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Abattu par un tir israélien, ce Palestinien handicapé est devenu une icône

lundi 18 décembre 2017, par siawi3

Source : https://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20171218.OBS9413/abattu-par-un-tir-israelien-ce-palestinien-handicape-est-devenu-une-icone.html

Abattu par un tir israélien, ce Palestinien handicapé est devenu une icône :
Ibrahim Abou Thouraya manifestait régulièrement, malgré son handicap. (MOHAMMED ABED / AFP)

Malgré sa double amputation, il était toujours en première ligne des manifestations contre Israël. Voire des affrontements...

Par Benjamin Aleberteau

Publié le 18 décembre 2017 à 13h12

Sur son fauteuil roulant, il était devenu l’emblème de la colère palestinienne. Ibrahim Abou Thouraya, amputé des deux jambes à la suite d’un bombardement israélien, manifestait ce vendredi 15 décembre à la frontière entre Gaza et Israël lorsqu’il a été tué par un tir israélien.

Une fois son décès annoncé, des images incroyables de ce Palestinien de 29 ans lors des précédentes manifestations, marchant sur ses mains et grimpant à des pylônes malgré son handicap, ont rapidement circulé sur internet. Un hommage pour une icône.

Infatigable manifestant

Il avait échappé à la mort une première fois. Ibrahim Abou Thouraya avait en effet perdu ses deux jambes en avril 2008, lors d’une incursion militaire israélienne près du camp de réfugiés d’Al-Bureij dans le centre de la bande de Gaza. "Il avait été blessé par les tirs d’un hélicoptère israélien [...] après avoir fait tomber un drapeau israélien et hissé un drapeau palestinien le long de la frontière", raconte à l’AFP son frère Samir.

Depuis ce drame, qui l’obligea à se déplacer en fauteuil roulant, il vivait dans la maison de ses parents. Mais pour le Palestinien, célibataire et sans travail, pas question de louper une seule manifestation pour la cause de Jérusalem.
""Il se rendait seul tous les jours à la frontière", souligne son frère."

Casquette vissée sur la tête et une barbe noire recouvrant le bas de son visage, Ibrahim attirait l’attention en manifestation. Sujet de plusieurs vidéos circulant sur internet, l’homme de 29 ans apparaît notamment grimpant à un pylône à la force de ses bras et brandissant le drapeau palestinien.

Dans une autre vidéo, partagée par l’agence de presse palestinienne Shehab Agency, affiliée au Hamas, Ibrahim Abou Thouraya se déplace sans son fauteuil sur une zone tampon, appelant ses "compatriotes palestiniens" à s’opposer à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de Israël. Régulièrement filmé les doigts levés en signe de victoire, Ibrahim expliquait ne pas vouloir céder "cette terre" qui "appartient" aux Palestiniens, rapporte l’AFP.

Photo : Ibrahim Abou Thouraya, porté par un autre manifestant lors d’affrontements avec l’armée israélienne (MOHAMMED ABED / AFP)

Recueillis par "le Figaro", les témoignages de son entourage décrivent un homme "des plus déterminés et des plus courageux", qui était prêt, selon son père Naief Abou Thouraya,"à tomber en martyr pour Jérusalem".

Le corps d’Ibrahim Abou Thouraya, porté par des hommes armés (MAHMUD HAMS / AFP)
""Vendredi matin, il nous a dit qu’il ne reviendrait pas", raconte son frère Mohammed, cité par "le Monde"."

"Aucune excuse n’est plus valable"

Le jour de sa mort, plusieurs milliers de Palestiniens s’étaient rassemblés le long de la frontière pour protester contre la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Les manifestants auraient lancé des pierres vers les soldats israéliens et de violents affrontements auraient alors éclaté durant plusieurs heures, causant la mort de quatre Palestiniens dont Ibrahim Abou Thouraya. Selon le ministère de la Santé de Gaza, l’homme en fauteuil roulant aurait été tué d’une balle dans la tête.
""Je suis fier que mon fils ait fait face aux Israéliens le torse bombé, et sans armes. Il a donné sa vie pour Jérusalem", a réagi son père, cité par "Le Monde"."

Photo : Lors des obsèques du manifestant qui se sont déroulées samedi à la Mosquée des martyrs, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh a tenté de politiser le décès du jeune amputé :
""Avec la mort d’Ibrahim Abou Thouraya, aucune excuse n’est plus valable pour ne pas combattre.""

Des milliers de Palestiniens ont assisté à ses funérailles, et plusieurs hommages lui ont été rendus sur internet.

L’armée israélienne, qui exerce un blocus sur la Bande de Gaza, a assuré dimanche soir qu’une enquête interne était ouverte au sujet du "paraplégique" :
""L’utilisation de balles réelles est requise uniquement lorsque les forces identifient une menace significative pour la vie des soldats ou pour les systèmes de sécurité essentiels.""

La question d’une réelle menace de la part d’un homme aux capacités motrices diminuées reste cependant en suspens.