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Algérie : Musulman et laïcité

mardi 19 décembre 2017, par siawi3

Source : http://www.lematindz.net/news/25036-musulman-et-laicite.html

Le Matin 05 Août 2017

Musulman et laïcité

Kaddour Naïmi

Je viens de lire ces lignes (dans cette contribution tous les mots mis en évidence en italiques sont les miens) : « Le musulman, tout musulman à travers le monde, est allergique au concept de “laïcité”. Ce mot “laïcité” lui fait peur ! Le rend malade. L’angoisse. À ses yeux, “laïc” est équivalent à communiste. Similaire au “athée”. Égal au “irreligieux ».

Synonyme d’immoral. Ou encore un laïc est un juif. Un juif est un laïc. Un laïc est un chrétien. Un chrétien est un laïc. Tout laïc est un non-musulman. Et tout musulman est un non-laïc, un laïcitophobe. Un musulman ne peut pas imaginer un autre musulman laïc. (…) On n’a jamais expliqué au simple croyant musulman, avec clarté et courage intellectuel et politique, la signification de la laïcité.”

L’auteur de ces propos péremptoires et généralisateurs (pour ne pas dire totalitaires) est Amine Zaoui, écrivain et journaliste algérien, dans l’article intitulé “Laicitophobie, une maladie purement islamique”.

Cet auteur connaît-il Gamal Albanna ?… Il était l’un des plus importants chercheurs musulmans égyptiens de l’Islam. En outre, il est le jeune frère de Hassan Albanna, fondateur de l’organisation islamique fondamentaliste « Frères Musulmans ».

Je l’ai évoqué dans l’un de mes essais. Sur les fatwas, voici ce qu’il déclare :

"- Certaines fatwas paraissent vraiment incroyables. Comment cela a été possible ?

- Les hommes qui les promulguent vivent immergés dans les textes sacrés. Ils passent leur temps en lisant les compte-rendus de la vie et des déclarations du Prophète. Mais ils ne se rendent pas compte que 90 pour cent des récits qui parlent de cette époque sont faux. Ils ont été écrits au moins 150 ans après la mort de Mahomet. Et puis tous s’improvisent jurisconsultes, et aussi les muftis [prêtres musulmans] vraiment qualifiés sont souvent en désaccord entre eux. (…)

Le problème est que l’islam aurait besoin d’une révolution semblable à celle qui changea le Christianisme avec Martin Luther. Les musulmans devraient apprendre à avoir une relation directe avec leur livre sacré, sans la médiation de cette classe de muftis qui survit parce qu’elle a établi un pacte de coopération mutuelle avec les gouvernants. (...)

- Une révolution de ce type est possible dans l’Islam ?

- Certainement qu’elle est possible. Cependant je n’en vois pas les signaux dans un futur prochain. »

À propos d’État Islamique, voici ce qu’il en est :

"- Pourquoi l’État Islamique a failli dans l’époque moderne ?

- (...) Le penseur islamique Gamal Al-banna souligna le fait que les tentatives islamiques de réaliser un État religieux en Algérie, Soudan, Afghanistan et Pakistan ont failli, et que les tentatives en Iran et Arabie Saoudite sont deux problèmes et ne peuvent pas être considérés un bon exemple. Al-Banna précisa que l’adhésion à la réalisation d’un État musulman est due à l’interprétation erronée du verset « Et il a créé des djinn [Êtres supra-naturels, correspondants aux anges] et des hommes, mais pour le culte ». Les personnes qui soutiennent l’idée d’un État islamique avec l’unique objectif que l’Islam est un culte, et ont donc réduit l’Islam à l’objectif de culte, rendant ainsi l’État islamique un objectif de telle manière que toutes les personnes adorent Allah, cela est une chose inimaginable. L’État, selon Al-Banna, est un instrument de soumission et d’autorité, et donc quand un État est créé sur des valeurs religieuses, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes, ou des valeurs morales, comme le socialisme, la justice ou l’égalité, ces valeurs seraient CORROMPUES. Cela parce que l’autorité, avec ses prisons, ses armées et forces de police, devient une doctrine, une ruine. (...)

