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Boko Haram attaque une école au Nigeria : 111 lycéennes disparues

Tuesday 27 February 2018, by siawi3

Source: http://www.france24.com/fr/20180222-nigeria-incomprehension-dapchi-attaque-ecole-boko-haram-ecolieres-jeunes-filles

Nigeria : incompréhension àDapchi, après l’attaque d’une école par Boko Haram

Texte par FRANCE 24

Première publication : 22/02/2018 Dernière modification : 22/02/2018

Les familles des dizaines de jeunes filles, disparues lundi dans le nord-est du Nigeria, reçoivent des informations contradictoires des autorités. Le gouverneur de l’État de Yobe avait affirmé qu’elles avaient été libérées mais a dû démentir.

Les nouvelles sont contradictoires et la confusion totale, après la disparition, lundi 19 février, de dizaines de jeunes filles, introuvables depuis que des jihadistes de Boko Haram ont mené un raid sur la ville de Dapchi, dans le nord-est du Nigeria.

Jeudi 22 février, des heurts ont éclaté entre forces de l’ordre et habitants, alors que le gouverneur de l’État de Yobe, Ibrahim Gaidam, expliquait aux parents des élèves manquantes qu’elles n’avaient pas été "sauvées" par l’armée, comme l’avait annoncé son porte-parole la veille au soir.

Face àces annonces contradictoires, des jeunes en colère ont alors dressé des barricades et incendié des pneus sur la route, caillassant le convoi du gouverneur, a constaté un journaliste de l’AFP. Plusieurs véhicules ont été endommagés par les jets de pierre, tandis que la police et les soldats pourchassaient la foule.

Délégation venue d’Abuja

Les circonstances exactes de l’attaque et même le nombre de filles disparues restent très flous, la plupart des enseignants et élèves de ce pensionnat de plusieurs centaines de lits ayant fui dans l’obscurité àtravers la brousse pour échapper aux jihadistes en entendant des coups de feu.

Une délégation du gouvernement fédéral a fait le déplacement àl’école - où elle a passé moins d’une heure - depuis la capitale Abuja, afin de rencontrer le gouverneur et des commandants militaires, avant de repartir en hélicoptère.

Le ministre de l’Information, Lai Mohammed, n’a pas fourni beaucoup plus d’explications, précisant seulement que "certaines (élèves) ont téléphoné depuis leur cachette (...) d’autres ont téléphoné depuis d’autres endroits".

"Nous ne pouvons pas affirmer catégoriquement que tant de filles ont été enlevées, mais nous pouvons dire que toutes ne sont pas revenues", a-t-il déclaré aux journalistes présents àDapchi.

Inuwa Mohammed, dont la fille de 16 ans, Falmata, est portée disparue, s’est dit "dévasté par la tournure des événements", affirmant que sa femme venait d’être admise àl’hôpital après s’être évanouie.

"Je m’étais réveillé avec le fort espoir de retrouver ma fille et ma femme avait préparé un accueil chaleureux, tout ça pour entendre (...) que toute cette histoire n’a été qu’une rumeur", a-t-il raconté.

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Source: http://www.lepoint.fr/monde/boko-haram-attaque-une-ecole-au-nigeria-111-lyceennes-disparues-21-02-2018-2196897_24.php

Boko Haram attaque une école au Nigeria : 111 lycéennes disparues
La disparition de ces nombreuses lycéennes ravive la menace d’un kidnapping de masse comme celui des lycéennes de Chibok, en 2014.

Source AFP
Modifié le 22/02/2018 à06:11 - Publié le 21/02/2018 à21:25 | Le Point.fr

La disparition de ces nombreuses lycéennes ravive la menace d’un kidnapping de masse comme celui des lycéennes de Chibok, en 2014.
© ISSOUF SANOGO / AFP/ ISSOUF SANOGO

Cent onze lycéennes étaient toujours portées disparues mercredi dans le nord-est du Nigeria deux jours après l’attaque d’une école de filles par des combattants de Boko Haram. Les insurgés du groupe djihadiste nigérian, lourdement armés, ont mené lundi un assaut sur le village de Dapchi, dans l’Etat de Yobe, tirant en l’air et faisant exploser des grenades, selon les témoignages des habitants recueillis par l’AFP.

