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La France multiplie les courbettes àl’Eglise

vendredi 7 septembre 2018, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/france-culture-quand-le-service-public-diffuse-une-messe-catholique-integriste-sur-les-lgbt

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France Culture : quand le service public diffuse une messe catholique intégriste sur les LGBT et contre Simone Veil

Par Hadrien Mathoux

Publié le 18/07/2018 à11:40

Ce dimanche 15 juillet, la radio de service public a livré son antenne pendant près d’une heure àMgr Jean-Pierre Cattenoz, qui multiplie de longue date des positions réactionnaires sur les sujets de société. Pendant son homélie, l’archevêque d’Avignon s’en est pris au mariage pour tous mais également àl’avortement, de façon très violente.

La tradition peut sembler incongrue dans une République laïque : tous les dimanches, de 10h05 à11h00, la radio publique France Culture diffuse en direct une messe chrétienne. Interrogée sur le sujet en 2015, la directrice de la station Sandrine Treiner avait répondu que l’obligation était inscrite dans le cahier des charges de la radio, arguant que ces émissions étaient "conçues pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer". Ajoutant néanmoins : "Le débat religieux fait partie de la culture et sur France Culture, il y a de la place pour tout ce qui fait la culture".

Difficile, àpremière vue, de déceler en quoi la messe retransmise ce dimanche 15 juillet "fait la culture" : pendant une heure, la station publique a laissé la parole àMgr Jean-Pierre Cattenoz, l’archevêque d’Avignon. Depuis sa cathédrale Notre-Dame des Doms, celui-ci a développé un discours intégriste, hostile au mariage pour tous mais également àl’avortement et ce, de façon très virulente. La séquence a été repérée et relayée par un auditeur vigilant de la radio, qui a adopté le pseudonyme "L’incroyant" sur les réseaux sociaux.

Au cours de cette messe, le prêtre catholique donne d’abord son avis concernant la communauté LGBT : "Je n’ai jamais rencontré de L, de G, de B, de T et, paraît-il maintenant, de Q. Je ne connais et ne vois que des personnes humaines avec toute la richesse de leur féminité et de leur masculinité, inscrite dans leur chair et jusque dans leur être le plus profond". L’archevêque d’Avignon, qui s’émerveille "devant la complémentarité de l’homme et de la femme", concède que "le mariage pour tous peut bien exister" mais que "ce ne sera jamais qu’une amitié, aussi belle soit-elle".

Je vous avoue que j’ai pleuré il y a quelques semaines en voyant conduire au panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement.
Mgr Jean-Pierre CattenozArchevêque d’Avignon

Les auditeurs de France Culture ont ensuite eu droit aux vues du prédicateur concernant diverses autres évolutions sociétales… "Devant ces incohérences, notre société n’est pas àcourt d’idées : l’avortement, le suicide assisté, la PMA, la GPA, l’eugénisme… Tout devient possible, au nom d’un principe devenu premier depuis les années 68 : ’Il est interdit d’interdire’… On a bien le droit… On a tous les droits… Mon plaisir est mon droit…". Mais c’est concernant l’avortement que le religieux va réellement basculer dans l’outrance intégriste.

Mgr Jean-Pierre Cattenoz cite sur ce sujet deux figures emblématiques du catholicisme : l’ancien pape Jean-Paul II et Mère Teresa. Du premier, il relaie la phrase suivante : "L’avortement est le crime le plus abominable qui soit car la victime n’a même pas la possibilité de crier sa propre souffrance". Et de la seconde : "L’avortement est une réalité abominable car une mère tue son propre enfant". Difficile d’être plus clair… L’archevêque complète ensuite ces références d’une petite touche personnelle : "Je vous avoue que j’ai pleuré il y a quelques semaines en voyant conduire au panthéon de la République le corps de celle qui a permis la légalisation de l’avortement", lâche-t-il, au sujet de l’entrée au Panthéon de Simone Veil après sa mort. Comble de l’outrance, il enchaîne alors en comparant l’IVG et... la Shoah, dont avait été victime Simone Veil : "Au siècle dernier, et je cite toujours le pape François, tout le monde était scandalisé par ce que faisaient les nazis pour entretenir la pureté de la race. Aujourd’hui, nous faisons la même chose mais avec des gants blancs".

