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Mort de plusieurs migrants algériens en Espagne et en France

lundi 8 janvier 2018, par siawi3

Source : http://www.fondation-besnard.org/IMG/pdf/laddhfrancais.pdf

Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme الرابطة الجزائرية للدفاع عن حقوق الإنسان
Bureau National Email : laddhalgerie gmail.com
Site : laddh-algerie.org
المكتب الوطني بريد الكتروني laddhalgerie gmail.com
الموقع laddh-algerie.org

Alger 06 janvier 2018

Europe : horrible traitement des migrants clandestins algériens lors de leur expulsion

La LADDH suit de près, ce qui se passe ces dernières années concernant le traitement et les arrestations massives de migrants clandestins algériens par les forces de police européennes dans les villes européennes qui va de tout commentaire. On avait jamais vu une atrocité et des actes hautement inhumains infligés aux hommes, plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux en témoignent des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants émaciés et traumatisés, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars sans accès aux nécessités les plus élémentaires et dépouillés de leur dignité humaine.

Un algérien mort dans un centre de migrants à Malaga, en Espagne :

Mohamed Bouderbala a été retrouvé mort le 29 décembre 2017, les autorités sécuritaires espagnoles ont déclaré que l’autopsie avait révélé que le migrant algérien était mort après s’être pendu à l’aide d’un drap, cependant les images postées par des témoins montrent que le défunt a été violenté à coups de matraque.

Alors le mardi 02 janvier 2018, lors d’une conférence de presse organisée à Malaga par la Plateforme citoyenne contre le centre de rétention d’Archidona, son frère Ahmed Boudarbala a affirmé que son frère n’était pas suicidaire. « J’étais en contact avec mon frère tous les jours, je l’appelais, il se plaignait de la nourriture et du froid, mais pas de la vie » avait déclaré le frère du défunt.

Selon Ahmed, son frère et d’autres migrants ont été frappés par la police en charge d’Archidona, dans les heures qui ont précédé sa mort. Des proches d’autres personnes retenues dans le centre ont également accusé la police de violences, en particulier à l’égard de migrants qui auraient manifesté contre leur situation, proche d’un régime carcéral, selon la plateforme. Selon le porte-parole Daniel Machuca, les migrants ont dénoncé auprès de leurs proches leurs mauvaises conditions de vie, notamment l’absence d’eau chaude.

Ces tensions ont abouti à une intervention répressive violente de la police jeudi 28 décembre 2017, dont témoignent plusieurs migrants algériens.
D’ailleurs selon un journaliste espagnol, le migrant algérien décédé emprisonné dans un centre de rétention en Espagne ne s’est pas suicidé. Selon Sergio Rodrigo, qui travaille pour le journal El Mediterráneo, le jeune Mohamed Bouderbala aurait succombé à ses blessures après avoir reçu plusieurs coups assénés par des agents de police anti- émeute espagnols.

Par ailleurs, le ministre algérien de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a fait savoir, que le parquet algérien a ouvert une enquête pour faire la lumière sur la mort suspecte d’un ressortissant algérien en Espagne et l’assassinat de deux autres en France.

Face à la gravité des faits, la LADDH ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables subies par les migrants clandestins algériens en Europe, ainsi l’on est tenté des dizaines de fois de demander que les institutions de l’Union européenne prennent en compte et appliquent le respect des droits de l’homme.

Par ailleurs, le pouvoir algérien a non seulement toujours refusé de fournir des détails à l’opinion publique sur la détention de ressortissants algériens mais ne porte que très rarement assistance à ces détenus.

On ne connaît pas non plus le nombre de détenus alors que les autorités consulaires ont justement pour tâches, entre autres, l’assistance aux personnes de nationalité algérienne et ce conformément aux dispositions des articles 5, 36 et 37 de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires. Il est à noter aussi que certains pays font preuve d’un manque de coopération sur cette question quand ce n’est pas les Algériens qui refusent de donner leur réelle identité aux autorités des pays dans lesquels ils se trouvent de peur d’être extradé et de finir en prison en Algérie comme c’est le cas des Harragas.

