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De nouvelles attaques en Syrie ?

mardi 17 avril 2018, par siawi3

Source : http://www.lemonde.fr/syrie/article/2018/04/17/la-defense-syrienne-abat-des-missiles_5286293_1618247.html#Qc0HrPaFUSDq7MfX.99

La Syrie affirme avoir abattu des missiles

Selon la télévision publique syrienne, la défense antiaérienne du pays a contré des missiles au-dessus de la ville de Homs, dans l’ouest de la Syrie. Le Pentagone a démenti toute implication des Etats-Unis et de leurs alliés.

Le Monde.fr avec AFP | 17.04.2018 à02h57 • Mis àjour le 17.04.2018 à09h11

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Dans les rues de Douma le 16 avril. Hassan Ammar / AP

L’agence officielle syrienne SANA a affirmé que défense aérienne syrienne « a [vait] abattu des missiles qui étaient entrés dans l’espace aérien au-dessus de la province de Homs  » mardi 17 avril. La télévision officielle n’a pas identifié l’origine des missiles mais a dénoncé une « agression  ».

Interrogé par l’AFP, un porte-parole de l’armée syrienne qui a déjàmené dans le passé des frappes en Syrie, a déclaré ne pas être « au courant d’un tel incident  ». Et le Pentagone a démenti toute implication des Etats-Unis et de leurs alliés.

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Enquête

Cette annonce intervient trois jours après les frappes des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne contre des sites militaires du pouvoir de Bachar Al-Assad, àla suite de l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville alors rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, aux portes de Damas. C’est àcette ville que les experts de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui ont entamé leur enquête dimanche, attendaient de pouvoir accéder pour enquêter sur cette attaque au gaz présumée.

Lire aussi : Syrie : l’inéluctable riposte occidentale

La Russie a affirmé que l’arrivée des enquêteurs avait été retardée pour « problèmes de sécurité  », notamment en raison des routes devant être déminées. Elle a ensuite assuré que leur arrivée était prévue pour mercredi. La mission de l’OIAC « n’a pas encore été déployée àDouma  », a confirmé lundi àLa Haye le directeur de l’organisation, Ahmet Uzumcu, lors d’une réunion d’urgence des Etats membres du conseil exécutif.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a nié toute mauvaise volonté, qualifiant les informations faisant état d’une « entrave  » aux inspecteurs de l’OIAC de « sans fondement  » et soulignant que la Russie était dès le début « pour une enquête impartiale  ».
Travail compliqué

Les bombardements occidentaux ont été menés malgré la présence en Syrie des enquêteurs de l’OIAC qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Si ces experts ont pour mandat d’enquêter sur l’utilisation éventuelle d’armes chimiques, ils n’ont, en revanche, pas pour mission d’en identifier les auteurs.

Leur travail s’annonce compliqué, plus d’une semaine après les faits, dans une zone passée depuis sous le contrôle du régime syrien et de la police militaire russe. Les derniers combattants rebelles de Douma ont quitté, samedi, la ville en ruine dans le cadre d’un accord de reddition signé le 9 avril, deux jours après l’attaque présumée.

Les Etats-Unis soupçonnent par ailleurs la Russie d’avoir manipulé le site de Douma pour empêcher la découverte de preuves. « Les Russes pourraient avoir visité le site de l’attaque. Nous craignons qu’ils ne l’aient altéré dans l’intention de contrecarrer les efforts de la mission de l’OIAC pour mener une enquête efficace  », a déclaré l’ambassadeur américain auprès de l’organisation, Ken Ward. « Cela soulève de sérieuses questions sur la capacité de la mission d’enquête de faire son travail  », a-t-il ajouté.

Moscou, grand allié de Damas, s’est engagé à« ne pas s’ingérer  » dans le travail de la mission de l’OIAC, officiellement invitée par les autorités de Damas. Le régime syrien, quant àlui, nie que des armes chimiques aient été employées dans le drame de Douma, qui a fait au moins 40 morts et des centaines de blessés, selon les secouristes.

« Demander des comptes  »

Le Royaume-Uni a quant àlui exhorté l’OIAC à« demander des comptes aux auteurs de l’attaque  ». « Ne pas agir pour demander des comptes aux auteurs ne fera que créer le risque d’autres utilisations barbares d’armes chimiques, en Syrie et ailleurs  », a déclaré l’ambassadeur britannique àLa Haye Peter Wilson.

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée àla circulation pour l’occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales. Désormais, la priorité est le démantèlement total du programme chimique syrien, a déclaré l’ambassadeur français àLa Haye, Philippe Lalliot. « Les faits sont làet têtus. Ils résistent aux mensonges les plus grossiers et aux dénégations les plus absurdes  », a-t-il dit, affirmant qu’il n’y avait plus de doutes : « La Syrie a conservé un programme chimique clandestin depuis 2013.  »
Retrait de la Légion d’honneur

Cette année-là, après l’attaque au sarin de la Ghouta qui déjàavait fait plusieurs centaines de morts selon les Occidentaux, le régime de Bachar Al-Assad avait fini par rejoindre l’OIAC sous la pression internationale, et pris l’engagement formel de déclarer tous ses stocks et de ne plus jamais utiliser d’armes chimiques.

Paris a annoncé lundi avoir engagé la procédure de retrait de la Légion d’honneur, plus haute distinction française, qui avait été décernée àBachar Al-Assad.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté àl’ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie, visant selon l’ambassadeur français àl’ONU, François Delattre, à« relancer une action collective pour le Conseil de sécurité sur le dossier chimique, pour protéger la population civile et travailler sur un règlement politique de la crise syrienne  ».
Trois points de vue sur les frappes en Syrie

Après plusieurs jours de tergiversations, les Etats-Unis et leurs alliés français et britanniques sont entrés en action dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril, en bombardant plusieurs sites militaires et un centre de recherche soupçonnés d’héberger le programme chimique du régime, àDamas et près de Homs. Il s’agit d’une réponse directe àl’attaque chimique présumée récemment menée àDouma, ville de la Ghouta orientale, àl’est de la capitale syrienne.

Alors que le général Joe Dunford, chef d’état-major américain, a annoncé que les tirs étaient terminés et que le secrétaire américain àla défense, James Mattis, a souligné qu’il s’agissait de « frappes ponctuelles  », la Russie, l’Iran et le régime de Bachar Al-Assad ont dénoncé l’opération militaire des puissances occidentales.

Le Monde a demandé àtrois experts en relations internationales ou spécialistes du Proche-Orient de donner leur point de vue sur cette nouvelle séquence dans la guerre de Syrie, qui est entrée dans sa huitième année.

Gilles Dorronsoro : « Il devient urgent de sortir d’une logique purement réactive  »
Bertrand Badie : « Il est probable qu’Assad se sente conforté  »
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer : « Les frappes en Syrie sont-elles justifiées par la “responsabilité de protéger†?  »