La plupart des élèves et les professeurs de la Girls Science Secondary School, un internat, se sont enfuis en brousse, craignant d’être enlevés par les combattants, comme ce fut le cas pour les lycéennes de Chibok, dans l’État voisin du Borno, il y a quatre ans. Selon le ministre de la Police de l’État de Yobe, Abdulmaliki Sumonu, « 815 étudiantes sont rentrées » àDapchi, où elles ont été « vues », sur un total de 926 élèves. « Les (111) autres sont manquantes », a-t-il déclaré, tout en précisant qu’« aucun cas d’enlèvement n’a pour l’instant été établi ».

« Une expérience traumatisante »

Jointe au téléphone par l’AFP, l’une des jeunes filles ayant réussi às’échapper, Aisha Yusuf Abdullahi, a décrit « une expérience traumatisante ». « Nous étions dans la mosquée sur le point de commencer les prières du soir quand nous avons entendu des coups de feu », a expliqué l’adolescente de 16 ans. « Dans la panique, certaines ont escaladé la clôture et sauté dans des véhicules stationnés àl’extérieur, sans savoir àqui ils appartenaient ». Aisha a dit être parmi les « chanceuses » qui sont « rentrées en courant » dans l’école jusqu’au bureau de la directrice, où elles sont restées cachées en attendant que les insurgés repartent. « Nous sommes sans nouvelles de celles qui sont entrées dans les véhicules, a-t-elle ajouté. Nous avons le sentiment qu’elles ont été emmenées par les hommes armés. »

L’internat, qui accueille des filles âgées de 11 ans et plus, a été fermé pour une semaine, mais les familles des élèves manquant àl’appel se sont rassemblées dans la matinée devant ses portes pour réclamer des explications, craignant le « pire ». « On nous a dit qu’elles s’étaient réfugiées dans d’autres villages, mais nous avons été dans tous ces villages mentionnés, en vain », a déclaré àl’AFP Abubakar Shehu, dont la nièce fait partie des disparues. « Nous commençons àcraindre que le pire se soit produit, a-t-il ajouté. Nous avons peur d’avoir affaire àun nouveau scénario de Chibok. »

L’armée déployée

Le groupe djihadiste Boko Haram, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché », mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria ayant fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés. Il a kidnappé des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants, mais c’est l’enlèvement de 276 lycéennes àChibok en 2014 qui avait déclenché une vague d’indignation mondiale, donnant au groupe une tragique notoriété sur la scène internationale.

Le président Muhammadu Buhari a ordonné àl’armée de « prendre immédiatement les choses en main » et de « l’informer de l’évolution de la situation », a déclaré mercredi àAbuja le ministre de l’Information, Lai Mohammed, àl’issue d’un conseil des ministres. Lai Mohammed a précisé qu’il se rendrait jeudi àDapchi avec une délégation conduite par le ministre de la Défense.

Kidnapper pour récupérer de l’argent

Les véritables motivations des assaillants àDapchi restent floues, même si certains villageois affirment qu’ils ont visé en priorité l’établissement scolaire. Après s’être rendus dans l’école déserte, les insurgés ont en outre « pillé » plusieurs magasins àla recherche de vivres et de matériel, selon des médias locaux. Les rumeurs de paiement de rançons en échange des lycéennes de Chibok libérées pourraient inciter le groupe djihadiste àcommettre d’autres enlèvements, prévient Amaechi Nwokolo, analyste pour le Roman Institute for International Studies àAbuja. « Ils ont compris que les kidnappings peuvent être un nouveau moyen de récupérer de grosses sommes d’argent » pour acheter des armes, des munitions et des véhicules, souligne-t-il.

Mais, selon d’autres observateurs, la quête de moyens de subsistance au jour le jour reste le principal objectif du groupe djihadiste. « Le seul but était le pillage », estime ainsi Babaji Katagum, ancien commandant de l’armée nigériane. « Je ne pense pas qu’ils aient voulu enlever qui que ce soit. Ils cherchaient juste de la nourriture et autres denrées. »

Pour Yan St-Pierre, consultant en contre-terrorisme pour le Mosecom (Modern Security Consulting Group), le kidnapping reste toutefois une vieille méthode pour Boko Haram : « Ils organisent des enlèvements toutes les semaines, même sans rançon, pour maintenir la pression. »