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Le Pape sur l’homosexualité et la psychiatrie

lundi 27 août 2018, par siawi3

Source : http://www.europe1.fr/international/homosexualite-et-psychiatrie-pourquoi-les-propos-du-pape-francois-sont-troublants-3740948

Homosexualité et psychiatrie : pourquoi les propos du pape François sont « troublants »

09h32, le 27 août 2018, modifié à 10h22, le 27 août 2018

En incitant les parents d’enfants homosexuels à recourir à la psychiatrie, le pape François a semblé faire un pas en arrière sur sa vision du sujet.

ON DÉCRYPTE

C’est une petite phrase qui fait tache. Dans l’avion qui le ramenait d’Irlande, où il a exprimé sa honte et ses regrets pour les victimes de pédophilie au sein de l’Église, le pape François s’est exprimé sur l’homosexualité, sujet toujours sensible au Vatican. Et au moment d’évoquer le cas des enfants, le pape a recommandé le recours à la psychiatrie. « Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans », a lâché le souverain pontife. Une remarque qui intervient dans un contexte particulier alors que l’Église tangue face aux multiples affaires de pédophilie.

Dans quel contexte le pape a-t-il tenu ces propos ?

Le pape François s’est exprimé dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’avion qui le ramenait d’Irlande à Rome. Un cadre qui n’a rien d’anodin : depuis son élection, le souverain pontife a pris pour habitude de tenir des conférences de presse dans les airs, devant les dizaines de journalistes du monde entier qui l’accompagnent dans ses déplacements. Des séances de questions-réponses au cours desquelles le souverain pontife adopte en général un ton plus libre que lors de ses prises de parole officielles.

« Le pape n’a pas connaissance des sujets à l’avance », explique Virginie Riva, ancienne correspondante d’Europe 1 à Rome. Résultat, « il a tendance à faire des déclarations longues et imprécises », précise-t-elle. « Le meilleur du pape François n’est pas dans les conférences de presse en avion. » Ce qui n’empêche pas Jorge Bergoglio d’avoir, à chaque fois, en tête l’exemple de Benoît XVI : en 2009, son prédécesseur, s’était exprimé dans les airs sur le sida, affirmant que le préservatif « accroît » le problème au lieu de le résoudre et créant ainsi une vive polémique.

Quelle est la position de François sur l’homosexualité ?

Jusqu’ici, Jorge Bergoglio avait étonné au sein de l’Église catholique par ses propos bien plus progressistes sur la question de l’homosexualité. Dans les mois qui ont suivi son élection en 2013, le souverain pontife avait fait, déjà dans l’avion, une déclaration détonante. « Si une personne est gay et qu’elle cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? », avait lâché le pape François. « Le catéchisme de l’Église catholique dit très bien qu’on ne doit pas marginaliser les homosexuels. Ils sont nos frères », avait-il ajouté.

Une position que le pape avait résumée ainsi quelques semaines plus tard : « l’ingérence spirituelle dans la vie des personnes n’est pas possible ». Comprendre donc que l’homosexualité n’est pas approuvée par le Vatican, loin de là, mais que l’Église n’a pas à interférer dans la vie des personnes homosexuelles. Toutefois, en 2015, Jorge Bergoglio avait soutenu les maires refusant de célébrer les mariages gays en estimant que le droit d’objection de conscience était un « droit humain ». Ce que le droit français et européen ne reconnaît pas.

Pourquoi une telle déclaration et pourquoi maintenant ?

Le pape François ne pouvait ignorer la portée de ses propos sur l’homosexualité. Or, le timing n’est pas anodin, alors que le souverain pontife est très critiqué pour sa gestion de la pédophilie au sein de l’Église. « Tout son pontificat repose sur son fameux ’Qui suis-je pour juger ?’. Ses nouveaux propos sont troublants. Ils reflètent clairement la vision du Vatican sur les causes de l’homosexualité », souligne Virginie Riva, également auteure d’une biographie de François, Ce pape qui dérange (2017). « On a du mal à imaginer qu’il ne donne pas, là, des gages à une certaine frange de l’Église. Au moment où sa position est fragilisée (un cardinal a récemment demandé sa démission dans une lettre de onze pages), les déclarations de François sont très politiques », ajoute-t-elle.

A noter que, si c’est sa sortie sur les enfants qui est très commentée, le pape François a également fait preuve d’ouverture vis-à-vis de l’homosexualité. Aux parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant, « je dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille », a déclaré Jorge Bergoglio, dimanche soir dans l’avion. « Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité », a-t-il ajouté.

