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France : Attentats dans l’Aude : ce qu’il faut retenir de la conférence de François Molins

mardi 27 mars 2018, par siawi3

Source : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/26/attentats-dans-l-aude-ce-qu-il-faut-retenir-de-la-conference-de-francois-molins_5276763_1653578.html#QeavIxeKF3AOUBli.99

Attentats dans l’Aude : ce qu’il faut retenir de la conférence de François Molins

Le procureur de Paris a tenu sa deuxième conférence de presse au sujet des attaques perpétrées à Trèbes et à Carcassonne le 23 mars.

LE MONDE | 26.03.2018 à 20h39 • Mis à jour le 26.03.2018 à 22h12

Par Soren Seelow

Trois jours après les attentats de Trèbes et de Carcassonne (Aude), le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu, lundi 26 mars, une deuxième conférence de presse. Il a saisi l’occasion pour dérouler un récit plus précis de la chevauchée meurtrière de Radouane Lakdim, pour revenir sur les circonstances dans lesquelles le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame s’était constitué prisonnier, et faire un point sur les gardes à vue en cours.

Quelques heures après l’attaque, vendredi, deux proches du tueur ont été placés en garde à vue. Il s’agit de sa petite amie, une jeune convertie de 18 ans, elle-même fichée « S » en raison de sa radicalisation. Le procureur a précisé qu’elle avait crié « Allahou akbar » au moment de son interpellation. Plusieurs éléments intriguent les enquêteurs : la jeune fille aurait cessé tout contact téléphonique avec Radouane Lakdim fin janvier, sans faire état d’aucune rupture, mais certains éléments permettent de penser que les échanges se sont poursuivis grâce à une messagerie sécurisée. Elle a par ailleurs posté, le matin de l’attaque à 5 heures, « une sourate promettant l’enfer aux mécréants ».

Lire aussi : Attaques dans l’Aude : Radouane Lakdim, un terroriste suivi par la DGSI

Le second gardé à vue est un mineur de 17 ans, très proche du tueur, qui aurait exercé sur lui une influence forte. L’adolescent est impliqué dans deux procédures, pour détention de stupéfiants et pour violence. Tous deux contestent avoir été associés au projet mortifère de Radouane Lakdim. Leurs gardes à vue, qui ont été prolongées dimanche soir, devraient s’achever mardi. L’exploitation du matériel informatique du terroriste est toujours en cours d’analyse. Pour l’heure, les enquêteurs n’ont fait état d’aucune complicité hors de son cercle proche.

« Bouclier humain »

La vidéosurveillance a par ailleurs permis de mieux comprendre le déroulement de la prise d’otages du Super U de Trèbes. Radouane Lakdim arrive en voiture sur le parking à 10 h 39, puis entre en courant dans le magasin, où il tue deux personnes au niveau des caisses : le boucher Christian Medves, 50 ans, puis un client, Hervé Sosna, 65 ans. Les autres clients trouvent refuge dans la chambre froide et dans les rayons.

Vers 11 heures, des hommes du peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) et les gendarmes de la brigade de Trèbes arrivent sur place. Ils montent par l’extérieur du bâtiment au PC caméra du supermarché, situé au premier étage. Ils découvrent sur la vidéosurveillance que deux victimes gisent sur le sol du magasin et aperçoivent le preneur d’otages qui s’est rapproché de l’accueil.

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Les gendarmes descendent en colonne d’intervention au rez-de-chaussée. Face à eux, Radouane Lakdim tient une femme qu’il utilise comme « bouclier humain » en la menaçant de son arme. En progressant, les gendarmes parviennent à faire évacuer les derniers clients. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame engage alors une négociation, avant de déposer son arme et de se proposer en échange de l’otage. Il est 11 h 28 quand il rejoint la salle des coffres où s’est replié Radouane Lakdim.

A 14 h 16, les hommes de l’antenne GIGN de Toulouse, arrivés sur les lieux deux heures plus tôt, entendent trois coups de feu. L’assaut est donné. Le terroriste est tué. Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame mourra à l’hôpital dans la nuit de vendredi à samedi d’une blessure fatale au cou, faite à l’arme blanche.