Le Hadith [Commentaire religieux qui fait autorité comme interprétation de la religion musulmane] sur l’ “État de Médine" [où a séjourné le prophète] concerne, selon Al-Banna, l’exception et non la règle. (...)

Les motifs varient à propos de la faillite des tentatives pour un État islamique. Le plus important de ces motifs, selon Gamal Al-Banna, peut être le manque de liberté dans toutes ces tentatives, dans la mesure où le manque de liberté peut être le facteur commun à toutes ces expériences.

Cela est en addition à un autre facteur, c’est-à-dire que ces tentatives ne maintiennent pas le niveau minimum de dignité humaine dans leurs sociétés, sans discrimination entre hommes et femmes, ou blanc et noir. Un autre motif à propos de la faillite de l’État islamique dans ses diverses tentatives concerne le fait que le plus important devoir d’un État est le développement.

D’un autre côté, Al-Banna a discuté l’idée de la nécessité d’un État islamique pour la diffusion du message de l’Islam ou l’application de la Shari’a [la loi coranique] islamique. Il a discrédité cet argument que beaucoup de courants islamiques soutiennent, en assurant qu’il n’est pas nécessaire de disposer d’un État islamique pour appliquer la Shari’a, dans la mesure où la Shari’a peut être appliquée seulement s’il y a un pays islamique qui peut suivre les méthodes consenties par la constitution qui émane la loi."

Sur la dissension en général

Le journaliste Timothy Garton Ash est l’un des rares journalistes à avertir sur la gravité de l’enjeu. Voici ce qu’il dit : "Nous faisons une erreur fatale en ignorant les dissidents à l’intérieur de l’Islam. (...)

L’« Islam, a dit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, l’an dernier, »n’est pas compatible avec la société libérale, qui est le résultat des Lumières".

Beaucoup d’intellectuels occidentaux laïcs qui participent à ces débats sont d’accord. Mais non certains intellectuels musulmans. Je crois que nous devrons les écouter attentivement. Outre à tout le reste, quand il s’agit de discuter de l’Islam, ils savent de quoi ils parlent.

Prenez Gamal al-Banna, par exemple (...) il a dédié toute sa vie à étudier l’Islam et ses relations avec la politique. Un homme de tranquille clarté, il est devenu un peu agité seulement quand il a dénoncé la perversion de l’Islam de la part de Sayyid Qutb, l’apôtre égyptien de l’extrémisme, de l’islamisme takfiri et un héros pour Al-Qaïda.

Gamal al-Banna soutient qu’ « il n’y a aucune contradiction entre la totale liberté de pensée et de religion » et que « l’Islam ne prétend pas au monopole de la sagesse ». Des idées critiques sur l’Islam doivent être combattues « avec les paroles et non avec la confrontation, le terrorisme ou takfir - anathème sur quelqu’un en l’indiquant comme infidèle ». Comme pour l’apostasie « le musulman a le droit de renoncer à l’islam, les versets du Coran sont très explicites sur la question : »Il n’y a pas de contrainte dans la religion« (Al-Baqara, La Vache, II, 256). Le renoncement à la religion est mentionné au moins cinq fois dans le Coran, et aucun n’est lié à une peine. À l’époque du Prophète, beaucoup de personnes renoncèrent à l’Islam : l’un d’eux était un scribe du Coran. Le prophète n’a puni aucun d’eux. »

La déclaration souvent attribuée au Prophète - « qui change sa religion doit être exécuté » - est repoussée en tant qu’inauthentique selon l’imam Muslim, un des premiers et plus respectés compilateurs de collections de hadiths [déclarations et actes du prophète], mais l’imam Al-Bukari, un autre compilateur respecté, l’inclut dans sa version. « Les signes de falsification sont très clairs dans cette déclaration », commente Banna « et il contredit beaucoup de versets du Coran qui confirment la liberté de foi ». (...)

