Subscribe to SIAWI content updates by Email
Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > Costa Rica. Un pasteur évangélique en tête du premier tour présidentiel

Costa Rica. Un pasteur évangélique en tête du premier tour présidentiel

lundi 5 février 2018, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/monde/costa-rica/costa-rica-un-pasteur-evangelique-en-tete-du-premier-tour-presidentiel-5546583

Costa Rica. Un pasteur évangélique en tête du premier tour présidentiel

Modifié le 05/02/2018 à 05:18 | Publié le 05/02/2018 à 05:18

Photo : Fabricio Alvarado, député et pasteur évangélique de 43 ans, est farouchement opposé au mariage homosexuel. | Jorge RENDON / AFP

Fabricio Alvarado, député et pasteur évangélique de 43 ans, est arrivé en tête du premier tour électoral présidentiel au Costa Rica. Il poursuivra sa croisade anti-mariage gay pour le second tour, le 1er avril.

Le pasteur évangélique Fabricio Alvarado est arrivé en tête dimanche du premier tour de l’élection présidentielle au Costa Rica, selon des résultats partiels, et poursuivra sa croisade anti-mariage gay lors du second tour le 1er avril.Selon ces résultats portant sur 68,3% des bureaux de vote, Fabricio Alvarado, du parti Restauration nationale (évangélique), a remporté 25,2% des voix, suivi de l’ancien ministre Carlos Alvarado (sans lien de parenté avec Fabricio), du parti au pouvoir Action citoyenne (centre), avec 21,1%, au terme d’une campagne marquée par le débat sur le mariage homosexuel.

Comme aucun candidat n’a dépassé les 40% au terme de ce premier tour à la forte participation (65,6%), un second tour sera organisé le 1er avril. L’identité de l’adversaire de Fabricio Alvarado était encore incertaine en fin de soirée, l’ex-député Antonio Alvarez, 59 ans, du parti Libération nationale (PLN, social démocrate), se classant troisième selon les résultats partiels avec 19% des suffrages.

La campagne avait été dominée par la question du mariage entre personnes du même sexe, à laquelle Fabricio Alvarado, député et pasteur évangélique de 43 ans, s’est dit farouchement opposé. Le thème est devenu central à partir du 9 janvier, quand la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CourIDH), institution émanant de l’Organisation des Etats américains (OEA), a exhorté les pays de la région à reconnaître le mariage gay : une évolution majeure en Amérique latine, où les homosexuels souffrent souvent de discrimination ou de violence. Bien que non contraignant, cet appel exerce une pression sur les législations locales.

Choc religieux

Au Costa Rica, petit pays d’Amérique centrale connu comme un havre de démocratie et de stabilité politique, il « a provoqué un choc religieux, ce qui s’est répercuté dans les intentions de vote », selon le Centre de recherche et études politiques (CIEP). « La religion a joué un rôle très fort dans cette élection », renchérit l’analyste politique Carlos Chinchilla.

Pour le politologue Felipe Alpizar, directeur du CIEP, cela a réveillé la fibre conservatrice des habitants, dont les deux tiers (autour de 65%) rejettent tout à la fois le mariage homosexuel, l’usage récréatif de la marijuana, un Etat laïc, et l’avortement, même en cas de viol. « C’est peut-être conjoncturel (...) mais cela explique en grande partie la percée d’Alvarado », commente-t-il à l’AFP.

L’incertitude avait toutefois régné jusqu’à l’issue du scrutin, avec encore 36,5% d’indécis à quelques jours du vote, auquel se présentaient 13 candidats pour succéder au centriste Luis Guillermo Solis. Les 57 députés du Parlement monocaméral devaient aussi être choisis dimanche par les 3,3 millions d’électeurs.