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France : L’universalisme, le communautarisme et l’antisémitisme

jeudi 5 avril 2018, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/politique/apres-la-marche-blanche-pour-mireille-knoll-jean-luc-melenchon-allume-le-crif-une-secte?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ==

Après la marche blanche pour Mireille Knoll, Jean-Luc Mélenchon allume le Crif, une "secte communautaire"

Par Hadrien Mathoux

Publié le 04/04/2018 à 12:45

Le chef de file des Insoumis s’est lâché dans sa note de blog ce mercredi 4 avril : il y revient sur son départ forcé de la marche blanche contre l’antisémitisme, après les déclarations hostiles du président du Crif Francis Kalifat. Ce dernier est qualifié de "chef communautaire" par Jean-Luc Mélenchon, dans un texte particulièrement virulent.

La vengeance est un plat qui se mange froid pour Jean-Luc Mélenchon. Le 27 mars dernier, à la veille de la marche blanche contre l’antisémitisme organisée en mémoire de Mireille Knoll - cette octogénaire juive assassinée - le président du Conseil représentatif des institutions juives (Crif), Francis Kalifat, prévenait que "ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN" ne seraient "les bienvenus" au rassemblement. Une manière de désigner le chef de file de la France insoumise (FI) comme une personnalité illégitime pour défendre les juifs contre la haine (contre l’avis même du fils de Mirelle Knoll) qui avait beaucoup choqué, et surtout eu des conséquences : le lendemain, Jean-Luc Mélenchon avait dû quitter de manière précipitée le cortège de ce qui devait être un rassemblement consensuel, chassé par les insultes et les menaces.

VIDEOS - "Insoumis enculés" : Mélenchon contraint de quitter la marche blanche en hommage à Mireille Knoll

Le soir de la marche blanche, le chef du groupe insoumis à l’Assemblée avait calmé le jeu, estimant qu’il ne fallait "pas confondre 40 énergumènes avec des milliers de braves gens que compte ce pays". C’était pour mieux exprimer sa colère quelques jours plus tard, dans une note de blog décapante qu’il publie ce mercredi 4 avril. Celle-ci est quasiment intégralement consacrée à la controverse entre le Crif et les Insoumis à l’occasion de la marche blanche. Jean-Luc Mélenchon se dit scandalisé que "l’unité de la communauté républicaine" y ait été "déchirée par un particularisme communautariste arrogant et sans pudeur". L’exfiltration forcée des Insoumis présents dans le cortège l’a beaucoup choqué : il s’en prend à la Ligue de défense juive (LDJ), groupuscule ultra-violent et fortement soupçonné d’être à l’origine des heurts, qualifiée de "milice braillarde". Mais Jean-Luc Mélenchon reproche aussi aux "officiels", à la police, au cabinet du ministère de l’Intérieur d’avoir "abandonnés [les Insoumis] à la vindicte de la milice du Crif".

"Chef communautaire", "groupuscule ethnique"...

Pour Mélenchon, les événements sont bien plus qu’un simple "incident de manif" ; des "digues symboliques essentielles" ont été rompues. "Vous avez accepté que nous soyons mis dans le même sac que l’extrême droite, dénonce-t-il. Vous avez accepté que les écharpes tricolores soient expulsées sur ordre des communautaristes." Si Richard Ferrand, le chef du groupe LREM à l’Assemblée, est salué pour avoir quitté la marche, le président de l’Assemblée François de Rugy est vilipendé pour avoir "détourné le regard", et qualifié de "tout petit bonhomme voué au parjure et aux coups bas".

Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites.
Jean-Luc Mélenchon

Mais c’est surtout le Crif et son président Francis Kalifat qui en prennent pour leur grade. Ce dernier serait un "chef communautaire", et l’organisation qualifiée de "secte communautaire", voire même de "groupuscule ethnique (...) se réclamant des intérêts d’un Etat étranger" ! Les positions du Crif, très favorables au Premier ministre israélien Benjamin Netanyaho, sont en effet vilipendées par Jean-Luc Mélenchon : il estime que Francis Kalifat a "proclamé devant le pays une singularité communautaire radicale" ainsi qu’une "allégeance de principe à un gouvernement étranger et à sa politique quelle qu’elle soit". L’Insoumis va jusqu’à avancer que "Kalifat et la LDJ ont fait plus pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites."