Quel est le dogme de l’Église catholique sur l’homosexualité ?

Ces récents propos du pape collent en tout cas au plus près de la doctrine officielle, toujours très traditionnel en ce qui concerne l’homosexualité. Le catéchisme de l’Église catholique, revu pour la dernière fois en 2005, traite en effet de cette question dans sa troisième partie, dans la deuxième question, sous forme d’interprétation du sixième commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère ». « Les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés », note le texte.

« Ces actes sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas », est-il écrit. Cette position officielle est encore très majoritaire au sein de l’Église catholique. « Les précédentes déclarations du pape sur l’homosexualité sont plutôt isolées. Son ’Qui suis-je pour juger ?’ est très mal passé dans les milieux traditionnels », rappelle la journaliste d’Europe 1 Virginie Riva.

Que disaient les papes précédents ?

Benoît XVI, le prédécesseur de François au Vatican, avait imposé pendant son pontificat une ligne clairement traditionnelle. Joseph Ratzinger appelait à éviter les « discriminations injustes » mais avait mis en place des mesures de contrôle renforcées pour déceler les tendances homosexuelles parmi les séminaristes.

Une ligne qui était également celle de Jean-Paul II qui, s’il reconnaissait la dignité et les droits des personnes homosexuelles, regrettait la pression sociale et politique pour la légalisation du mariage gay. « Il est légitime et nécessaire de se demander s’il ne s’agit peut-être pas d’une composante d’une nouvelle idéologie du Mal, peut-être plus insidieuse et plus secrète, qui tente d’opposer les droits humains à la famille et à l’homme », avait soutenu le souverain pontife polonais en 2005, dans son livre Mémoire et identité.

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Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/08/27/01016-20180827ARTFIG00055-homosexualite-pour-le-pape-francois-il-y-a-beaucoup-de-choses-a-faire-par-la-psychiatrie.php

Video ici

Homosexualité : pour le pape François, « il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie »

Par Journaliste Figaro Jean-Marie Guénois

Mis à jour le 27/08/2018 à 11:49 Publié le 27/08/2018 à 09:53

Homosexualité : les propos du pape François de retour d’Irlande
VIDÉO ici 1:01

- S’adressant aux journalistes dans l’avion du retour d’Irlande, le pape François a également reconnu avoir lu la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano qui l’accuse d’avoir eu connaissance dès 2013 des agissements du cardinal Theodore McCarrick, sanctionné pour abus sexuels en juillet par le Vatican. Mais il a refusé de confirmer quoi que ce soit de son contenu.

L’affaire de la pédophilie dans l’Eglise n’a pas fini de rebondir. Le tout dans une bataille médiatique où l’opinion publique est directement prise à témoin. Et où le pape François n’hésite pas à monter en première ligne comme il l’a démontré, dimanche soir, lors de la conférence de presse qu’il a donnée dans l’avion qui le ramenait d’Irlande vers Rome.

 » LIRE AUSSI - États-Unis : les catholiques sous le choc après les révélations sur les prêtres pédophiles

Le point central de cette rencontre du Pape avec les journalistes - habituelle au retour de chaque voyage apostolique - a été les allégations portées par l’ancien nonce aux Etats-Unis, l’italien, Mgr Carlo Maria Vigano, 77 ans, dans une lettre ouverte de 11 pages publiée le 25 août, demandant la démission de François.

Notamment parce que le Pape aurait été « informé » dès son élection sur le siège de Pierre en 2013 - par Vigano lui-même - des mœurs homosexuelles avec des séminaristes dont il aurait contraint certains, de l’ancien archevêque de Washington, le cardinal Theodore McCarrick. Un prélat aujourd’hui âgé de 88 ans, également visé par des affaires pédophiles, à qui François a retiré, en juillet dernier, sous la pression médiatique, son titre de cardinal en lui imposant une vie de pénitence. Mais dont il aurait fait, jusque-là, l’un de ses principaux conseillers, notamment pour la nomination des évêques aux Etats-Unis, selon la lettre de Vigano. Mgr McCarrick qui, de plus, aurait toujours refusé d’obéir et d’obtempérer à la mise à pied que Benoît XVI aurait exigé de lui, selon Mgr Vigano, dès qu’il avait appris ces affaires de moeurs en 2009.

Pas de confirmation

À cet ensemble de questions - et de lourdes accusations mettant en cause la crédibilité de François dans le contexte de lutte de l’Eglise contre la pédophilie - le Pape a choisi de repousser la balle en deux directions : s’il a reconnu avoir lu la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, il a refusé de confirmer quoi que ce soit de son contenu, laissant simplement entendre, sans dire sur quel point, que ce document comportait des faiblesses en lui-même et qu’il était donc à priori suspect.