Ces dissidents à l’intérieur de l’Islam sont une petite minorité. Le sont aussi les extrémistes takfiri qui endoctrinent les auteurs d’attentats. Toutefois, ces deux minorités ont la capacité de faire appel au plus grand nombre de la majorité [des Musulmans] parmi eux - et, en particulier, aux Musulmans qui vivent en Occident. Donc la voix des dissidents a besoin d’être écoutée plus clairement. Cette lutte pour les cœurs et les esprits musulmans devrait être décidée par les Musulmans, capables d’argumenter entre eux leurs thèses, mais nous non-Musulmans nous formons sans doute le contexte - et nous contrôlons beaucoup de médias - où cela a lieu.

La position défectueuse de certains intellectuels occidentaux laïcs engagés dans le débat actuel semble être : l’unique musulman bon est un ex-musulman. Cela est paternaliste et produit l’effet contraire. Il s’agit d’une simple parodie de la vraie diversité de l’islam. Naturellement nous non-Musulmans nous devrons chercher de réveiller notre pensée sur la nature de l’islam, avec les moyens limités à notre disposition. Mais rien ne peut être plus ridicule et stupide que l’éventuelle déclaration d’un intellectuel laïc occidental, qui, ne connaissant pas l’arabe et ayant une faible connaissance de l’histoire islamique, de la philosophie et de la loi, affirme avec confiance que Gamal Al-Banna est un représentant moins vrai de l’Islam que Sayyid Qutb ou Ossama bin Laden. Et nous ne devrons pas être stupides si nous voulons rester libres. » (les caractères gras sont les miens).

Et voilà ce que j’ai personnellement écrit dans mon essai, déjà mentionné :

« La dissidence musulmane, libérale et démocratique, ne s’oppose pas uniquement à l’intégrisme religieux mais tout autant aux dictateurs qui dominent les peuples arabo-musulmans. « ni dictature islamiste ni dictature non islamiste ! » voilà le principe de cette dissidence. Cette attitude ne répond pas aux intérêts des gouvernements occidentaux. Nous avons déjà vu que, pour satisfaire ces intérêts, ces gouvernements ont besoin de l’existence d’une oligarchie locale.

Par conséquent, ces gouvernements, en ignorant la dissension islamique libérale et démocratique, représentée par Al-Banna, pour ne parler que de la menace de l’intégrisme et du terrorisme islamiques, sont doublement complices des deux parties qui s’opposent, dans les pays arabo-musulmans, à cette revendication de démocratie, aussi bien politique que religieuse : d’une part, les dictateurs, d’autre part, les intégristes terroristes.

Voilà pourquoi la dissidence démocratique musulmane, déjà minoritaire dans son pays, est pratiquement inconnue en Occident. C’est qu’elle est combattue par trois ennemis : le terrorisme des dictateurs, le terrorisme des intégristes, et l’hostilité des gouvernements occidentaux relayés par les médias qui les soutiennent, et qui sont dominants.

En effet, combien de films, de télévisions, de journaux, de maisons d’éditions occidentales ont donné la parole aux dissidents musulmans démocratiques ? Combien d’intellectuels et d’experts occidentaux du monde musulman en ont parlé ?"

Arrivons au problème fondamentalisme et laïcité.

Amine Zaoui intitule son article : « Laicitophobie, une maladie purement islamique ». Ce qui implique que le Christianisme, l’Hébraïsme et l’Hindouisme en sont indemnes.

Dans mon essai, j’ai écrit : « Celui qui, en Occident, condamne le fondamentalisme musulman et parle de “fanatiques musulmans”, pourquoi ne condamne-t-il pas tout autant le fondamentalisme chrétien des protestants U.S., ne parle pas de fanatiques chrétiens à propos de l’IRA irlandaise, de l’ETA du pays basque, des Serbes, ne condamne pas le fondamentalisme juif, ne parle pas de “fanatiques juifs” à propos des colons israéliens ? »

Puis j’ai cité : "Les Juifs américains, spécialement ceux orthodoxes, sont de généreux financiers des troupes de choc du fondamentalisme, les colons religieux ; en effet un bon 10 pour cent de ceux-ci, et parmi les plus extrêmes, violents et quelques fois visiblement déséquilibrés, sont en réalité des immigrants d’Amérique. Ils sont, dit Shahak, un des “absolument pires phénomènes” dans la société israélienne, et “ce n’est pas par hasard qu’ils aient leurs racines dans la communauté américaine juive.” C’est de son quartier général à New York que le Lubavitcher Rebbe, le dernier Menachem Schneerson, probablement la plus fanatique des sectes hassidiques, le Chabad, a donné son orientation à ses multiples partisans en Israël et aux États-Unis.

