comme autrefois ce savant perse du Khwarezm, près de la mer d’Aral, Serageddin al-Sekaki, ainsi baptisé par ses pairs en Europe et ailleurs. Par l’élégance de son style et sa maîtrise de la rhétorique, Tariq Ramadan s’est, au fil des ans, constitué une large audience européenne sensible aux charmes de son éloquence, alors qu’il demeure quasiment inconnu dans le monde arabe.

Mais le rhéteur musulman phare en Europe lors des années 90 a perdu en influence et se trouve aujourd’hui, plus que jamais, cloué au pilori. Visé en France par deux plaintes pour viol, l’islamologue suisse de 55 ans voit aujourd’hui son image de modèle de vertu fracassée. Pour la première fois depuis ses débuts, ce ne sont pas ses idées ni ses propos qui attisent la polémique, mais bel et bien ses supposés agissements. Visiblement portées par la récente affaire Weinstein, du nom du producteur de cinéma américain accusé d’agressions sexuelles et de viols, des femmes qui accusent Tariq Ramadan ont décrit des actes graves et extrêmement violents, pour lesquels il devra bientôt répondre devant la justice d’un pays où il s’était fait une place de choix, tantôt applaudi, tantôt honni. Qui mieux que Ramadan incarne certains tourments de la société française, notamment dans son rapport à l’islam ? Son parcours l’a hissé au rang de superstar de l’islam européen moderne, mais aussi, et surtout, il aura trouvé une résonance fulgurante auprès des musulmans en mal de représentation politique. « Son charisme opère auprès de beaucoup de musulmans, parce qu’il a formé une génération d’entre eux dans les années 90 », explique Haoues Seniguer, maître de conférences à Sciences Po Lyon.

Mais que nous dit l’affaire « Ramadan » de la société française ? En pleine bourrasque médiatique et judiciaire, ils sont nombreux à se montrer frileux quand il s’agit de s’exprimer sur le sujet. « C’est un personnage très clivant et il y a une manière passionnée d’analyser le phénomène Tariq Ramadan », souligne Samir Amghar, enseignant à la faculté de philosophie et sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles. Tariq Ramadan s’est mué en monstre médiatique capable de salves verbales mémorables à la télévision face à ses nombreux détracteurs, brandissant son joker fétiche, celui de victime, lorsqu’il se trouve à court d’argument. S’il s’est toujours défendu d’être antisémite, Tariq Ramadan n’a jamais caché son profond antisionisme, appelant à « un seul État dans lequel tout le monde vit », comme solution au conflit israélo-palestinien.L’une des raisons de son succès est sans doute le fait qu’il ait compris, assez tôt, qu’il devait se poser en combattant de l’islamophobie alors prégnante en France. Et quiconque s’attaque à sa personne est en pratique automatiquement taxé d’être islamophobe.

(Lire aussi : Tariq Ramadan, personnalité influente et controversée de l’Islam européen)

Lourd héritage

Né dans la Suisse des années 60, dans une fratrie de six enfants, Tariq Ramadan est un enfant de l’exil. Celui de parents venus d’Égypte et à l’héritage lourd : il est le petit-fils du côté maternel du fondateur des Frères musulmans, Hassan el-Banna, dont l’héritier spirituel, Saïd Ramadan, deviendra le gendre. Avant de s’intéresser à la religion, le jeune Tariq se passionne pour le sport, et plus particulièrement le football. Il entame très rapidement des études de littérature française et d’islamologie, avant d’avancer sa thèse consacrée à son grand-père, présenté comme un grand penseur « réformiste » de l’islam. Des membres du jury jugent alors son contenu inacceptable et la rejette. Un second panel accepte finalement la soutenance d’une version amputée des passages trop tendancieux. Marié entre-temps à une Française convertie, Tariq Ramadan n’a eu de cesse de vouloir se rapprocher de ses racines, en allant parfaire ses connaissances de l’islam, mais aussi de sa langue, au Caire, notamment à l’université al-Azhar.