En conclusion, Jean-Luc Mélenchon, qui avoue que "la blessure" que la polémique a ouverte en lui "ne cicatrisera pas de sitôt", se livre à une défense enflammée du modèle républicain. Réaffirmant "le soin particulier" qui doit protéger les citoyens français de confession juive contre les attaques dont ils font l’objet, il estime que "la République n’accepte pas que leur soit attribué une mise à part, même par ses propres chefs communautaires". Et réaffirme ses convictions : "L’universalisme a vaincu en France. La France n’est pas une collection d’indigènes."

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Source : https://www.marianne.net/debattons/editos/marche-blanche-contre-antis%C3%A9mitisme-il-faut-ecouter-fils-mireille-knoll-pas-le-crif

Marche blanche contre l’antisémitisme : il faut écouter le fils de Mireille Knoll, pas le Crif

Publié le 28/03/2018 à 10:12

Jack Dion

Alors que la France entière a été bouleversée par l’horrible assassinat de Mireille Knoll, survivante de la rafle du Vel’d’Hiv, âgée de 89 ans ; alors qu’une marche blanche est organisée, ce mercredi 28 mars à 18h30 depuis la place de la Nation à Paris, pour dénoncer cette nouvelle manifestation d’un antisémitisme que l’on espérait ne jamais revivre, il se sera trouvé quelqu’un pour opérer un tri sélectif des manifestants et décréter que certains n’avaient pas leur place dans le cortège des antiracistes. Et pas n’importe qui puisqu’il s’agit de Francis Kalifat, président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

A l’en croire, ni Marine Le Pen ni Jean-Luc Mélenchon ne seraient habilités à venir saluer la mémoire de Mireille Knoll. Francis Kalifat dit vouloir le plus large rassemblement, mais sans les deux noms précités.

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On passera sur l’amalgame entre deux familles politiques qui ne représentent pas vraiment les mêmes courants de pensée, et qui se retrouvent soudain jetées dans le sac commun de l’opprobre. Le président du Crif semble avoir oublié qu’à une certaine époque, leurs aïeux respectifs se retrouvaient les uns du côté des Collabos, les autres parmi les Résistants, et que nul alors ne les aurait confondus. Certes, les temps ont changé, mais pas au point d’effacer les leçons de l’histoire.

On ne pouvait envoyer pire message dès lors qu’il faut rassembler au-delà des confessions

On oubliera que dans un passé récent, Roger Cukierman, lui-même ex président du Crif, assurait que Marine Le Pen était « irréprochable personnellement », comme quoi tout le monde a ses faiblesses.

On passera sur la facilité avec laquelle le Crif se croit habilité à considérer que toute critique du gouvernement d’Israël est le premier pas vers l’antisémitisme, ce qui concernerait tous les juifs partisans d’un Etat palestinien.

On retiendra qu’au moment où il faut réunir contre l’antisémitisme tous les Français quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, Francis Kalifat se croit moralement en droit de dire quels sont les bons et les méchants, sur une base idéologique douteuse. On ne pouvait envoyer pire message dès lors qu’il faut rassembler au-delà des confessions, des communautés de pensée, et des engagements politiques.

Merci, Daniel Knoll

Fort heureusement, le Crif n’a pas le monopole de la lutte contre l’antisémitisme ou contre toutes les formes de haine, y compris chez les juifs de France, qui sont loin de se reconnaître dans une association qui prétend parler en leur nom. Nul ne peut instrumentaliser le combat contre le racisme, qui concerne tous les citoyens.

Voilà pourquoi on saluera tous ceux qui se sont élevés contre les injonctions de Francis Kalifat, parmi lesquels de nombreux juifs, d’ailleurs, membres ou pas du Crif.

On rendra notamment hommage au fils de Mireille Knoll, Daniel Knoll, qui a déclaré à la télévision : « Le CRIF fait de la politique et moi j’ouvre mon cœur à tous ceux qui ont une mère, c’est-à-dire à tout le monde ». Et d’ajouter : « Tout le monde est concerné ». Merci, Daniel Knoll, pour cette leçon d’humanisme sans sectarisme. C’est le meilleur hommage que l’on puisse rendre à une femme qui fut l’épouse d’un survivant d’Auschwitz.

Jack Dion est Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et l’auteur du livre Le mépris du peuple (LLL).