 » LIRE AUSSI - Prêtres pédophiles en Pennsylvanie : le Vatican exprime sa « honte »

Second retour de volée, François a pris à parti les journalistes, leur suggérant de faire leur travail pour se rendre compte, eux-même, de la réalité et les provoquant sur leur maturité professionnelle.

Voici la réponse, mot à mot, du Pape à ce sujet : « J’ai lu ce matin ce communiqué [la lettre ouverte de Mgr Carlo Maria Vigano, ndlr.], je l’ai lu et je dirais sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d’entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même. »

Puis : « vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C’est un acte de confiance. Quand passera un peu le temps - et vous avez les conclusions - peut-être, je parlerai mais j’aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travaille. Cela vous fera vraiment du bien. » Ajoutant : « j’attends votre commentaire sur le document, cela me plairait. Merci. »

Relancé alors sur la question de savoir quand il a été informé des accusations contre le cardinal McCarrick, et donc, s’il savait, oui ou non, François a rétorqué : « Ceci fait partie du communiqué de McCarrick. Etudiez et puis je dirai. »

Le tribunal spécial « pas viable »

L’autre nouveauté de cette conférence de presse a porté sur le fonctionnement effectif de la justice interne de l’Eglise à l’encontre des évêques qui auraient couvert des actes pédophiles. Le pape François a en effet décidé en 2016 de créer une sorte de tribunal spécial au Vatican pour juger de ces cas, mais, à ce jour, aucun évêque ne semble avoir été jugé. En Irlande, il a rencontré Marie Collins, une victime de prêtre pédophile, qui fut membre de la commission internationale de lutte contre la pédophilie que le Pape avait monté mais qui en a démissionné pour protester contre l’inaction et le manque de décisions concrètes.

Voici qu’elle a été la réponse du Pape : « Marie Collins est un peu fixée sur l’idée d’un tribunal spécial pour les évêques. J’estime beaucoup Marie Collins. Plusieurs fois, je l’ai invitée au Vatican pour des conférences. Elle est fixée sur l’idée exprimée dans Comme une mère aimante [titre du Motu proprio, un décret d’application, du 4 juin 2016 pourtant signé par le Pape qui institue précisément ce tribunal pour évêque ayant couvert des prêtres pédophiles, ndlr.] où l’on dit que, pour juger les évêques, il serait bien que l’on fasse un tribunal spécial. Mais on a vu ensuite que ce tribunal n’était pas viable, ni pratique, en raison des différentes cultures des évêques qui doivent être jugés. On a toutefois suivi la recommandation de Comme une mère aimante et on a fait un jury pour chaque évêque. Mais il est différent pour chaque cas. Pour chaque évêque qui doit être jugé, le Pape forme le jury qui soit le plus à même de juger ce cas. Ce qui fonctionne mieux, car il n’est pas possible de demander à tant d’évêques de quitter leurs diocèses. Ainsi, le tribunal, le jury change : voilà comment nous avons fait jusqu’à présent et les évêques sont jugés par leurs pairs. »

Après avoir donc dit que le tribunal mis en place par son décret s’était transformé en un jury d’évêques, renouvelés à chaque cas, le Pape a rendu compte d’un jugement en cours, en expliquant qu’il était, en fait, le seul à juger en définitive : « Le dernier en date est le cas de l’archevêque de Guam [Mgr Mgr Anthony Apuron, accusé de pédophilie, ndlr], qui a fait appel. Et j’ai décidé, parce que c’est un cas très, très difficile, d’user d’un privilège que j’ai de prendre directement l’appel sur moi, et de ne pas l’envoyer au conseil d’appel. J’ai formé une commission de canonistes qui m’aident et m’ont dit que, d’ici un mois au maximum, arrivera la recommandation pour que moi-même, je prononce le jugement. C’est un cas compliqué mais pas difficile parce que les preuves sont très claires. Mais je ne peux pas préjuger. Donc, d’abord le rapport de la commission, puis je jugerai. Je dis que les preuves sont claires parce que ces preuves sont celles qui ont été apportées au premier tribunal qui l’a condamné. »

Pédophilie : le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Église
La visite du pape François en Irlande intervient alors que le scandale sur les prêtre pédophiles rage et que de nouveaux faits ont été révélés en Amérique. Le premier ministre irlandais a adressé le sujet juste avant une prise de parole du pape.