L’ignorance ou indifférence tellement négligée en ce fondamentalisme juif n’est pas, et ne peut pas être, seulement une question domestique israélienne. Israël a toujours été une société hautement idéologique ; c’est aussi une grande puissance militaire, à la fois nucléaire et conventionnelle.

Il s’agit d’une combinaison qui, quand l’idéologie en question est le Sionisme dans sa forme la plus extrême, théocratique, est hérissée de possibles conséquences pour la région et pour le monde, et, naturellement, pour les partisans israéliens de la superpuissance.

Comme sa contre-partie Islamique, le fondamentalisme juif en Israël s’est développé énormément en importance politique au cours du dernier quart de siècle. Ses membres, adhérents fortement motivés, distincts de la plus grande partie des religieux traditionalistes, on pense qu’ils représentent environ 20 à 25 pour cent de la population. Ceux-ci, et plus particulièrement les colons parmi eux, ont acquis une influence disproportionnée par rapport à leur nombre, sur l’ensemble du processus politique israélien, et spécialement en relation avec la droite ultra-nationaliste, qui, sous son apparence séculaire, en réalité partage beaucoup de leur fébrile, exaltée vision du monde. Il s’agit d’un fondamentalisme très spécial, ethnocentrique et de type férocement xénophobe, avec croyances et pratiques qui sont “encore plus extrémistes,” dit Shahak, “par rapport à celles attribuées aux extrémistes du fondamentalisme islamique,” si pas “le système le plus totalitaire jamais inventé.”

Comme tout fondamentalisme n’importe où, la version juive vise à restaurer un idéal, un passé imaginaire. Si par hasard elle réussit à le faire, l’Israël célébré par les Américains “amis d’Israël” comme un “bastion de la démocratie au Moyen Orient” ne le sera certainement plus. »

Concernant le fondamentalisme hindouisme, au moins deux faits snt à signaler. Le premier : Gandhi fut assassiné par un homme appartenant à une fraction fondamentaliste de cette religion, avec l’accusation d’avoir été trop tolérant envers les Musulmans de l’Inde. Deuxième fait : par la suite, et jusqu’à aujourd’hui, en Inde, les massacres de Musulmans sont le fait, encore, de fondamentalistes hindous.

Celui qui, au nom du principe laïc de séparation entre religion et État, condamne les dirigeants musulmans qui veulent que les lois de l’État soient conditionnées par la religion musulmane, pourquoi ne condamne-t-il pas également les dirigeants qui veulent le même conditionnement, par la religion chrétienne, dans les pays chrétiens, et par la religion juive en Israël ?

Les gouvernants U.S., israéliens et certains européens, en particulier italiens et français, combien respectent-ils réellement le principe laïc de séparation entre État et religion ? Dans certains pays occidentaux où la Constitution déclare la laïcité de l’État, pourquoi, dans certains établissements publics, est présenté d’une façon ostentatoire le signe religieux de la religion dominante, à savoir la croix ?".

Dans le même essai, je posais la question :

« La guerre contre le peuple palestinien a-t-elle contribué à améliorer ou à empirer la société israélienne ? » Puis je citais : « (...) l’unité de la société [est] traversée par des dualismes de moins en moins conciliables : intégrisme / laïcité, État de droit / justice rabbinique, immigration riche (russe) / misérable (éthiopienne)... »

Enfin, je concluais par une observation générale de René Girard : « Le mot conservateur est trop faible pour qualifier l’esprit d’immobilité, la terreur du mouvement, qui caractérise les sociétés pressées par le sacré. L’ordre socio-religieux apparaît comme un bienfait inestimable, une grâce inespérée que le sacré, à chaque instant, peut retirer aux hommes. Il n’est pas question de porter sur cet ordre un jugement de valeur, de comparer, de choisir ou de manipuler le moins du monde le »système« afin de l’améliorer. Toute pensée moderne sur la société ferait ici figure de démence impie, propre à attirer l’intervention vengeresse de la violence. »

Tout cela étant dit, les affirmations de Amine Zaoui sont-elles différentes de celles d’un vulgaire intellectuel occidental souffrant d’islamophobie, masquant un racisme et une arrogance de classe nantie ?… Plus grave encore. Nous savons que les intégristes islamistes déclarent, en substance « musulman est contre la laïcité ». Ainsi, pour cacher leur fait minoritaire, ils s’accaparent indûment l’ensemble de la communauté musulmane.