Des positions réactionnaires affirmées de longue date

Est-il normal que les auditeurs d’une radio de service public soient abreuvés de ce type de propos un dimanche matin ? Les programmateurs de France Culture pourraient arguer que la messe étant diffusée en direct, il était impossible de connaître l’homélie du prêtre àl’avance. Cependant, une petite recherche en amont sur le profil de Mgr Jean-Pierre Cattenoz aurait été éclairante… Figure religieuse influente dans le Vaucluse, l’archevêque d’Avignon est connu pour ses positions réactionnaires. En 2007, il adressait une lettre ouverte aux candidats àl’élection présidentielle, dans laquelle il appelait à"distinguer l’homosexualité comme fait privé et l’homosexualité comme relation sociale prévue et approuvée par la loi". Pour justifier son opposition au mariage pour tous, il écrivait : "Le respect envers les personnes homosexuelles ne saurait en aucune manière conduire àl’approbation du comportement homosexuel ou àla reconnaissance juridique des unions homosexuelles". Ses recommandations concernant l’IVG étaient du même tonneau : "L’avortement devrait être considéré comme atteignant la dignité de la personne ànaître", considérait Cattenoz, arguant que si la pratique était inscrite dans la loi, l’IVG n’en "demeur[ait] pas moins immoral au regard de l’Évangile et de l’Évangile de la vie".

L’homme d’Eglise a tenu des propos plus radicaux encore en 2002, lorsqu’il a répondu aux questions de l’hebdomadaire France catholique : Mgr Cattenoz voyait alors dans le Pacs "le retour en force de l’homosexualité, érigée en modèle de société". Or, d’après ce catholique traditionaliste, "l’homosexualité ne saurait être considérée comme un état normal de la nature humaine". Il classait cette orientation sexuelle, avec la pratique de l’avortement, au rang des "situations" qu’il "ne peut objectivement accepter".

Enfin, le prédicateur ne semble pas tenir en affection la République et la laïcité. Vexé d’avoir été "ignoré" par des officiels après une messe donnée àAvignon le 27 aoà»t 2016, il avait tenu au Midi Libre des propos édifiants, estimant que "le mot de fraternité" avait été "emprunté àl’Eglise et défiguré" par la République, ou encore que "le vivre-ensemble avec nos racines chrétiennes" avait été "rayé des règles de la République au nom de la laïcité". Ce qui n’a pas empêché France Culture de lui donner libre antenne.

France culture réagit
Le 18.07.2018 à18h00

La directrice de France Culture Sandrine Treiner a finalement réagi ce mercredi 18 juillet dans l’après-midi, après que la radio publique a reçu de nombreux messages d’auditeurs outrés par le prêche de l’archevêque d’Avignon. Dans un message adressé au médiateur de France Culture, Sandrine Treiner a condamné les propos de Jean-Pierre Cattenoz : "France Culture respecte àla lettre les obligations de service public qui incombent àRadio France, mais ces obligations ne sauraient être une tribune : une tribune pour lancer des appels, juger des choix artistiques du festival d’Avignon, prononcer des avis personnels et violents contre le droit àl’avortement, tenir des propos très inadéquats sur la panthéonisation de Simone Veil, sans compter des allusions inacceptables àdes comparaisons historiques hasardeuses", a-t-elle notamment déclaré. La directrice de la station indique s’être "ouverte de la teneur de l’homélie prononcée par l’Archevêque d’Avignon au producteur de la messe, le frère Jérôme Rousse-Lacordaire qui s’est montré très attentif à[s]on appel". Un courrier a également été envoyé àla Conférence des évêques de France. Le médiateur de France Culture a lui informé que la radio avait été "en quelque sorte piégé[e] par le fait que la messe se déroule en direct". L’association LGBT "L’Amicale des jeunes du refuge" a par ailleurs saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) "pour les propos inqualifiables tenus sur le service public".

°°°

Source : http://69.emancipation.fr/spip.php?article514

Le lobbying des Églises : contre le droit àl’avortement en Argentine… Et, avec Macron, en France ?

vendredi 10 aoà»t 2018

Le lobby de l’Église en Argentine

Alors que des milliers de femmes et de filles se battent pour le respect de leurs droits sexuels et reproductifs, en Argentine, le 8 aoà»t, les sénateurs ont voté contre l’adoption du projet de loi dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse pendant les 14 premières semaines de grossesse.

