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Allemagne : rassemblement d’extrême droite et « chasse  » aux étrangers

mardi 28 août 2018, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/08/27/allemagne-nouveau-rassemblement-de-l-extreme-droite-apres-une-chasse-aux-etrangers_5346810_3214.html

Allemagne : rassemblement d’extrême droite et « chasse  » aux étrangers

Près de 2 000 personnes se sont rassemblées. Cette manifestation intervient au lendemain d’une « chasse collective  » aux immigrés dans la ville de Chemnitz.

LE MONDE | 27.08.2018 à21h44 • Mis àjour le 28.08.2018 à08h03

Des pancartes « Stop àla marée des demandeurs d’asile  », lors de la manifestation d’extrême droite, àChemnitz (Allemagne), le 27 aoà»t.

Des milliers de sympathisants d’extrême droite se sont rassemblés, lundi 27 aoà»t, dans la soirée, àChemnitz (Allemagne) sous haute tension. Cette manifestation intervient au lendemain d’une « chasse collective  » aux immigrés dans cette ville de l’ex-République démocratique allemande (RDA), dénoncée avec véhémence par la chancelière Angela Merkel.

La police a refusé de fournir une estimation du nombre de manifestants, mais les télévisions sur place ont parlé d’au moins 2 000 personnes. La police de Saxe a fait état « de quelques personnes blessées  » àla suite de « jets d’articles pyrotechniques et autres objets  » par des personnes au visage dissmulé, d’autres faisant le salut hitlérien. Mais elle a assuré que la situation était « sous contrôle  ».

« Défendre l’Europe  »

Dans cette cité de Saxe, région où l’extrême droite et les néo-nazis sont fortement implantés, les protestataires se sont retrouvés devant un immense buste de Karl Marx – Chemniz fut rebaptisée Karl-Marx-Stadt durant la période communiste – et sous une forte escorte policière après de violents incidents dimanche.

Les forces de l’ordre, déployées en masse avec notamment des canons àeau, ont maintenu àdistance un cortège de l’extrême gauche qui tentait de s’approcher du rassemblement d’extrême droite.

« Merkel doit partir  », scandaient certains manifestants, arborant des drapeaux allemands, du parti d’extrême droite AfD (Alternative für Deutschland), et des pancartes telles que : « Arrêter le flot de demandeurs d’asile  » ou « Défendre l’Europe !  »

Mot d’ordre de ce rassemblement organisé par le mouvement Pegida : exiger que le gouvernement garantisse « la sécurité de ses citoyens  » après le meurtre d’un Allemand de 35 ans vraisemblablement commis par deux jeunes étrangers, un Syrien et un Irakien.

« Dehors les étrangers criminels  » sur une banderole lors de la manifestation d’extrême droite àChemnitz (Allemagne), le 27 aoà»t.

Appels sur les réseaux sociaux

Quelque 800 personnes, dont une cinquantaine prêtes àen découdre avec la police, s’étaient rassemblées dimanche àla suite d’appels en ce sens sur les réseaux sociaux, selon Sonja Penzel, qui dirige la police de la ville. Ces sympathisants d’extrême droite avaient « attaqué àcoups de jets de bouteilles et de pierres  » des policiers qui ont dà» faire usage de gaz lacrymogènes, selon Mme Penzel.

Ils avaient également lancé dans les rues des « chasses collectives  » contre des étrangers que la chancelière a dénoncées promptement. Ces événements « n’ont pas leur place dans notre Etat de droit  », a affirmé son porte-parole, Steffen Seibert.

« Il est important pour le gouvernement, pour tous les élus démocrates et, je pense, pour une large majorité de la population de dire clairement que de tels attroupements illégaux et chasses collectives visant des gens d’apparence ou d’origine différente, ou encore les tentatives de semer la haine dans les rues, n’ont pas leur place dans notre pays.  »

Tensions ravivées

Cette affaire a ravivé les tensions autour de la question migratoire en Allemagne, quasi permanentes depuis trois ans et l’arrivée de plus d’un million de réfugiés. En Saxe, région qui ne compte que 4,4 % d’étrangers au sein de sa population, la communauté turque a dénoncé « des tentatives de pogrom  ».

Cette affaire survient dans un contexte politique tendu pour la chancelière Angela Merkel. Elle se voit régulièrement accusée par ses détracteurs et le président américain, Donald Trump, d’avoir contribué àla hausse de la criminalité en Allemagne en ouvrant les portes du pays aux migrants.

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Voir aussi :

Source : https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/08/22/ian-brossat-si-l-extreme-droite-la-plus-xenophobe-progresse-partout-en-europe-a-qui-la-faute_5345074_3232.html

Ian Brossat : « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, àqui la faute ?  »

Dans une tribune au « Monde  », Ian Brossat, le chef de file du Parti communiste français aux européennes, dénonce le discours de l’Elysée qui réduit ce scrutin àun choix entre « progressistes  » et nationalistes d’extrême droite.

LE MONDE | 22.08.2018 à16h00 | Par Ian Brossat (Chef de file du PCF aux élections européennes)

Tribune. Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes  » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.

En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes.  » Dans un entretien accordé au Monde le 20 aoà»t, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi.  » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.
Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union

D’abord, elle offre en cadeau àl’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas àl’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?

Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos àla démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme  » et du « repli nationaliste  ».
Le logiciel macroniste quelque peu marqué par le simplisme

Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, àqui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa...

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