Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > La Tunisie, laboratoire des relations entre Frères Musulmans et (...)

La Tunisie, laboratoire des relations entre Frères Musulmans et Djihadistes.

mercredi 31 janvier 2018, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : http://www.ikhwan.whoswho/blog/archives/9050

La Tunisie, laboratoire des relations entre Frères Musulmans et Djihadistes.

31.08.2015
Archives

Hala Abdennour

L’Islam politique en général et l’idéologie des Frères Musulmans en particulier peut mener au terrorisme. Il existe de nombreux exemples de connivences entre les Frères musulmans et les djihadistes, et la Tunisie apparaît comme un laboratoire de ces relations.

Quatre dates sont à retenir :

1. A peine arrivé au pouvoir, Mohammad Ghannouchi amnistie les prisonniers politiques y compris Seif Allah Ben Hassine (alias Abu Iyadh) condamné pour activités terroristes. Ce dernier va immédiatement fonder Ansar Al Charia. *

2. Son mouvement est non seulement toléré par le gouvernement dirigé par Ennahdha (24/12/2011-13/3/2013) mais plusieurs membres du parti assistent à ses meetings, Seif Allah Ben Hassine prêche librement dans les mosquées et son organisation multiplie les actions « humanitaires » dans tout le pays.

3. Après l’assaut contre l’ambassade américaine, les assassinats de Chokri Belaïd et plus tard de Mohammed Brahmi deux figures de l’opposition laïques, Ansar Al Charia continue ses activités en Tunisie.

4. Environ un mois après le dernier assassinat, les preuves de l’implication d’Ansar Al Charia sont apportées, l’organisation est désignée comme terroriste et interdite.

Fallait-il attendre aussi longtemps pour le savoir alors que Ben Hassine était connu comme un des principaux lieutenants d’Oussama Ben Laden ? Le gouvernement d’Ennahdha ne savait-il pas que cette organisation est dirigée par un extrémiste qui prône la violence ?

Fallait-il attendre que Ben Hassine ait recruté et entrainé nombre de jeunes tunisiens qui commettront d’autres attentats au Bardo ou à Sousse, avant de le neutraliser, comme l’explique Richard Spencer du Telegraph qui pose la question des relations troubles entre Ennahdha et Ansar Al Charia ?

Faut-il faire confiance à Ennahdha et à son leader Rached Ghannouchi qui séduit encore une partie de l’intelligentsia occidentale alors qu’il a été pris en flagrant délit de double langage ne serait-ce que dans cette vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux et dans les plus grands médias tunisiens et français** ?

Encore cette semaine, le 25 août, Rached Ghannouchi a réclamé que la Tunisie accueille les djihadistes revenus de Syrie. Il a déclaré au journal « Ettounsiya », que la clémence pour les terroristes rentrés de Syrie leur permettra de se défaire des idées noires et obscures qu’ils ont adopté par ignorance et inconscience.

Aujourd’hui, Rached Ghannouchi déclare que son parti est seul capable de contrer les djihadistes parce que selon lui, il sait faire la différence entre les extrémistes et les musulmans modérés. Or Ennahdha n’est pas modéré, c’est un parti extrémiste qui vise à terme à instaurer un état islamique et à appliquer la sharia.

Ce sont les vrais musulmans modérés qui estiment que la religion est une affaire personnelle et ne doit pas être instrumentalisée par la politique qui sauront mieux que quiconque contrer les extrémismes grâce à un islam tolérant.

Oui, on peut dire que le principal rempart contre la violence islamiste est un islam non politique, c’est-a-dire le contraire du mouvement des Frères Musulmans.