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Algérie : Nouveau record 3.109 tentatives d Ì eÌ migration clandestine vers l’Europe deÌ joueÌ es en 2017

mercredi 31 janvier 2018, par siawi3

Source : http://laddh-algerie.org/?lang=fr

Ligue algeÌ rienne pour la deÌ fense des droits de l’homme (LADDH)

Bureau National

Alger 27 janvier 2018

Nouveau record 3.109 tentatives d Ì eÌ migration clandestine deÌ joueÌ e en 2017

L’eÌ migration clandestine a atteint ces dernieÌ€res anneÌ es une proportion inquieÌ tante. Ces AlgeÌ riens, qui risquaient leur vie dans des embarcations de fortune et de la mort en direction de l’autre rive de la MeÌ diterraneÌ e, geÌ neÌ€rent deÌ sormais, quasi quotidiennement, des drames en MeÌ diterraneÌ e, un holocauste moderne. Les actions de controÌ‚le des forces de l’ordre pour empeÌ‚cher de telles tentatives de la part de nos jeunes releÌ€vent moins d’opeÌ rations de veÌ ritable maintien de l’ordre que d’une compliciteÌ objective avec une politique inepte de l’Europe.

Par ailleurs, a titre de comparaison, du 1 janvier 2017 au 31 deÌ cembre 2017, la LADDH a recenseÌ plus 3.109 tentatives d’immigration clandestine avaient eÌ teÌ deÌ joueÌ es par les gardes-coÌ‚tes algeÌ riens sur le littoral de 1.200 km de longueur, ces jeunes fuyaient le choÌ‚mage dont le taux enregistreÌ deÌ passe les 35% et la deÌ gradation de leur niveau de vie aussi, tans que seuls 10% d’AlgeÌ riens deÌ tiennent 80% des ressources du pays, une situation treÌ€s inquieÌ tante et qui confirme que les diffeÌ rences s’agrandissent entre les classes du peuple de façon ineÌ dite dans l’histoire de l’AlgeÌ rie.

La LADDH attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale, que les chiffres avanceÌ s 3.109 tentatives d’immigration dont 189 femmes, 839 mineurs accompagneÌ s ou bien non accompagneÌ s, ne refleÌ€tent en aucun cas la reÌ aliteÌ du terrain, puisqu’il s’agit uniquement des harragas qui ont eÌ teÌ arreÌ‚teÌ s, sans tenir compte de ceux qui sont morts noyeÌ s en mer lors de leur fatale aventure et qui n’ont jamais eÌ teÌ repeÌ‚cheÌ s aÌ€ ce jour. C’est le cas aussi de ceux qui ont pu atteindre leur objectif en arrivant sur les coÌ‚tes espagnoles ou italiennes. Aucune information, ni encore un chiffre ne sont, pour le moment, disponibles aÌ€ propos de ces derniers.

Cet eÌ tat de fait conduit la LADDH, notamment le secreÌ taire national de la Ligue en charge de la communauteÌ et des relations exteÌ rieures, Mahmoud Djenane, aÌ€ prendre en charge ce lourd dossier , en absence de statistiques officielles, la LADDH a tenteÌ de cerner le chiffre de ressortissants AlgeÌ riens deÌ tenus aÌ€ l’eÌ tranger en se basant sur les informations partielles collecteÌ es aupreÌ€s des familles de deÌ tenus, dans les rapports des O.N.G , ces informations restent surement incompleÌ€tes et exigent plus d’efforts pour cerner de plus preÌ€s ces chiffres ‘’ plus de 17.500 algeÌ riens‘’ sont deÌ tenus en Europe .

Face aÌ€ l’urgence de ce fleÌ au et au nombre de victimes, la LADDH preÌ voit de mettre en place des actions luttant contre l’immigration illeÌ gale, aÌ€ travers des campagnes de sensibilisation des populations concerneÌ es sur les menaces et les dangers de cette pratique et en encourageant des activiteÌ s geÌ neÌ ratrices de revenus pour lutter contre le choÌ‚mage et la preÌ cariteÌ , dans un but de vivre en digniteÌ et sauver des vies, ainsi sauvegarder la richesse humaine .MalgreÌ la Ligue algeÌ rienne pour la deÌ fense des droits de l’homme (LADDH) se sentant seul dans le terrain sans moyen face aÌ€ cet afflux de migrants dans plusieurs reÌ gions au large des coÌ‚tes de 1.200 km , notamment aÌ€ Annaba, El-Tarf, chlef ,Mostaganem, Aïn TeÌ mouchent , Oran ou encore skikda.

