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France : La laïcité contestée par les Évangéliques

mercredi 6 décembre 2017, par siawi3

Source : Combat Laïque 76 N° 67 - Décembre 2017 - page 13


La laïcité contestée par les Évangéliques

Le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) a adressé aux Nations unies, à propos de la liberté de conscience en France, une série de recommandations qui devront être examinées par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Ces exigences n’ont pas manqué de susciter des réactions convergentes dont celles du Comité national d’action laïque (CNAL) et de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) qui conclut ainsi son analyse des exigences du CNEF : "Nous pensons que le texte du CNEF suscitera l’opposition de tous les citoyens qui s’insurgent contre les pressions de cléricaux de toute obédience. C’est là une intervention de la religion qui nous paraît déplacée et contraire aux principes démocratiques".

La liberté de conscience de la France contestée à l’ONU par les Évangélistes

Chaque cinq ans, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU examine l’application de la convention des droits de l’homme dans les pays
membres. En 2018, la France accueillera ce conseil.
La détermination des hiérarchies cléricales à contester la liberté de conscience s’est récemment manifestée, avec une recommandation adressée à l’ONU par le CNEF (conseil national des évangéliques de France).

La religion au-dessus de la loi

Ainsi, les recommandations du CNEF portent notamment sur la composition de l’Observatoire de la laïcité. Le rapport demande aussi l’amendement de la loi de 2013 sur le mariage pour tous, en y incluant une clause de conscience pour les élus ne souhaitant pas célébrer des unions de personnes de même sexe. Le CNEF préconise également d’ajouter une clause de conscience dans le Code de la santé publique, « notamment dans les domaines de la procréation et de la fin de vie », pour tous les personnels soignants (infirmiers, sages-femmes, médecins, aides-soignants, pharmaciens, thérapeutes).

L’Education nationale dans le viseur

Classiquement, les parties des programmes évoquant l’existence de sexualités autres qu’hétérosexuelle, ou expliquant l’IVG, y sont décrites comme contraires aux principes des grandes religions. Le CNEF propose qu’elles soient facultatives, de manière à garantir « la liberté de penser, de conscience et de religion » des élèves croyants (ou de leurs parents ?).
Pour le CNAL, l’éducation à la sexualité et au droit à disposer librement de son corps sont essentiels.

Liberté de conscience : la lumière face à l’ombre

Les obscurantistes du levant et de l’occident promeuvent un modèle patriarcal, masculino-compatible, où les « lois divines » supplanteraient les lois démocratiques, ou la liberté de conscience serait corsetée.
Cet entêtement des cléricaux à contester, affaiblir, affadir la liberté de conscience est ancien.
Cependant la liberté de conscience, assurée par la République dans la loi de 1905, n’est ni la liberté d’opinion, ni la liberté de penser.
La liberté de conscience est le droit d’un individu d’avoir le libre choix de son système de valeurs et des principes qui guident son existence.
Ainsi, pour les cléricaux, c’est une contestation de position monopolistique sur les consciences : un risque industriel.
Pour le CNAL, il est essentiel d’amener les enfants et les adolescents vers la liberté de conscience. Cela passe par l’utilisation de pédagogies actives, l’enseignement de savoirs avérés, dans une école où l’élève pourra s’extraire de son milieu d’origine et faire l’expérience de la différence dans la fraternité. Cette école s’appelle l’école publique laïque.