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Algérie : DE L ÉLOGE À L OUBLI À L ÉLOGE DE LA TRAHISON ...

vendredi 30 mars 2018, par siawi3

Source : siawi. org


DE L ÉLOGE À L OUBLI À L ÉLOGE DE LA TRAHISON ...

par Zazi Sadou

30 mars 2018

Décidément tout est permis dans notre pays y compris l injonction À L OUBLI ! Après l amnistie , c est l appel à l amnésie et à la trahison des victimes du terrorisme !

Sous la plume de Amar Belhimeur journaliste , un billet intitulé « éloge de l oubli » a été édité le 27 mars dans le soir d Algérie.

Dans ce papier , l auteur fait l éloge de l oubli comme une injonction à nos mémoires mettant en relief le risque de la perpétuation de la violence à laquelle les peuples seraient condamnés s’ils se souviennent de leurs martyres , de leurs victimes , de leurs filles violées et des charniers où les êtres chers kidnappés ont été engloutis ...

Cette pratique de l injonction à l oubli s appelle comment déjà ?

Je tombe presque de ma chaise. Mais j avoue que je ne suis pas du tout étonnée . Amar B s’exclame et défend une position politique qu’il porte comme un étendard depuis plus de 20 ans. En prenant largement appui sur certains écrits dont il extrait des passages , il nous fait passer le message des réconciliateurs auquel il est viscéralement lié au moment précis où quelque associations dont ADJOUAD Mémoire continuent en dépit de toutes les difficultés à interpeller nos mémoire par exemple à l occasion du 22 mars.
Je ne doute donc pas que cet « éloge de l oubli » est une commande pour répondre aux actions organisées ici et là « CONTRE L OUBLI » dont des comptes rendus et interviews ont été publiés par certains journaux dont El Watan et certains réseaux sociaux.

Cette volonté d imposer l oubli et l amnésie après avoir imposé l amnistie est une incessante stratégie politique qui consiste à diluer les lignes de démarcations entre bourreaux et victimes. C est exactement à cela que nous invite Monsieur Belhimeur . Et si nous refusons d abdiquer notre honneur et notre mémoire alors nous serons condamnés à l enfer ....

Ça me démange depuis longtemps d écrire pour témoigner des horreurs vus. Et vécu.
J ai encore dans les oreilles le chuchotement des jeunes filles violées rescapées des camps du GIA.
J ai encore dans les narines cet odeur horrible de maisons brûlées de Rais et Bentalha. Les images existent et les survivantEs sont là pour continuer de dire l horreur.
Alors si j oublie , je trahis .

Mon choix est clair : je n oublierai pas et je ne trahirai pas .