Depuis les évêques jusqu’aux derniers curés de villages, tous les ecclésiastiques se sont mobilisés contre l’IVG, menaçant ceux qui voteraient en faveur du projet de loi d’être excommuniés, mais aussi d’être sanctionnés par les électeurs lors du renouvellement de leur mandat. Et c’est en pensant àleur réélection, que certains sénateurs ont fini par se prononcer pour le rejet du projet de loi.

Depuis le Vatican, le pape a donné le ton en exprimant àdeux reprises le rejet de l’avortement.

« Les évêques ont joué un rôle-clé dans le travail de lobby sur les députés et les sénateurs en écrivant aux indécis, leur rendant visite dans leur bureau, et dans certains cas, en ayant des attitudes plus ou moins belligérantes avec les pro-IVG  », estime la sociologue Sol Prieto.

« Certains sénateurs partisans du texte ont reçu des boîtes avec des figurines en forme de fÅ“tus àl’intérieur, ou des menaces d’ex-communication  ». Le Dauphiné Libéré 8/08/2018

Dans un article sur le site Lepoint.fr, Celeste Mac Dougall, porte-parole de « la Campagne nationale pour le droit àl’avortement légal, sans risque et gratuit  » dénonçait :

« La pression de l’Église existe depuis toujours. Et ce n’est pas de la pression. C’est l’État. C’est d’ailleurs pour cela que nous réclamons une séparation effective de l’Église et de l’État, la fin de son financement et de l’ingérence des politiques publiques.
L’Église catholique profite également de son influence auprès de ses milliers de fidèles pour diffuser son opinion. À plusieurs reprises, lors d’offices du dimanche, elle a nommément désigné des parlementaires afin de les dissuader de voter "oui" au projet de loi  ».

En raison de la législation actuelle en Argentine, plus de 3 000 femmes ont perdu la vie au cours des 30 dernières années, et chaque année 49 000 Argentines mettent leur vie et leur santé en danger.

Et en France ?

- Ã€ Paris, le 9 avril, Macron déclarait devant les 400 invités de la Conférence des évêques de France (CEF) réunis sous la nef prestigieuse du collège des Bernardins :

« Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé et qu’il nous importe àvous comme àmoi de le réparer  » (…)

Et il poursuivait : « Ce àquoi je veux vous appeler ce soir, c’est àvous engager politiquement dans notre débat national et dans notre débat européen car votre foi est une part d’engagement dont ce débat a besoin et parce que, historiquement, vous l’avez toujours nourri car l’effectivité implique de ne pas déconnecter l’action individuelle de l’action politique et publique  ». (1)

- Le 26 juin au Vatican, dans la basilique du Latran, Macron acceptait, le titre de « premier et unique chanoine d’honneur  » remis par le pape.

Et d’expliquer : « j’ai décidé d’accepter cette invitation car elle appartient àune tradition de concorde et d’amitié entre la France et le Vatican àlaquelle je suis attaché  » et que je veux « approfondir  ».

« La laïcité française qui parfois est un mystère, nous en avons longuement parlé ce matin avec sa sainteté le pape François. Mais ce n’est pas la lutte contre la religion, ce serait un non-sens.  » En effet, « la laïcité ne serait pas une pudibonderie contemporaine où l’on dirait “ne me parlez pas de religion†, “cachez cette religion que je ne saurais voir†, car nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion et ma présence ici témoigne de ce “en même temps† ».

- Au même moment, àParis, les députés adoptaient un texte qui renforce le lobbying des Églises auprès des parlementaires.

Émancipation qui milite pour le strict respect de la séparation de l’Église et de l’État, et notamment contre tout financement des écoles privées par l’État porte àla connaissance de ses lecteurs la prise de position du CREAL76 qui agit en défense de la laïcité :

Communiqué du Comité de Réflexion Et d’Action Laïque de Seine-Maritime (CREAL76) àpropos du projet de loi concernant les associations religieuses

Depuis la loi Sapin II de 2016, les associations religieuses venues rencontrer des parlementaires devaient, selon la loi, s’enregistrer auprès de la HATVP, Haute autorité pour la transparence de la vie publique, et fournir des informations sur leurs activités ; cela àl’instar de tous les lobbies déclarés. Or dans la nuit du 26 au 27 juin, àla demande du gouvernement, les députés ont adopté un texte sortant les associations àbut cultuel de la liste des groupes d’intérêts devant faire une déclaration àla Haute autorité (article 38 de la Loi dite de confiance) ; et cela par un vote àtrois voix près (88 contre 85).

Le texte revient devant le Sénat le 25 juillet.