Par ailleurs ,Mr HOUARI Kaddour PreÌ sident de la LADDH est convaincu que ce pheÌ nomeÌ€ne en MeÌ diterraneÌ e, ne trouvera pas de solution avant qu’un dialogue soit ouvert avec une coopeÌ ration eÌ conomie eÌ quitable entre les pays de la rive ( Nord- Sud ) , il faut faire un pas deÌ cisif pour la lutte contre les vraies causes de la migration clandestine et non seulement seÌ curitaires, parce que le vrai crime de l’immigration clandestine n’est pas celui de ces innocents si jeunes, morts en voulant vivre dignement.
Le vrai forfait est celui de l’impossibiliteÌ qui leur est faite de circuler librement, un droit garanti aussi bien par le droit national qu’international et que bafoue une politique migratoire occidentale obsoleÌ€te, devenue criminogeÌ€ne.
En effet, franchir aujourd’hui clandestinement la frontieÌ€re d’un pays est la stricte conseÌ quence logique de sa fermeture abusive au-devant des humains quand on l’ouvre de plus en plus et totalement pour ses creÌ ations et son Å“uvre, les marchandises et les services.

Allant dans le meÌ‚me sens, Maitre El HELMI Abou Bakr Seddik, SecreÌ taire national chargeÌ de l’Administration et des finances de la LADDH, affirme dans l’inteÌ reÌ‚t de toutes les parties et celui de notre jeunesse aujourd’hui martyriseÌ e, c’est ce que garantit l’outil proposeÌ qui a le meÌ rite, outre de mettre un terme aux drames qu’on deÌ plore en MeÌ diterraneÌ e, de se situer dans le sens de l’histoire. Et notre vision des tentatives deÌ sespeÌ reÌ es de nos jeunes pour ce qui est supposeÌ eÌ‚tre une eÌ migration clandestine doit impeÌ rativement changer afin de mieux convenir aÌ€ la reÌ aliteÌ , eÌ thiquement, mais aussi juridiquement, et les autoriteÌ s de ce coÌ‚teÌ -ci de la MeÌ diterraneÌ e ont privileÌ gieÌ le volet reÌ pressif au lieu de s’occuper plus seÌ rieusement des candidats aÌ€ l’eÌ migration, qui cherchent aÌ€ rejoindre l’autre rive au peÌ ril de leur vie. En effet, le dispositif criminalisant l’eÌ migration clandestine (loi n°09-01 du 25 feÌ vrier 2009 portant sur les infractions commises contre les lois et reÌ€glements relatifs aÌ€ la sortie du territoire national) n’a visiblement servi aÌ€ rien.
Puisque les migrants, de tous aÌ‚ges et sexes, et parfois de toutes les conditions, tentent la harrga sans se soucier des peines eÌ nonceÌ es dans le texte (emprisonnement de deux aÌ€ six mois et une amende de 20 000 aÌ€ 60 000 DA ou de l’une de ces deux peines seulement). La loi reÌ pressive ne dissuade pas les harraga deÌ cideÌ s aÌ€ s’embarquer pour ce qu’ils consideÌ€rent comme l’eldorado.

Bureau National
PreÌ sident HOUARI Kaddour

°°°

Source : http://laddh-algerie.org/?p=729&lang=fr#more-729

Europe : horrible traitement des migrants clandestins algériens lors de leur expulsion

La LADDH suit de près, ce qui se passe ces dernières années concernant le traitement et les arrestations massives de migrants clandestins algériens par les forces de police européennes dans les villes européennes qui va de tout commentaire. On avait jamais vu une atrocité et des actes hautement inhumains infligés aux hommes, plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux en témoignent des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants émaciés et traumatisés, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars sans accès aux nécessités les plus élémentaires et dépouillés de leur dignité humaine.

Un algérien mort dans un centre de migrants àMalaga, en Espagne :

Mohamed Bouderbala a été retrouvé mort le 29 décembre 2017, les autorités sécuritaires espagnoles ont déclaré que l’autopsie avait révélé que le migrant algérien était mort après s’être pendu àl’aide d’un drap, cependant les images postées par des témoins montrent que le défunt a été violenté àcoups de matraque.

Alors le mardi 02 janvier 2018, lors d’une conférence de presse organisée àMalaga par la Plateforme citoyenne contre le centre de rétention d’Archidona, son frère Ahmed Boudarbala a affirmé que son frère n’était pas suicidaire. « J’étais en contact avec mon frère tous les jours, je l’appelais, il se plaignait de la nourriture et du froid, mais pas de la vie  » avait déclaré le frère du défunt.

