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France : Attentat de Magnanville : une policière et sa fille « radicalisée » parmi six nouvelles interpellations

lundi 9 avril 2018, par siawi3

Source : https://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/attentat-de-magnanville-une-policiere-et-sa-fille-radicalisee-parmi-six-nouvelles-interpellations_1998766.html

Attentat de Magnanville : une policière et sa fille « radicalisée » parmi six nouvelles interpellations

Par AFP , publié le 09/04/2018 à 15:09 , mis à jour à 15:28

Une photo de Jean-Baptiste Salvaing et sa compagne Jessica Schneider lors de leurs obsèques le 20 juin 2016 à Pezenas - afp.com/SYLVAIN THOMAS

Paris - L’enquête sur le double meurtre jihadiste d’un policier et de sa compagne à leur domicile de Magnanville (Yvelines) en juin 2016 a connu un nouveau rebondissement lundi avec l’arrestation de six personnes, dont une policière et sa fille présentée comme radicalisée.

Ces arrestations, qui visent à établir comment le tueur Larossi Abballa a choisi ses victimes et trouvé leur adresse, relancent un dossier déjà chamboulé en décembre par la mise en examen surprise d’un possible complice du jihadiste.

Le 13 juin 2016, le commandant adjoint du commissariat des Mureaux Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat voisin de Mantes-la-Jolie, avaient été assassinés à coups de couteaux, sous les yeux de leur fils de 3 ans et demi.

Originaire d’un quartier difficile des Mureaux, le jihadiste de 25 ans, tué dans l’assaut des forces de l’ordre, avait revendiqué son acte au nom du groupe État islamique (EI) en direct sur les réseaux sociaux.

Près de deux ans plus tard, trois femmes et trois hommes ont été placés en garde à vue lundi sur décision de la juge d’instruction, a indiqué une source judiciaire.

Parmi eux, interpellés pour la plupart aux Mureaux et dans la commune voisine de Mantes-la-Jolie, figurent une policière, ex-responsable départementale du syndicat Alliance, ainsi que sa fille, ont précisé des sources proches du dossier, confirmant une information de L’Express. Les autres personnes font partie de leur entourage.

A ce stade des investigations, les enquêteurs s’intéressent davantage à la fille, présentée comme radicalisée, qu’à sa mère, actuellement en poste au Centre de rétention administrative de Plaisir (ouest de Paris), selon l’une des sources proches du dossier.

« Je la connais, je la vois mal tomber là-dedans, je tomberais des nues », a réagi auprès de l’AFP Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance.

Selon lui, la policière avait démissionné de ses fonctions pour ne pas entacher l’image du syndicat, après la révélation en interne d’une perquisition diligentée à son domicile car elle avait hébergé une femme fichée S. (pour Sûreté de l’état), à une date non précisée.

« On n’a pas une boule de cristal pour savoir qui est fiché S dans notre entourage et comme les policiers sont sanctionnés quand ils consultent les fichiers, ce n’est pas possible de savoir », a-t-il ajouté.

- « Deuxième homme » ? -

Trois hommes sont déjà mis en examen dans cette enquête.

Les deux premiers avaient été vite identifiés. Condamnés en 2013 aux côtés d’Abballa dans une filière afghano-pakistanaise de recrutement au jihad, Charaf Din Aberouz, 31 ans, et Saad Rajraji, 28 ans, sont soupçonnés d’avoir pu apporter un soutien logistique.

Mais les enquêteurs ne retenant pas leur complicité directe dans l’attaque, ils ont finalement été relâchés sous contrôle judiciaire.

En revanche, ils pensent avoir identifié un possible « deuxième homme » en la personne de Mohamed Aberouz, 24 ans. Ce frère cadet de Charaf Din a été mis en examen le 11 décembre pour « complicité d’assassinats terroristes » et incarcéré.

Entendu une première fois en avril 2017 en garde à vue, Mohamed Aberouz, 24 ans, était ressorti libre, faute de preuves. Mais à la fin de l’été, les policiers avaient fait le rapprochement entre son profil génétique et l’ADN retrouvé « sur le repose-poignet droit de l’ordinateur » du couple.

