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Italie : Les nonnes du Vatican dénoncent leurs conditions de travail proches de l’esclavage

mercredi 7 mars 2018, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/les-nonnes-du-vatican-denoncent-leurs-conditions-de-travail-proches-de-l-esclavage


Les nonnes du Vatican dénoncent leurs conditions de travail proches de l’esclavage

Par Anna Breteau

Publié le 06/03/2018 à 11:00

Pour la première fois, des religieuses du Vatican dénoncent dans une enquête publiée par L’Osservatore Romano - le mensuel consacré au Vatican - leurs conditions de travail et les phénomènes d’inégalités flagrantes entre les hommes et les femmes au sein de l’Eglise catholique.

C’est dans le supplément mensuel de L’Osservatore Romano que les protestations ont émergé. S’il est encore trop tôt pour parler de révolte, l’enquête publiée jeudi 1er mars dans le quotidien officiel du Vatican fait le récit des conditions de travail - pour le moins précaires - des religieuses du Vatican. Alors que celles-ci n’hésitent pas à comparer leur quotidien à une forme d’esclavage au service des cardinaux et des évêques, la plupart de celles qui témoignent ont souhaité le faire de façon anonyme.

L’une d’elle raconte : « Les nonnes ne disposent pas dans cette sorte de ’servitude’ d’heures de travail fixes à l’inverse des travailleurs séculiers et leur salaire est arbitraire et souvent très modeste », avant de pointer le risque de plus en plus prégnant d’une « rébellion interne ». Sœur Marie fait le récit d’un quotidien dominé par les tâches ménagères : « Elles se lèvent à l’aube, préparent le petit-déjeuner et ne vont se coucher qu’une fois que le dîner a été servi, la maison rangée, le linge lavé et repassé ». Selon son témoignage, certaines nonnes, effrayées à l’idée de mettre leurs familles dans l’embarras en dénonçant les religieux qu’elles servent, parviennent à s’accommoder de ce quotidien « grâce à la prise d’anxiolytiques ».

« Un prêtre est tout et une nonne rien »

Alors que le mouvement de révolte des femmes en Occident semble avoir franchi les portes du Vatican, le pape François a adopté publiquement une position favorable au combat pour l’égalité au sein de l’Eglise. Le 2 mars, il s’est inquiété dans une lettre à l’écrivaine espagnole Maria Teresa Compte Grau – qui publie un ouvrage intitulé Les dix choses que le Pape François propose aux femmes -, de la « persistance d’une certaine mentalité machiste » et plus particulièrement au sein de l’Eglise, où « le rôle des femmes glisse plus vers la servitude que vers le véritable service ». De quoi encourager la révolte sourde des nonnes du Vatican. Alors qu’un manifeste dénonçant le « rôle subalterne » des religieuses circule sur les réseaux sociaux, la 5e conférence internationale prévue le 8 mars à Rome par le groupe « Voices of Faith » – une association qui défend le rôle des femmes dans l’Eglise - sera consacrée à la question « Pourquoi les femmes comptent ».

L’article intitulé « Le travail (quasi) gratuit des sœurs » dénonce également l’écart entre le parcours scolaire et universitaire de certaines religieuses et les tâches qui leur sont allouées. L’une d’elle témoigne : « Je connais des religieuses qui sont docteures en théologie et qui ont été envoyées du jour au lendemain faire la cuisine ou la lessive ». Et d’ajouter : « Derrière tout cela se cache l’idée qu’une femme vaut moins qu’un homme et, en particulier dans l’Eglise catholique, qu’un prêtre est tout et une nonne rien ». De son côté, sœur Cécile revendique un salaire : « Je n’hésite plus à dire que je désire être payée. Il ne s’agit pas de viser la richesse, mais nous voulons vivre dignement et simplement ».

Alors que le mouvement de révolte des femmes en Occident semble avoir franchi les portes du Vatican, le pape François a adopté publiquement une position favorable au combat pour l’égalité au sein de l’Eglise. Le 2 mars, il s’est inquiété dans une lettre à l’écrivaine espagnole Maria Teresa Compte Grau – qui publie un ouvrage intitulé Les dix choses que le Pape François propose aux femmes -, de la « persistance d’une certaine mentalité machiste » et plus particulièrement au sein de l’Eglise, où « le rôle des femmes glisse plus vers la servitude que vers le véritable service ». De quoi encourager la révolte sourde des nonnes du Vatican. Alors qu’un manifeste dénonçant le « rôle subalterne » des religieuses circule sur les réseaux sociaux, la 5e conférence internationale prévue le 8 mars à Rome par le groupe « Voices of Faith » – une association qui défend le rôle des femmes dans l’Eglise - sera consacrée à la question « Pourquoi les femmes comptent ».