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Source : https://www.marianne.net/societe/meurtre-de-mireille-knoll-le-crif-rejette-melenchon-et-les-insoumis-de-sa-marche-blanche

Meurtre de Mireille Knoll : le Crif rejette Mélenchon et les Insoumis de sa marche blanche

Par Magazine Marianne

Publié le 28/03/2018 à 07:58

"Ni Jean-Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN seront les bienvenus" à la marche blanche organisée ce mercredi 28 mars à Paris après le meurtre de Mireille Knoll, a déclaré sur Twitter Francis Kalifat, président du Crif. Contredit par le propre fils de la victime, Daniel Knoll.

"Soyons clairs ni Jean Luc Mélenchon et les insoumis ni Marine Le Pen et le FN seront les bienvenus demain" (sic). C’est en ces termes que le président du Crif Francis Kalifat a rejeté mardi soir la venue annoncée des deux responsables politiques à la marche blanche organisée ce mercredi 28 mars à 18h30 à Paris après le meurtre de Mireille Knoll, une octogénaire juive assassinée vendredi.

Si le rejet du FN n’étonne pas au vu de l’histoire du parti - Jean-Marie Le Pen a justement été définitivement condamné mardi pour sa récidive au sujet des chambres à gaz, "détail" de l’histoire -, l’amalgame avec la France insoumise est plus inattendu. Jean-Luc Mélenchon avait pourtant prévu de se rendre à la marche d’hommage.

"La surreprésentation des antisémites tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite rend ces deux partis infréquentables", a assumé ce mercredi Francis Kalifat sur RTL Matin. Ajoutant en guise d’explication : "En ce qui concerne l’extrême gauche, il s’agit peut-être d’éclaircir leur position en ce qui concerne le boycott d’Israël".

Le fils de Mireille Knoll désavoue le Crif

Dans Bourdin Direct sur RMC ce mercredi, le fils de l’octogénaire assassiné, Daniel Knoll, a tenu une position inverse : "Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde, sans exception", à se joindre à la marche blanche. A la question "vous n’allez pas sur la position du Crif ?", il a répondu : "Absolument pas, les gens qui ont une mère peuvent me comprendre (…). Le Crif fait de la politique et moi, j’ouvre mon cœur".

"Je crois que Jean-Luc Mélenchon appartient à la famille républicaine", a soutenu de son côté le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sur France Inter ce mercredi matin, rappelant son discours d’hommage à Arnaud Beltrame mardi à l’Assemblée mais ajoutant un développement abscons : "Je crois que c’est la rédemption, il faut essayer d’aller vers mieux".

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Source : http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/mireille-knoll-notre-grandmere-a-tous/7401412

Mireille Knoll, notre grand’mère à tous

mercredi 4 avril 2018

Par Évariste

Rescapée de la rafle du Vél’ d’hiv organisée par une partie des forces de police au service de la collaboration et du nazisme, voilà qu’elle est assassinée parce qu’elle est juive, en 2018. Cet assassinat raciste révulse tous les universalistes républicains. Car c’est parce que nous manquons de principes de la République sociale (liberté, égalité, fraternité, laïcité, solidarité, démocratie, universalité, souveraineté populaire, droit à la sûreté, développement écologique et social) que ce racisme ordinaire est encore possible.

Qu’elle fut digne, universaliste, la position de Daniel Knoll, le fils de la victime assassinée appelant tous à participer à la marche blanche pour le souvenir de sa mère Mireille Knoll !

Honte au CRIF

Mais le président du CRIF, l’ancien membre du Betar (extrême droite sioniste) Kalifat, a permis à la Ligue de défense juive (autre organisation d’extrême droite sioniste) d’avoir une attitude inqualifiable vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon à la marche blanche d’hommage à Mireille Knoll. D’ailleurs des personnalités en désaccord politique avec Jean-Luc Mélenchon comme Laurent Joffrin (directeur de la rédaction de Libération), Alain Jakubowicz (ancien président de la Licra), Raphaël Glucksman, Natacha Polony, Raphaël Enthoven ont notoirement critiqué l’attitude inqualifiable du président du CRIF. Preuve que si la Ve République n’est plus républicaine, il y a encore des réflexes républicains dans notre pays.

Quel communautarisme étriqué que de ne pas faire la différence entre le combat radical contre le racisme vis-à-vis des juifs1 et la critique du gouvernement de l’Etat d’Israël.

Nous persistons et nous signons : les partisans universalistes de la République sociale que nous sommes, nous lions le combat laïque au combat social, nous pratiquons un anti-racisme radical et global mais nous critiquons le gouvernement d’extrême droite israélien.
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1. Pour notre part, nous préférons parler du racisme anti-juif ou du racisme anti-musulman plutôt que d’antisémitisme et d’islamophobie.