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Qui est la première militante des droits de l’homme àrisquer la peine de mort en Arabie saoudite ?

vendredi 24 août 2018, par siawi3

Source : https://www.nouvelobs.com/monde/20180823.OBS1215/qui-est-la-premiere-militante-des-droits-de-l-homme-a-risquer-la-peine-de-mort-en-arabie-saoudite.html

Qui est la première militante des droits de l’homme àrisquer la peine de mort en Arabie saoudite ?

L’Arabie saoudite était le seul pays au monde qui interdisait aux femmes de conduire. (Fayes Nureldine / AFP)
L’activiste est connue pour "avoir participé àdes manifestations anti-gouvernementales". Elle risque la peine de mort par décapitation.

Par L’Obs
Publié le 23 aoà»t 2018 à16h57

Elle a seulement 29 ans et elle pourrait bien être la première femme saoudienne àêtre décapitée pour ses activités en faveur des droits de l’homme. Le procureur du tribunal antiterroriste saoudien a en effet requis la peine de mort contre Israa al-Ghomgham, une activiste de renom connue pour "avoir participé àdes manifestations antigouvernementales", assure dans un communiqué Amnesty international.

Elle n’est pas la seule àencourir la peine capitale, quatre autres militants des droits de l’homme sont jugés en même temps qu’elle, accusés comme elle d’avoir incité àla contestation au sein de la minorité musulmane chiite dans une région stratégique de l’est du pays riche en pétrole. L’Arabie saoudite est dirigée par une dynastie sunnite.

"Condamner Israa al-Ghomgham àla peine de mort enverrait le message horrible que tous les militants peuvent être ciblés de la même manière pour leur manifestation pacifique et leur activisme en faveur des droits de l’homme", s’indigne Samah Hadid, la directrice de campagne pour le Moyen-Orient chez Amesnty International. ""Toute exécution est effroyable mais demander la peine de mort pour des militants comme Israa al-Ghomgham qui ne sont même pas accusés de comportement violent est monstrueux", estime de son côté la directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Sarah Leah Whitson."

La militante s’est fait connaître en 2011, au lendemain du "printemps arabe" : "Elle organisait des manifestations [et elle] s’occupait de faire campagne pour plus de droits sur les réseaux sociaux", explique à"Libération" Ali Adubisi, directeur de l’Organisation européenne saoudienne de défense des droits de l’homme (ESOHR).

En prison depuis 2015

Israa al-Ghomgham documentait notamment les manifestations antigouvernementales dans la province orientale du Qatif, où se concentre la majeure partie de la minorité chiite du pays. Ces manifestations étaient bien sà»r interdites puisque le mouvement de contestation "accusait la monarchie absolue sunnite de discrimination antichiite", comme le rappelle "Courrier international". Israa al-Ghomgham était-elle d’ailleurs chiite ? "Le directeur de l’ESOHR préfère la qualifier de simple militante pour les droits de l’homme en Arabie saoudite, ’car elle se bat pour les droits de tous’", explique "Libération".

Ses convictions l’ont en tout cas amenée en prison. Selon l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, la police saoudienne l’a arrêtée avec son mari, Moussa al-Hachem, en décembre 2015. Depuis, la militante ne serait pas sortie de prison et n’aurait pas accès àun avocat, souligne "Courrier international". Les accusations portées contre Israa al-Ghomgham sont pour Samah Hadid inconcevables et "concernent principalement sa participation pacifique àdes manifestations", des accusations "clairement motivées par des considérations politiques pour faire taire la dissidence dans la province orientale de l’Arabie saoudite".
Un autre procès le 28 octobre

Pour appuyer ses dires, Amnesty a pu se procurer des documents judiciaires. En plus de sa participation àdes mouvements de contestation antigouvernementaux, Israa est accusée d’avoir fourni "un soutien moral aux émeutiers en participant aux funérailles des manifestants tués lors des affrontements avec les forces de sécurité", d’avoir commis "une falsification en utilisant la photo d’identité d’une autre femme sur son compte Facebook", et d’avoir "violé l’article 6 de la loi anticybercriminalité" en préconisant des manifestations et en partageant des photos et des vidéos de ces événements sur Facebook.

Amnesty appelle "les autorités saoudiennes àabandonner immédiatement ces plans".

La sentence pour les 5 militants des droits de l’homme devrait tomber le 28 octobre 2018. Si le tribunal suit la réquisition du procureur, c’est le roi Salman qui aura ensuite leur destin entre les mains.

L.L.F.