Très présent dans le paysage éducatif et culturel helvétique, il parvient à s’immiscer dans la sphère médiatique outre-Alpes lors de son premier passage à la télévision française, suite à la publication, en 1994, d’un ouvrage intitulé Les musulmans dans la laïcité. Bel homme, au français impeccable, Tariq Ramadan fait mouche et parvient à se faire le porte-voix des musulmans de France. « C’est peut-être la seule personnalité religieuse et intellectuelle qui puisse assurer une sorte de fonction tribunitienne auprès d’une large partie des musulmans qui regardent les émissions télévisées dans lesquelles il est invité, et qui soit capable, du point de vue du téléspectateur musulman, de tenir "la dragée haute" à ses contradicteurs », estime aujourd’hui Samir Amghar.

(Lire aussi : Nouvelle plainte pour viol contre Tariq Ramadan)

« Doué pour la dissimulation et la manipulation »

Les années 90 voient émerger un homme capable de représenter un islam moderne compatible avec les valeurs européennes. Ses livres et ses cassettes se vendent bien. Les journalistes se l’arrachent, le public en redemande. « Son public l’écoute et le suit comme un vrai chef de secte », estime Caroline Fourest, essayiste, journaliste et réalisatrice, auteure en 2004 de Frère Tariq, aux éditions Grasset. L’échange houleux en 2009 entre les deux protagonistes, sur le plateau de Frédéric Taddéï, est resté gravé dans les annales. « Cela fait vingt ans que je travaille sur les extrémistes religieux, qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans. J’ai travaillé sur les prédicateurs américains extrêmement roublards, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi doué pour la dissimulation et la manipulation que Tariq Ramadan », affirme Caroline Fourest.

Si le succès de Tariq Ramadan grandit, un antagonisme profond se forme aussi. Dans une société laïque telle que la France, l’apparition d’un personnage islamiste, de plus, extrêmement charismatique, dérange. Son discours à la fois politique et religieux trouve un écho auprès des citoyens musulmans, mais hérisse également le poil de l’establishment français. En 1995, au lendemain d’attentats islamistes en France, attribués au GIA algérien, le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua lui interdit, sans justification précise, l’entrée sur le territoire français, le confondant très probablement avec son frère Hani qui avait justifié l’application de la charia et la lapidation des femmes dans une tribune publiée par Le Monde. En 2003, un débat entre Tariq Ramadan et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, provoque une gêne lorsque, répondant à la question de son adversaire, l’islamologue appelle à un « moratoire » sur la lapidation des femmes dans les pays qui la pratiquent, au lieu de la condamner fermement. En 2004, alors qu’il s’apprête à prendre un poste à l’Université de Notre-Dame, dans l’Indiana, il est frappé d’une interdiction de visa de la part des États-Unis alors sous l’ère Bush fils.

Très vite, des voix s’élèvent contre Ramadan, l’accusant notamment de faire l’apologie d’un islam radical et d’user d’un double discours, en déphasage avec ce qu’il veut bien faire entendre aux non-musulmans. Un double langage « prouvé », selon Caroline Fourest, alors même que « l’on sait désormais aussi qu’il y a une double vie et qu’il y a des violences ». Tariq Ramadan se présente en figure de l’islam moderniste. Une aberration alors que, « pendant les années noires en Algérie, (il) a tenu des conférences où l’on soutenait le FIS (Front islamique du salut) et même le GIA, et qui dénonce, dans toutes ses cassettes, les modernistes comme étant de mauvais musulmans », poursuit Caroline Fourest. Il apparaîtrait davantage que le Genevois n’ait, sur le fond, qu’un seul discours, mais celui d’un militant plutôt que d’un universitaire. « Vous avez à faire à un homme religieux et à un homme politique », précise Samir Amghar.