En absence de statistiques officielles, la LADDH tente de cerner le chiffre de ressortissants Algériens détenus à l’étranger en se basant sur les informations partielles collectées auprès des familles de détenus, dans les rapports des O.N.G.
Ces informations restent surement incomplètes et exigent plus d’efforts pour cerner de plus près ces chiffres :
• Plus de 7.000 personnes détenues algériens en France
• Plus de 4.500 personnes détenues algériens en Espagne • Plus de 2.500 personnes détenues algériens en Italie
• Plus 1.500 détenus algériens en Belgique
• Plus 2.300 détenus algériens en Allemagne
• Plus de 150 détenus algériens en Grèce
• Plus de 200 détenus algériens en Grande- Bretagne.

Les Algériens détenus à l’étranger sont accusés pour cause :
- De présence illégale sur le territoire 74 %
- D’infractions de droit commun 17 %
- D’infractions liées aux produits stupéfiants 0,5 %
- D’appartenance présumée à un groupe terroriste 0,4 %

Remarque : la LADDH pense que ces détenus sont parfois victimes de soupçons infondés et demande le droit de visite consulaire et l’obtention rapide des détails du déroulement des procédures judiciaires.

Les conditions de détentions :
• Certains lieux de détentions sont insalubres, inhumains et dégradants
• Aucune séparation entre les détenus prévenir les abus (physiques et sexuels)
• Manque d’assistance juridique et de service médical régulier
• Dans certains lieux de détentions, les mauvaises conditions d’hygiène et l’absence d’installations d’assainissement ; et, des systèmes de chauffage

En conséquence de ce qui précède, le bureau national de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) souligne :
Dans ce contexte, Mr HOUARI Kaddour, Président la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) accuse les pays de l’Union européenne de mauvais et horrible traitement des migrants clandestins algériens lors de leur expulsion, d’ailleurs les valeurs fondamentales de l’Union européenne sont remises en question aujourd’hui et l’Union doit construire une politique migratoire fondée sur les droits garantis par la convention européenne des droits de l’homme.
La LADDH à maintes reprises, a condamné les violations des droits humains et les abus contre les migrants et a exhorté les autorités européennes à redoubler les efforts pour améliorer la protection et la promotion des droits de l’Homme, en particulier dans les centres de détention pour migrants.

Bureau National
Président HOUARI Kaddour

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Source : http://www.elwatan.com/actualite/tayeb-louh-annonce-l-ouverture-d-une-enquete-06-01-2018-359968_109.php

Mort mystérieuse de ressortissants algériens en Espagne et en France

Tayeb Louh annonce l’ouverture d’une enquête

le 06.01.18 | 12h00

Photo : Tayeb Louh, ministre de la Justice et garde des Sceaux

Le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh, est revenu, jeudi lors de son passage au Conseil de la nation, sur une série d’événements qui ont secoué la scène nationale ces derniers jours.

M. Louh a défendu son secteur, notamment les réformes de la justice engagées depuis l’avènement de Bouteflika, et a appelé à s’éloigner des slogans politiques, il s’est expliqué également sur les médecins résidents malmenés par les forces de l’ordre, sur la mort du petit Ramzi et aussi sur le décès mystérieux d’un ressortissant algérien en Espagne et de deux autres en France.

Sur ce dernier point, M. Louh annonce l’ouverture, par le parquet algérien, d’une enquête pour élucider les circonstances de la mort de ces ressortissants algériens, et ce, conformément à l’article 588 du code de procédure pénale de 2015. Mohamed Boudarbala a été retrouvé mort, le week-end dernier, dans sa cellule de prison à Archidona, en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, que les autorités utilisent comme centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière.

La police espagnole, qui mène sa propre enquête, avait affirmé que l’autopsie avait révélé que le migrant algérien était mort « après s’être pendu à l’aide d’un drap ». Mais son frère récuse cette hypothèse. Les autorités espagnoles, confirme le garde des Sceaux, ont enquêté sur les circonstances mystérieuses de la mort de ce ressortissant et l’Algérie a ouvert à son tour une enquête. « Le magistrat en charge de l’enquête va délivrer aux autorités espagnoles une commission rogatoire.

Une démarche qui va permettre au magistrat de demander aux autorités espagnoles de faire le nécessaire pour déterminer les causes exactes de la mort du migrant », affirme M. Louh, qui fait part de l’ouverture par le parquet d’une autre enquête sur l’assassinat de deux autres citoyens algériens dans des circonstances suspectes en France.