Selon Ahmed, son frère et d’autres migrants ont été frappés par la police en charge d’Archidona, dans les heures qui ont précédé sa mort. Des proches d’autres personnes retenues dans le centre ont également accusé la police de violences, en particulier àl’égard de migrants qui auraient manifesté contre leur situation, proche d’un régime carcéral, selon la plateforme. Selon le porte-parole Daniel Machuca, les migrants ont dénoncé auprès de leurs proches leurs mauvaises conditions de vie, notamment l’absence d’eau chaude.

Ces tensions ont abouti àune intervention répressive violente de la police jeudi 28 décembre 2017, dont témoignent plusieurs migrants algériens .

D’ailleurs selon un journaliste espagnol, le migrant algérien décédé emprisonné dans un centre de rétention en Espagne ne s’est pas suicidé. Selon Sergio Rodrigo, qui travaille pour le journal El Mediterraneo, le jeune Mohamed Bouderbala aurait succombé àses blessures après avoir reçu plusieurs coups assénés par des agents de police anti-émeute espagnols.

Par ailleurs, le ministre algérien de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a fait savoir, que le parquet algérien a ouvert une enquête pour faire la lumière sur la mort suspecte d’un ressortissant algérien en Espagne et l’assassinat de deux autres en France.

Face àla gravité des faits, la LADDH ne peut pas continuer àfermer les yeux sur les horreurs inimaginables subies par les migrants clandestins algériens en Europe, ainsi l’on est tenté de dizaine de fois de demander que les institutions de l’union européenne prennent en compte et appliquent le respect des droits de l’homme.

Par ailleurs, le pouvoir Algérien a non seulement toujours refusé de fournir des détails àl’opinion publique sur la détention de ressortissants Algériens mais ne porte que très rarement assistance àces détenus.

On ne connaît pas non plus le nombre de détenus alors que les autorités consulaires ont justement pour tâches, entre autres, l’assistance aux personnes de nationalité Algérienne et ce conformément aux dispositions des articles 5, 36 et 37 de la Convention de Vienne du 24 avril 1963 sur les relations consulaires. Il est ànoter aussi que certains pays font preuve d’un manque de coopération sur cette question quand ce n’est pas les Algériens qui refusent de donner leur réelle identité aux autorités des pays dans lesquels ils se trouvent de peur d’être extradé et de finir en prison en Algérie comme c’est le cas des Harragas.

En absence de statistiques officielles ,la LADDH tente de cerner le chiffre de ressortissants Algériens détenus àl’étranger en se basant sur les informations partielles collectées auprès des familles de détenus, dans les rapports des O.N.G .

Ces informations restent surement incomplètes et exigent plus d’efforts pour cerner de plus près ces chiffres :

Plus de 7000 personnes détenues Algériens en France
Plus de 4500 personnes détenues Algériens en Espagne
Plus de 2500 personnes détenues Algériens en Italie
Plus 1500 détenus Algériens en Belgique
Plus 2300 détenus Algériens en Allemagne
Plus de 150 détenus Algériens en Grèce
Plus de 200 détenus Algériens en Grande- Bretagne.

Les Algériens détenus àl’étranger sont accusés pour cause :

– De présence illégale sur le territoire 74 %

– D’infractions de droit commun 17 %

– D’infractions liées aux produits stupéfiants 05 %

– D’appartenance présumée àun groupe terroriste 04 %

Remarque : la LADDH pense que ces détenus sont parfois victimes de soupçons infondés et demande le droit de visite consulaire et l’obtention rapide des détails du déroulement des procédures judiciaires.

Les conditions de détentions :

Certains lieux de détentions sont insalubres, inhumains et dégradants
Aucune séparation entre les détenus prévenir les abus (physiques et sexuels)
Manque d’assistance juridique et de service médical régulier
Dans certains lieux de détentions , les mauvaises conditions d’hygiène et l’absence d’installations d’assainissement ; et, des systèmes de chauffage

En conséquence de ce qui précède, le bureau national de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) souligne :

Dans ce contexte ,Mr HOUARI Kaddour Président la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) accuse les pays de l’union européenne de mauvais et horrible traitement des migrants clandestins algériens lors de leur expulsion, d’ailleurs les valeurs fondamentales de l’Union Européenne sont remises en question aujourd’hui et l’Union doit construire une politique migratoire fondée sur les droits garantis par la convention européenne des droits de l’homme .

La LADDH àmaintes reprises, a condamné les violations des droits humains et les abus contre les migrants et a exhorté les autorités européennes àredoubler les efforts pour améliorer la protection et la promotion des droits de l’Homme, en particulier dans les centres de détention pour migrants