(Lire aussi : Une ex-salafiste porte plainte contre Tariq Ramadan pour viol et agressions sexuelles)

Idées conservatrices

« Il y a parfois une exagération dans l’espace public français quant à Ramadan, qu’on a eu tendance à caricaturer sur le plan des idées », estime en revanche Haoues Seniguer. Tariq Ramadan perçoit l’islam comme une pensée totalisante répondant à chaque besoin de l’individu. « Ramadan porte des idées conservatrices du point de vue de l’islam, mais ce n’est pas quelqu’un de dangereux », poursuit Haoues Seniguer. Une fois encore, dans le cadre d’une société laïque, le fait que l’islamologue suisse ne s’adresse qu’aux musulmans fait de lui le chantre d’un discours communautaire. Ses détracteurs lui reprochent en outre de nier le fait d’être un Frère musulman, alors même que son appartenance idéologique à la confrérie paraît évidente. « C’est quelqu’un qui peut être considéré comme un néo-Frère musulman autonome », explique Samir Amghar, qui précise que, bien que n’ayant jamais fait partie de la confrérie de manière organique, il s’inscrit dans une forme de filiation doctrinale des frères. « Il fait partie de cette tendance qui est prête à accepter un certain nombre de compromis et de révisions doctrinales. Les islamistes héritiers des Frères ont cette capacité à garder un socle de conservatisme religieux, tout en étant prêt à accepter des compromis avec la modernité », analyse Haoues Seniguer.

Après divers polémiques au début des années 2000, Tariq Ramadan tente de sortir la tête de l’eau. Le narcissique en lui est en quête de pouvoir et sait user de son charme. En 2005, il est invité à participer à un groupe de réflexion lancé par le Premier ministre Tony Blair sur le problème de l’extrémisme islamique au Royaume-Uni, suite aux attentats de Londres, avant de devenir titulaire de la chaire d’études islamiques contemporaines à Oxford. Une chaire financée par la Fondation du Qatar, alors qu’il dément toute proximité avec Doha. Présenté par le Sun comme « la face acceptable du terrorisme », Tariq Ramadan n’hésite pas à interpeller, cette année-là, ses coreligionnaires : « Les musulmans doivent sortir de leurs ghettos intellectuels et sociaux », assène-t-il. « Ce qui me paraît le plus déterminant aujourd’hui, c’est la non-intégration psychologique. On dit qu’on est "british", mais on le dit avec sa tête, on ne le sent pas », déclare-t-il. Son expatriation en Angleterre va le déconnecter peu à peu des réalités des pays qui l’avaient auparavant « adoubé ». « C’est quelqu’un qui s’est mondialisé, en étant de moins en moins présent en France ou en Belgique, et donc moins ancré », rappelle Samir Amghar, qui ajoute que Tariq Ramadan n’a pas la même notoriété en Grande-Bretagne qu’en France, car « moins performant et moins charismatique ».
Malgré sa soif de se « mondialiser », Tariq Ramadan n’a jamais vraiment eu d’écho particulier dans les pays arabes, bien qu’il se rende dans certains d’entre eux, pour donner des conférences. « Pour le Proche et le Moyen-Orient, son discours impacte peu », estime Samir Amghar. « Ramadan est devenu une élite », renchérit Haoues Seniguer. « Avant, il était accessible, toujours prêt à intervenir dans des associations, alors qu’aujourd’hui il facture, sauf exceptions, ses interventions. Il y a une logistique derrière, parce que c’est un nom et qu’il ramène du monde », poursuit le chercheur.

