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Refuzniks — Dire non àl’armée en Israë l

Book Presentation

samedi 3 février 2018, par siawi3

Source : https://www.revue-ballast.fr/cartouches-28/

Refuzniks — Dire non àl’armée en Israë l
de Martin Brazilai
Éditions Libertalia, 2017

par M.L.

Des « traîtres  ». Ils ont refusé le service militaire, la guerre ou les politiques d’occupation conduites par leur pays, Israë l ; ils sont une quarantaine àtémoigner dans les pages de ce beau livre de reportage photo, signé Martin Barzilai, paru aux éditions Libertalia et soutenu par Amnesty International — on les appelle les refuzniks. Et il en faut du courage, commente l’auteur, pour refuser de se soumettre « dans un pays où la pression de l’État est constante et où le prix àpayer en termes d’exclusion sociale et parfois de rejet familial est extrêmement élevé  ».

On découvre au fil des pages des hommes et des femmes de tout âge, invoquant tour àtour la volonté de ne pas manier une arme, l’exigence de dignité, l’antisionisme, les droits humains, l’anti-impérialisme, le rejet de la violence ou bien l’objection de conscience.
« Ã€ 17 ans, je me suis rendu dans les territoires occupés pour aider les Palestiniens àramasser les olives. Ça m’a beaucoup marqué. Un jour, des colons ont volé la récolte. Leur argument était que tout ce qui pousse sur la terre d’Israë l appartient aux Juifs. Il n’y a pas d’instance juridique pour régler ce genre de problème. J’ai compris que l’argument de la sécurité pour occuper la Palestine était un mensonge. Lorsque j’ai décidé de ne pas faire mon service, j’ai voulu que cette décision soit perçue comme politique. Pour la rendre publique, il fallait que j’aille en prison  », confie ainsi Alex, la petite vingtaine, barbiche rousse et silhouette filiforme.
Omri, 18 ans, dont le visage fier illustre la couverture de l’ouvrage cartonné, raconte quant àelle : « Je suis contre le fait de prendre une vie. Que ce soit celle d’un animal ou celle d’un humain. […] J’ai rapidement réalisé que je ne pourrais pas faire partie d’une structure violente comme l’armée. […] Chez moi, on ne parlait pas de politique, je ne savais même pas ce qu’était l’occupation des territoires palestiniens. Lorsque je me suis rendue en Cisjordanie, ça a été comme un électrochoc.  »

Ils sont marginaux, àl’évidence, mais n’en sont pas moins l’espoir.