Le lobbying des associations cultuelles pour ne pas être considérées comme des lobbies a donc payé : désormais quand Greenpeace demandera aux parlementaires de protéger les océans, quand Aides leur demandera plus de moyens pour lutter contre le VIH ou quand Amnesty les sollicitera pour une campagne, ce sera considéré comme l’action d’un lobby…Mais quand des associations religieuses viendront remettre en cause le droit àl’IVG, contester l’extension de la PMA àtoutes les femmes ou toute évolution àpropos de la fin de vie, cela ne sera plus considéré comme l’action d’un lobby.

Bref toutes les associations àbut cultuel pourront désormais rencontrer les administrations publiques, le gouvernement, les élus et notamment les parlementaires pour les sensibiliser àleurs opinions et tenter d’influer leur prise de décision sans que quiconque en soit informé.

Les risques de dérives sont évidents notamment àl’heure de la révision des lois bioéthiques.

D’autre part, le premier alinéa de cet article 38 modifie l’article 19 de la Loi de 1905 en assouplissant les conditions fiscales d’accès au financement des cultes et ceci en violation de son article 2 stipulant que « La République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte  ». L’exposé des motifs de la Loi dite de confiance demandait d’ailleurs « des mesures de clarification et de modernisation du statut des cultes, en renforçant leurs ressources  ».

C’est pourquoi le Comité de réflexion et d’action laïque de Seine-Maritime – CREAL76 - :

- dénonce la décision de retirer les associations religieuses de la liste des lobbies,
- dénonce les mesures modifiant le financement des cultes,
- considère le traitement de faveur accordé aux associations cultuelles comme une entorse aux principes de laïcité et de séparation des Églises et de l’État,
- demande aux parlementaires attaché.e.s au principe politique de laïcité de se mobiliser pour s’opposer àde telles régressions.

Le président : Francis VANHÉE
10, chemin aux Anglais 76680 SAINT-SAËNS tel. 06 86 15 33 59 courriel creal76 creal76.fr

http://www.creal76.fr/medias/files/communique-assos-cultuelles-creal76-21.07.2018.pdf

http://www.creal76.fr/

Macron approfondit la politique de « laïcité ouverte  » de Sarkozy, lequel situait « La catholicité au dessus des autres religions dans un choc des civilisations, le curé au dessus de l’instituteur, l’enseignement privé au dessus du public, notamment dans le zones difficiles  ».

C’est ce que confirment les « contre réformes  » menées par Blanquer : financement des maternelles privées, essentiellement catholiques par le biais de la scolarisation des 3 ans ; lycées professionnels mis sous la coupe du patronat avec l’extension de l’apprentissage et marche àla privatisation de l’Enseignement professionnel ; organisation de la fuite des étudiants vers le privé avec Parcoursup et association des universités privées dans les Communauté d’Université et établissement (COMUE) (cf. l’Université Catholique de Lyon, membre de la COMUE L’Université de Lyon), etc.

Plus que jamais, le combat en défense de la séparation de l’Église (àsavoir de toutes les institutions confessionnelles) et de l’État et celui en défense de l’Enseignement public sont intimement liés.

HB

(1) Macron devant la conférence des évêques : http://www.elysee.fr/declarations/article/transcription-du-discours-du-president-de-la-republique-devant-les-eveques-de-france/

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Source : http://www.europe1.fr/emissions/les-experts-deurope-soir/le-debat-deurope-soir-frederic-taddei-comme-le-dit-emmanuel-macron-avons-nous-besoin-de-la-religion-280618-3696563

29/06/18 14:54 -

Le président de la France désavoue la laïcité et vole au secours de la religion

"Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion" a déclaré Macron au Vatican le 26 juin.

C’est sur cette phrase que débattent dans cette émission (37 min) J.F. Colosimo, historien des religions ; E.Todd, historien, anthropologue, démographe et É. Brézin, physicien, membre de l’Académie des Sciences, et qui a été président de l’Union rationaliste.

Ecouter ici

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03/04/18 8:06 -

Source : http://laicite-aujourdhui.fr/?Un-million-d-euros-en-soutien-a-l

Voir aussi :

Laïcité Aujourd’hui
Lettre du groupe “Laïcité aujourd’hui†de l’amicale laïque de Concarneau, adressée au président de la Région de Bretagne, suite àl’attribution d’une somme d’un million d’euros pour la construction d’un lycée privé confessionnel, ce qui représente 70 % du budget du projet.

Lire ici