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France : "Je n’ai pas pu le tuer... et j’ai regretté" : le récit d’Ayoub El-Khazzani, auteur de l’attentat du Thalys

mercredi 9 mai 2018, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/je-n-ai-pas-pu-le-tuer-et-j-ai-regrette-le-recit-d-ayoub-el-khazzani-auteur-de-l-attentat-du?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ==


Terrorisme
"Je n’ai pas pu le tuer... et j’ai regretté" : le récit d’Ayoub El-Khazzani, auteur de l’attentat du Thalys

Par Anna Breteau

Publié le 09/05/2018 à12:22

Ayoub El-Khazzani, auteur de l’attentat du Thalys d’aoà»t 2015, s’est expliqué auprès des enquêteurs en novembre dernier. Celui qui avait d’abord nié avoir voulu commettre un attentat assure désormais qu’il ne visait "que" les Américains mais qu’il n’a pas pu passer àl’acte.

Le 21 aoà»t 2015, Ayoub El-Khazzani, un Marocain âgé de 26 ans, monte àbord du Thalys reliant Amsterdam àParis, chargé, selon lui, d’une mission : tuer les Américains présents dans le train. Il tente d’abord de s’en prendre aux passagers, armé d’une kalachnikov et d’une arme de poing, avant d’être stoppé par deux passagers américains : Alek Skarlatos (militaire de réserve de la Garde Nationale américaine) et Spencer Stone (ambulancier de la US Air Force).

Selon le dossier d’instruction que France Inter a pu consulter, l’auteur de l’attentat manqué du Thalys s’est exprimé auprès des enquêteurs le 23 novembre dernier sur son renoncement : "Personnellement, j’ai pas pu tuer. J’avais deux armes avec moi. Intérieurement, j’étais détruit psychiquement, mais àla dernière minute, je n’ai pas pu".

"Très honnêtement, j’ai regretté de ne pas avoir tué"

Le Marocain, âgé de 28 ans aujourd’hui, avait fait un séjour en Syrie, où il aurait rencontré Abdelhamid Abaaoud, qui a coordonné les attentats du 13 novembre àParis. C’est également lui qui aurait chargé Ayoub El-Khazzani, àleur retour de Syrie àl’été 2015, de l’attaque. Rentrés ensemble àBruxelles, Abdelhamid Abaaoud aurait reçu les ordres de Daesh au mois d’aoà»t : "Il m’a dit que la cible était le Thalys où je devais attaquer des Américains", raconte le djihadiste en décembre 2016 lors d’un interrogatoire, sans préciser comment il pouvait savoir que des Américains seraient bel et bien présent dans ce train qui relie la France aux Pays-Bas. Il s’exécute. A bord du train, il explique, en novembre dernier : "À un moment, un Américain, un grand, m’a fixé, et il était loin de moi. Je l’ai vu de face et je n’ai pas pu le tuer".

Le récit qu’il fait aux enquêteurs raconte également son refus de porter une ceinture d’explosifs : "J’étais contre le fait de massacrer des gens", relate-t-il. Pourtant, les seuls regrets qu’il exprime sont ceux d’avoir manqué sa mission : "En garde àvue, très honnêtement, j’ai regretté de ne pas avoir tué, après avoir vu tout ce qui se passe en Syrie".

Neutralisé avant "un véritable carnage"

Ces explications tranchent avec le récit des témoins de l’attaque du Thalys, puisque Ayoub El-Khazzani n’aurait raté cet attentat que grâce aux tentatives répétées des passagers pour le désarmer. Au terme d’un face-à-face avec les deux Américains habitués aux situations d’urgence, le terroriste est neutralisé. Le procureur de la République, François Molins, avait alors confirmé cette version des faits lors d’une conférence de presse : il a été "neutralisé avant qu’il ne passe àl’acte et ne provoque un véritable carnage".

Dans un premier temps, Ayoub El-Khazzani avait nié la portée terroriste de son geste par la voix de ses avocats qui déclaraient : "Lui dit avoir voulu rançonner les passagers de ce Thalys et rien d’autre. Il nie toute dimension terroriste àson geste. Cela le ferait presque rigoler...". Très "surpris" par l’ampleur des évènements, il avait assuré "avoir trouvé ce fusil Kalachnikov, son pistolet Luger et un téléphone portable dans une valise, abandonnée dans un parc, près de la gare de Bruxelles en Belgique où il avait pris l’habitude de dormir". Des mensonges qui n’ont pas tenu longtemps face àl’enquête.

Alors que le dossier est toujours en cours d’instruction, le réalisateur américain Clint Eastwood a par ailleurs choisi de raconter cette histoire dans le film Le 15h17 pour Paris, sorti en février 2018.