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Pédophilie : le pape évoque sa « honte » face à « l’échec » de l’Église - Regarder sur Figaro Live

« On ne doit pas couvrir ces choses-là »

Continuant sur la gestion des affaires de pédophilie et à une question sur les conseils à donner à des parents pris par de telles affaires, François a commencé par mettre en cause les parents d’enfants victimes de pédophiles parce qu’ils n’auraient pas pris leur responsabilité et qu’ils n’auraient pas suffisamment écouté leurs enfants : « Quand on voit quelque chose, il faut le dire tout de suite. Je veux dire ici une chose aussi un peu vilaine : tant de fois ce sont les parents aussi qui couvrent les prêtres qui abusent. Ils ne croient pas, ils se persuadent que ce n’est pas vrai. Et le garçon ou la fille reste comme ça… »

Et de poursuivre : « J’ai pour méthode chaque semaine de recevoir une ou deux victimes. J’ai reçu une femme qui, depuis 40 années, souffrait de cette plaie du silence parce que les parents ne l’ont pas crue, elle a été agressée à 8 ans. Parler, c’est important. C’est vrai que, pour une mère, voir ça… Ce serait mieux si cela n’existait pas. Parler et parler avec les personnes justes, parler avec ceux qui peuvent lancer un jugement, un jugement préliminaire. Parler avec le juge, parler avec l’évêque, avec le prêtre, s’il est bon. Voilà d’abord ce que peut faire le peuple de Dieu. On ne doit pas couvrir ces choses-là. »

Et cette conclusion « Une psychiatre me disait - mais je ne veux pas que ce soit une offense faite aux femmes -, les femmes, par sens maternel, sont plus susceptibles que les hommes, de couvrir ces choses de l’enfant. Mais je ne sais pas si c’est vrai. Je le dis comme cela, mais l’important c’est… de parler. »

« Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. »


Le pape François

Interrogé ensuite sur la réaction que des parents devraient avoir en apprenant que leur enfant est homosexuel, François a répondu : « Il y a toujours eu des homosexuels et des personnes avec des tendances homosexuelles. Toujours. Les sociologues disent - je ne sais pas si c’est vrai - que lors de périodes de changement d’époque, certains phénomènes sociaux et éthiques croissent dont celui-là. C’est une opinion de certains sociologues. Mais la question est claire : qu’est-ce que je dirais à un papa qui verrait que son fils ou sa fille a cette tendance ? Je lui dirais premièrement de prier, ne pas condamner, de dialoguer, de comprendre, de donner une place au fils ou à la fille, de donner une place pour qu’il s’exprime. Et puis, je regarderais à quel âge se manifeste cette inquiétude de son fils ? C’est important. Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a alors beaucoup de choses à faire par la psychiatrie pour voir comment les choses se présentent. La situation est différente quand cela se manifeste après vingt ans. Mais je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. Tu es mon fils. Tu es ma fille. Comme tu es. Je suis ton père ou ta mère : parlons ! Et si vous, père et mère, vous ne comprenez pas, demandez de l’aide. Mais toujours dans le dialogue. Parce que ce fils ou cette fille a droit à une famille. Et sa famille qui est-elle ? Ne le chassez pas de la famille. C’est un défi sérieux fait à la paternité et à la maternité. »

Interrogé également sur la pétition lancée par un prêtre demandant la démission du cardinal Barbarin, le pape François a répondu : « S’il y a des suspicions ou des preuves ou des demi-preuves, je ne vois rien de méchant à mener une enquête. À condition qu’elle se fasse sur le principe juridique fondamental « nemo malus nisi probetur » : personne n’est mauvais jusqu’à ce qu’on le prouve. Tant de fois, il y a la tentation, non pas seulement de mener l’enquête mais de publier une enquête et dire que tel ou tel est coupable. Certains médias commencent ainsi à créer une atmosphère de culpabilité. »

« Votre travail est très délicat. Vous devez accompagner, vous devez dire les choses, mais toujours avec la présomption légale d’innocence et pas la présomption légale de culpabilité. »