L’action en justice des médecins résidents

S’agissant de la mort du petit Ramzi à Douaouda (Tipasa), le ministre affirme que l’enquête est toujours en cours et qu’un ordre a été donné pour effectuer une autopsie et des analyses dans des laboratoires spécialisés afin de connaître les tenants et les aboutissants de ce drame.
Par ailleurs, invité à s’exprimer sur le passage à tabac des médecins résidents survenu mercredi dernier lors d’un sit-in tenu à l’hôpital Mustapha Pacha, et les actions en justice que pourraient introduire les victimes, M. Louh nie avoir pris connaissance de ces démarches et que s’il y a une affaire, dans ce sens, elle sera traitée conformément à la loi. « Le respect des droits de l’homme forme un tout indissociable. S’il y a une affaire, elle sera traitée dans le respect de la loi », promet le garde des Sceaux.

Interrogé, en outre, sur les affaires liées à l’évasion fiscale, le ministre explique que les juridictions « traitent quotidiennement les affaires soumises par les services des Douanes, des impôts et autres départements ».

Enfin Tayeb Louh, évoquant les réformes de la justice, pense que les slogans politiciens qui critiquent la performance de la justice n’ont pas d’impact sur l’orientation des réformes. « Nous avançons dans le cadre de l’Etat de droit sur des bases saines que tout un chacun doit adopter dans le cadre d’une vision globale éloignée des calculs étroits », tranche M. Louh.

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Source : http://www.elwatan.com/actualite/la-justice-espagnole-soupconnee-d-etre-expeditive-06-01-2018-359967_109.php

Affaire du décès du jeune harrag algérien
La justice espagnole soupçonnée d’être « expéditive »

le 06.01.18 | 12h00

Ali Boukhlef

L’affaire du jeune Algérien, mort en Espagne dans sa cellule le 29 décembre dernier, prend une nouvelle dimension.

La justice espagnole semble avoir « bâclé » le dossier en concluant à un suicide. La famille du défunt et des organisations de défense des droits de l’homme ne veulent pas entendre parler de cette version.

L’avocate de la famille Bouderbala, Amanda Romero, a accusé les autorités judiciaires espagnoles d’avoir « bâclé » le dossier. La preuve est que les juges espagnols ont vite conclu à un suicide du jeune homme de 36 ans dans sa cellule de la prison d’Archidona, dans le sud de l’Espagne. Dans sa décision consultée par l’AFP, le juge écrit notamment que « personne n’est entré dans la cellule de Mohamed Bouderbala, selon les images des caméras de surveillance ». « La rapidité avec laquelle le juge d’instruction a décidé de classer l’affaire est pour le moins surprenante », estime l’avocate, citée par l’AFP. Selon elle, le tribunal « n’a interrogé aucun témoin, se basant uniquement sur les images des caméras de surveillance, l’autopsie et le rapport de police ».

Même si les preuves concluaient effectivement au suicide, « cela ne signifierait pas forcément qu’il n’y ait aucune responsabilité pénale, car nous parlons d’une personne qui était privée de liberté et sous protection policière ».

Ces critiques rejoignent, en effet, celles émises par des organisations de défense des droits de l’homme et la famille du défunt. Les critiques portent notamment sur l’utilisation de la prison d’Archidona, qui « est en soi une erreur ». Selon ces organisations, les « étrangers y sont retenus dans des cellules la nuit, alors qu’ils devraient pouvoir se déplacer librement dans le centre, et sont surveillés par des policiers antiémeute ».

Du côté algérien, les critiques ne viennent pas que de la famille de Mohamed Bouderbala. Le député Nouredine Belmeddah a vivement critiqué l’ambassadeure d’Algérie à Madrid, Taoues Ferroukhi. Le parlementaire, qui s’est exprimé sur les colonnes du journal arabophone Echorouk, a notamment reproché à la représentante algérienne d’avoir accepté que des migrants algériens soient mis dans cette prison qui « manque de commodités ».

Mercredi dernier, le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, a reçu la famille Bouderbala à qui il a promis l’aide de l’Etat, notamment pour le rapatriement du corps. Le lendemain, les 40 autres migrants algériens qui se trouvaient dans la même prison que Mohamed Bouderbala ont regagné le pays par l’aéroport d’Oran.