Sédentarisation de l’islam en Europe

Un islam européen est alors, selon Tariq Ramadan, en train de naître, et rien ne saurait (à l’époque) arrêter sa course. « Il a en quelque sorte participé à la sédentarisation de l’islam en Europe et notamment en France », explique Samir Amghar. Mais ses déclarations ambiguës, lors de l’éclatement des printemps arabes d’abord, puis lors des attentats en France, met de l’eau au moulin de ses détracteurs. Le prédicateur suisse analyse les différentes situations à travers le prisme d’interventions occidentales ou de vastes complots qui n’auraient d’autres desseins que de discréditer les musulmans auprès du reste de la population. « Un urgent besoin d’enquêtes indépendantes pour tous les actes terroristes. Les Renseignements doivent être questionnés. Tant de zones d’ombre », écrit Tariq Ramadan sur Twitter le 24 mai 2013, au surlendemain d’un attentat islamiste dans le sud de Londres. « Cela fait depuis 1993 que Tariq Ramadan joue à ça (brandir le complot) », note Caroline Fourest. Ces polémiques dérangent dans les hautes sphères, mais séduisent certains musulmans européens adhérant totalement aux théories complotistes, très répandues dans le monde arabe. « Les avantage des théories du complot sont multiples. D’une part, vous n’avez pas nécessairement besoin d’argumenter. Ensuite, il y a une force de persuasion énorme dans la théorie du complot, et enfin ça conforte l’idée qu’il y a une force invisible qui est là pour dominer les musulmans », analyse Haoues Seniguer.

Tour à tour fascinant et répulsif, le phénomène Ramadan décline au fil des ans. Car « trop prévisible », d’où un « essoufflement naturel », estime le chercheur. « Les nouvelles générations ont de plus en plus de mal à se reconnaître en Tariq Ramadan, parce que le mode de la conférence est passée », appuie Samir Amghar. La « concurrence dans le champ islamique » a précipité sa perte de notoriété étant donné qu’il y a eu « de plus en plus de prédicateurs s’exprimant en français, avec la capacité de le concurrencer », poursuit Haoues Seniguer. Enfin, « l’installation du salafisme, comme offre religieuse rigoriste, fonctionne davantage dans le contexte actuel », précise le chercheur.

Cabale

La première réaction de Tariq Ramadan suite aux révélations récentes d’accusations d’agressions sexuelles a été de dire, sur son compte Facebook, qu’il s’agissait d’une « campagne de calomnie » enclenchée par « ses ennemis de toujours ». « C’est une vraie cabale ! Il faut détruire l’image de l’arabo-musulman intellectuel pour le ramener au bas de la ceinture. Mais de toutes ces histoires, on ne croit pas un traître mot », commente l’un de ses partisans. Sur le site web Oumma, destiné à la communauté musulmane francophone, les commentaires pro-Ramadan déferlent. « Alors que le pédophile Polanski qui fuit la justice est mis à l’honneur, Tariq Ramadan, lui, n’a pas droit à la présomption d’innocence. Mais de toute évidence, aujourd’hui, en France, il n’est pas bon d’être musulman », constate un internaute. Un #Jesuisramadan, bien que quelque peu timide, va même émerger sur la Toile. Ironique, quand l’on se souvient qu’après les attentats contre Charlie Hebdo, Tariq Ramadan avait déclaré n’être ni Charlie ni Paris, mais être « perquisitionnable », dans un message visant à dénoncer les perquisitions et assignations à résidence jugées abusives. Ses réseaux n’ont d’ailleurs, une fois encore, pas hésité à crier au complot sioniste face aux accusations de viol le visant. Des accusations qui entachent gravement la réputation de bon père de famille musulman et de moralisateur. « C’est quelqu’un de profondément intégriste et misogyne, et en même temps incroyablement hypocrite, parce que j’ai en tête les prêches sur les grands péchés où il donne des leçons sur la conception islamique de la sexualité et où il invite à une chasteté maladive », fustige Caroline Fourest, qui, dès 2009, a rencontré des femmes qui auraient subi des agressions semblables à celles décrites par Henda Ayari.

Certaines voix affirment avoir été au courant de la double vie menée par l’islamologue suisse, sans toutefois en soupçonner la gravité. « Cette affaire est révélatrice du point de vue sociologique de l’influence qu’a exercée Ramadan sur son public, auprès des musulmans », décrypte Haoues Seniguer. La sidération provoquée par le décalage avec l’image de Ramadan est telle, qu’il n’est pas surprenant que certains évoquent un complot, estime le chercheur.