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Suisse : Le terme islamophobe, jugement moral négatif, sert bien à faire taire la critique.

jeudi 3 mai 2018, par siawi3

Source : http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2018/04/30/tariq-ramadan-regrets-d-un-journaliste-291831.html
Le Temps de Genève

30 AVRIL 2018

Tariq Ramadan : regrets d’un journaliste

Alors que de nouveaux témoignages semblent affaiblir les accusations contre Tariq Ramadan, un journaliste fait son mea culpa. Il s’agit de Christophe Passer. Il a publié un article dans le Matin Dimanche d’hier sous le titre : « Tariq et nous ».

Ce mea culpa est exemplaire et à contre-courant de la majorité des médias. Le journaliste a l’honnêteté de confirmer le problème vécu par de nombreux journalistes :

« Or il nous trompait nous aussi. Éric Zemmour avait raison. Caroline Fourest avait raison. Jacques Neirynck ou Edwy Plenel avaient architort. Et nous étions nombreux à avoir tort, par conformisme médiatique, crainte d’être taxés d’islamophobie, ou peur d’être d’accord pour une fois avec Zemmour ou Fourest. »

Ne pas être taxés d’islamophobie… C’est cela, le problème des journalistes. Le biais médiatique est posé : critiquer TR c’est faire du Zemmour et devenir « islamophobe ». Pour cette raison Christophe Passer reconnaît avoir été « tenté de lui faire confiance (…). J’ai animé des débats avec lui, essayant de ne pas faire de polémique, lui permettant de présenter ses écrits. »

Ne pas être taxé de, oui. Sauf qu’il reconnaît avoir été mal à l’aise dès la première rencontre en voyant l’orateur saluer tous les hommes d’une tablée et seulement eux, les femmes n’ayant pas droit à cette attention. Aujourd’hui le journaliste s’interroge et termine ainsi son article :

« Son air méchant, son mépris des femmes, dès notre première rencontre : j’aurais dû écouter d’entrée ce ressenti, comme on dit aujourd’hui. J’ai eu tort. »

Fuite

J’ai de longue date, et souvent, fonctionné avec le ressenti. Bien avant que cela ne devienne à la mode. D’ailleurs, à contre-courant de la tendance actuelle, je relativise aujourd’hui l’importance de nos ressentis. Ils peuvent être conditionnés, et devraient être exprimés en situation, avec les personnes concernées. Ainsi chacun pourrait livrer son propre ressenti. Parfois cela éviterait des malentendus.

Le ressenti ne doit pas mis au-dessus des faits observables. Le seul fait observable, dans l’exemple donné par le journaliste, est que TR évitait de saluer les femmes. Christophe Passer s’était-il à ce point auto-censuré ? Regretterait-il de n’avoir rien dit, au moins sur ce sujet ?

À le lire on peut supposer que le terme islamophobe, jugement moral négatif, sert bien à faire taire la critique. Et cela marche un temps.

(Billet modifié)

Images : Scan de l’article en deux parties ; cliquer dessus pour agrandir.