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Libertarias — Femmes anarchistes espagnoles

Book Presentation

mardi 16 janvier 2018, par siawi3

Source : https://www.revue-ballast.fr/cartouches-25/

Libertarias — Femmes anarchistes espagnoles
d’Hélène Finet

Éditions Nada, 2017

par C.G.

30 octobre 2017

Une dizaine de points s’allument, un souffle qui devient bouffée d’air vitale, riche, nourrissante, réparatrice, lorsque la question refait surface : qui sont les femmes anarchistes espagnoles et quelles ont été leurs mille manières de prendre part à la révolution de 1936 ? Qui connaît les noms et les actions de Las Solidarias, oubliées derrière ceux de Durutti, Ascaso ou Sanz ; l’histoire de Francisca Saperas, dont la porte était toujours ouverte aux anarchistes du monde entier et la vie marquée de luttes, de deuils et d’exils ; l’engagement syndical et politique de Lucia Sanchez Saornil, cheville ouvrière de la mobilisation qui paralysa la centrale téléphonique de Madrid en juin 1931 ? Qui sait que l’organisation Mujeres Libres demandait — en vain — à être reconnue comme le quatrième pilier du mouvement anarchiste espagnol, à côté de la CNT, de la FAI et de la Fédération ibérique des jeunesses libertaires ?

Autant de questions surgissent aussitôt. Pourquoi la mémoire des luttes des femmes est-elle rendue silencieuse jusque dans les franges les plus libertaires ? Est-ce dû au mutisme qu’elles se voyaient imposer, ou qu’elles s’imposaient, telle Lola Iturbe qui, comme d’autres, ne parlait pas d’elle mais de ses camarades, pensant que ses « actions n’avaient pas d’intérêt et les [reléguant] au rang de souvenir » ?

Ou est-ce dû à notre surdité… ? Qu’à cela ne tienne, Hélène Finet et tous les auteurs de ce bel ouvrage nous offrent une nouvelle occasion de les découvrir avec, à la dernière page, l’envie irrépressible d’aller plus loin.

Et même si l’injustice et la colère nous gagnent déjà tant les traces écrites de ces parcours de femmes sont extrêmement rares et biaisées — puisque l’Histoire est racontée par des hommes —, ce livre nous renvoie à l’audacieuse proposition de Monique Wittig : « Fais un effort pour te souvenir. Ou, à défaut, invente. » Que l’Histoire soit contée en féministe, et ce sont milles lueurs qui apparaissent.