Le Pape François aux journalistes

Le pape François a alors cité le cas de Grenade en Espagne où des prêtres ont été injustement accusés, mis au ban, puis réhabilités : « Il y a trois ans, à Grenade le cas de prêtres, soi-disant pédophiles, a été lancé. Sept, huit, dix prêtres ont été accusés d’abus sur mineurs et aussi de faire des fêtes, des orgies, toutes ces choses… L’accusation je l’ai reçue, moi, directement. Une lettre d’un jeune de 23 ans qui disait avoir été abusé, il citait le nom et tout. Il travaillait dans un collège religieux de grand prestige, la lettre était parfaite. Il me demandait quoi faire pour dénoncer cela. Je lui ai dit : ‘va chez l’archevêque et lui sait ce qu’il doit faire’. L’archevêque a fait ce qu’il devait faire et le dossier est arrivé au tribunal civil. Il y a eu deux procès civils. Les médias locaux commencèrent à parler de prêtres pédophiles… On a ainsi créé la conscience que ces prêtres étaient des criminels. Sept ont été interrogés et ils n’ont rien trouvé. Sur trois autres, les enquêtes se sont poursuivies.

Pendant plus de trois ans, ils ont souffert de la haine, les gifles, de tout le peuple : “criminels !” Ils ne pouvaient pas sortir… et ils ont souffert des humiliations du jury pour apporter la preuve des accusations du garçon que je n’ose pas répéter ici. Après plus de trois ans, le juré déclara innocents les prêtres mais surtout ces trois là, les autres étaient tirés d’affaire. Les juges ont déclaré coupables les dénonciateurs parce qu’ils avaient compris que ce jeune avait de l’imagination, était une personne intelligente. Il travaillait dans ce collège de prestige et donnait l’impression de dire la vérité. Il a été condamné à payer les frais de justice. Ces hommes ont été condamnés par les médias locaux avant la justice. »

 » LIRE AUSSI - Accusé d’abus sexuels, le cardinal américain McCarrick démissionne

François a conclu en donnant ce conseil à la presse : « Votre travail est très délicat. Vous devez accompagner, vous devez dire les choses, mais toujours avec la présomption légale d’innocence et pas la présomption légale de culpabilité. Il y a une différence entre l’informateur qui informe et l’enquêteur qui fait le Sherlock Holmes qui part avec la présomption de culpabilité. Quand on lit la technique d’Hercule Poirot, pour lui, tout le monde était coupable ! Mais ça, c’est le métier technique de l’enquêteur […]. Ceux qui informent doivent toujours partir de la présomption d’innocence, exprimer leurs doutes mais sans jamais condamner. Cet exemple de Grenade doit servir à tous. »

Abus de religieux : manifestations à Dublin lors de la venue du pape - Regarder sur Figaro Live
Video ici : 3.09

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Source : http://www.liberation.fr/direct/element/enfants-homosexuels-les-associations-lgbt-denoncent-des-propos-irresponsables-du-pape_86447/ <http://www.liberation.fr/direct/ele...>

27.08.18
11:05

Enfants homosexuels : les associations LGBT dénoncent des propos « irresponsables » du pape
Polémique.

Les associations de défense des droits LGBT en France (lesbiennes, gays, bi, trans) ont dénoncé lundi les propos « irresponsables » tenus dimanche par le pape François préconisant le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent les orientations homosexuelles de leurs enfants.

« Nous condamnons ces propos qui renvoient à l’idée que l’homosexualité est une maladie. Or, s’il y a une maladie, c’est cette homophobie ancrée dans la société qui persécute les personnes LGBT », a réagi auprès de l’AFP Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT. Ces paroles sont « choquantes car elles ciblent les enfants », a-t-elle poursuivi, rappelant que « des études ont démontré que le risque de suicide était plus élevé que la moyenne chez les jeunes LGBT ».

« Graves et irresponsables », ces propos « incitent à la haine des personnes LGBT dans nos sociétés déjà marquées par des niveaux élevés d’homophobie et de transphobie », a réagi de son côté SOS Homophobie sur Twitter. « J’aimerais que le pape François n’utilise pas les homosexuels pour qu’on cesse de parler des prêtres pédophiles », a pour sa part commenté Catherine Michaud, présidente de GayLib, mouvement LGBT de centre droit.

« Il est très étonnant d’entendre régulièrement des conseils et des jugements moraux de l’Eglise » au sein de laquelle « certaines personnes sont incapables de dénoncer des actes pédocriminels commis par des prêtres, qui devraient être les premiers à bénéficier de soins psychiatriques », a dénoncé dans un communiqué l’Association des familles homoparentales (ADFH).

Nous condamnons fermement les propos du Pape sur l’homosexualité. Ils incitent à la haine des personnes #LGBT dans nos sociétés déjà marquées par des niveaux élevés d’#homophobie et de #transphobie. Ces propos sont graves et irresponsables. ow.ly/MH4q30lz3Ay

27.08.18 SOS homophobie. @SOShomophobie