Mohamed Aberouz, qui reconnaît son amitié avec Abballa mais clame son innocence, est devenu peu à peu aux yeux des enquêteurs le « mentor religieux » du jihadiste et le « co-auteur et inspirateur » de son acte, selon une synthèse de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) dont l’AFP a eu connaissance.

Les policiers, citant des écoutes et de la documentation jihadiste retrouvée chez les deux amis d’enfance, estiment avoir établi qu’ils « adhéraient aux thèses de l’EI ».

Mohamed Aberouz leur a assuré que le jour de l’attentat, « il n’avait quitté son domicile que pour se rendre à la mosquée aux heures de prière », en plein Ramadan.

« La preuve ADN n’est pas infaillible », estiment ses avocats Mes Vincent Brengarth et Bruno Vinay, qui ont demandé une nouvelle expertise.

Depuis 2015, la France est la cible d’une vague d’attentats jihadistes sans précédent qui a fait 245 morts et des centaines de blessés. Plusieurs attaques ont en particulier pris pour cible les forces de l’ordre.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/policiers-tues-a-magnanville/attentat-de-magnanville-ce-que-l-on-sait-de-la-policiere-placee-en-garde-a-vue_2697424.html

Attentat de Magnanville : ce que l’on sait de la policière placée en garde à vue

Cette ancienne déléguée départementale du syndical Alliance se voit notamment reprocher d’avoir hébergé une personne fichée S.

Photo : Devant le commissariat des Mureaux (Yvelines), le 14 juin 2016. (MAXPPP)

Catherine Fournier

Mis à jour le 09/04/2018 | 17:06
publié le 09/04/2018 | 15:25

Nouveau rebondissement dans l’affaire de Magnanville (Yvelines). Parmi les six personnes interpellées dans l’enquête sur l’assassinat de deux policiers en juin 2016 figurent une policière de 48 ans et sa fille de 29 ans, a appris franceinfo de source judiciaire, après des révélations du Point et de L’Express. Voici ce que l’on sait de cette femme.

Une ex-déléguée départementale d’Alliance

La gardienne de la paix Maryline B. est actuellement major de police dans les Yvelines après avoir été déléguée départementale du syndicat Alliance pendant plusieurs années, indique à franceinfo une source proche du dossier. Selon L’Express, elle travaille au centre de rétention administrative (CRA) de Plaisir.

Elle a déjà été inquiétée en 2016

Selon nos informations, cette mère de deux enfants convertis à l’islam avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire et d’une enquête de l’IGPN en 2016 pour « absence de compte-rendu à la hiérarchie » : elle n’avait pas signalé avoir hébergé provisoirement chez elle, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), une jeune femme fichée S, amie de sa fille. Toujours selon nos informations, cette jeune femme, elle aussi placée en garde à vue lundi, connaissait Larossi Abballa, le terroriste qui a tué les deux policiers à leur domicile.

Promue au sein de la police

Rien n’avait été retenu à l’époque contre Maryline B., qui avait essuyé un simple rappel à l’ordre. Elle a ensuite été promue au sein de la police puisqu’elle est passée du rang de brigadier chef à celui de major.

Côté syndical, elle avait renoncé à ses fonctions de déléguée départementale. « Notre collègue avait d’elle-même souhaité démissionner de son mandat parce qu’elle ne voulait pas porter atteinte à l’image de notre organisation », a expliqué à Reuters Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance. Cependant, selon une source policière à franceinfo, Maryline B., élue aux élections professionnelles de 2014, siège toujours au comité technique départemental des services déconcentrés de la police nationale, qui réunit des représentants de l’administration et du personnel. Elle devrait être remplacée après les élections de décembre 2018.

Son éventuelle implication reste à établir

Les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire cherchent toujours à comprendre pourquoi le meurtrier a ciblé ce couple de fonctionnaires dans leur pavillon en juin 2016. Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, était commandant adjoint du commissariat des Mureaux (Yvelines), et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif d’un commissariat voisin. Leurs noms et leur adresse ont-ils circulé par le biais de cette policière ?

Les investigations visent à préciser le rôle que les personnes placées en garde à vue « ont respectivement pu jouer dans la commission des faits », rapporte à franceinfo une source proche du dossier. Trois hommes ont déjà été mis en examen dans le cadre de cette enquête.