Car pour la minorité d’intégristes islamistes, comme la minorité de néo-conservateurs occidentaux, chrétiens et sionistes, la généralisation à outrance totalitaire, les premiers sanctifiant le Musulman (de manière totalitaire), et les derniers démonisant le même musulman (de la même manière totalitaire), cette vision mentale est, dans les deux cas, intégriste et fausse. Elle entre parfaitement dans le plan dit du « choc des civilisations » : l’ennemi c’est le musulman. C’est la théorie-arme idéologique justifiant les agressions capitalistes-impérialistes contre les peuples musulmans, lesquels, comme par hasard, ont pour la plupart cette caractéristique : habiter un territoire riche en ressources naturelles, notamment pétrole et gaz.

Or, Amine Zaoui répète exactement la vision intégriste des Islamistes et des néo-conservateurs. Pour lui, aussi, tout musulman est opposé à la laïcité. Voilà comment un journbaliste-écrivain algérien, par ignorance (?) de la réalité, devient un porte-voix à la fois des intégristes islamistes et de ceux néo-conservateurs impérialistes, en prétendant défendre la démocratie.

Voici pourquoi j’ai inséré le point d’interrogation à propos d’ignorance. Qui ne sait pas, tout au moins s’il n’est pas sourd et aveugle ou de mauvaise fois, que partout existent des musulmans laïcs ? Qu’il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à évoquer Gamal Al Banna, mais que, pour un journaliste algérien, existe notamment un Mohamed Arkoun, un Algérien. N’est-il pas connu pour être l’un des meilleurs spécialistes de l’Islam, partisan sans ambiguïté de la laïcité et… musulman, et qui a passé sa vie à... expliquer qu’on peut être musulman et laïc ?… Il est vrai qu’il n’est pas en odeur de sainteté dans une certaine élite nationale.

Voilà encore plus stupéfiant. À propos de musulman et laïcité, il suffit à un journaliste scrupuleux d’écrire sur un moteur de recherche les deux mots « musulman, laïcité », et je suis certain qu’en cherchant, il évitera de proférer l’énormité formulée par Zaoui. A moins que ce journaliste-écrivain vise à plaire à certains journaux occidentaux, tels le New York Times, qui l’inviteront à écrire les mêmes faussetés, en échange de bonne monnaie et gloire médiatique.

La question se pose donc : où le journaliste-écrivain Amine Zaoui a pris les informations qui lui ont permis l’affirmation qu’il a écrite ? Comment expliquer son ignorance sinon son silence sur la dissidence musulmane, démocratique et laïque ? Sa description non pas de certains mais de tout musulman comme anti-laïc, est-ce là une explication caractérisée par ce qu’il appelle « clarté et courage intellectuel et politique" ?

Enfin, notons que l’article est paru sur le site intitulé « Réseau des démocrates ». Ne doit-on pas en conclure qu’il existe des démocrates qui ont besoin d’effort d’information pour être encore mieux démocrates ? Dans le cas de Zaoui, l’effort consistait – je l’ai dit - simplement à taper sur un moteur de recherche les mots « musulman, laïcité ». Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?… En Algérie, n’a-t-il jamais rencontré un musulman laïc, pas un seul ?

Élargissons le débat. Je n’ai pas la stupidité d’affirmer que tout démocrate ignore la dissidence laïque et démocratique musulmane, mais je pose simplement la question : dans le monde et en Algérie, combien de démocrates la connaisse, en parle et la soutienne ? Et s’ils sont trop peu à le faire, comment l’expliquer ?