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Sionistes contre Juifs

lundi 10 septembre 2018, par siawi3

Source : http://www.fondation-besnard.org/IMG/pdf/sionistes_contre_juifs.pdf

Sionistes contre Juifs

Brève vision globale et Brève vision actuelle

dimanche 9 septembre 2018,

par Frank Mintz

Sionistes contre Juifs
Brève vision globale

Dans presque tous les pays et les ethnies il existe des individus qui prétendent définir, au nom de tous, quelles personnes sont dignes ou pas d’appartenir au pays et à l’ethnie. Les Gitans et les Juifs ont été et sont encore victimes de cette discrimination. Les partis néo fascistes veulent généralement revoir les naturalisations accordées, expulsés les étrangers. D’autres partis se bornent à souligner (pour le moment) que la nationalité devrait être liée à la langue majoritaire dans le pays et à la religion, catholique en Pologne, orthodoxe en Bulgarie, protestante en Suède, etc.
Parmi les Juifs, il y a aussi des dissensions, même s’il existe depuis quelques siècles, une définition apparemment claire : pratiquer ou pas la religion juive. Une aberration millénaire a fait que les chrétiens attribuent à tous les Juifs la culpabilité d’avoir tué un certain Jésus Christ (nommé messie en langue grecque), mais qu’il serait plus exact d’appeler Jésus Ben Joseph. De plus, les chrétiens ont colporté une seconde aberration : les Juifs sont aussi tous coupables de vouloir attaquer les chrétiens, donc les gens honnêtes.
Les chrétiens n’ont presque jamais fait de différences entre des Juifs croyants et des Juifs non croyants. Et même lorsqu’il y eut des Juifs convertis au catholicisme comme en Espagne, la majorité a vécu dans un climat de suspicion et considérés comme des « nouveaux chrétiens », donc des croyants louches.

Actuellement, deux exemples permettent de comprendre qui est Juif et qui est sioniste.

La dictature militaire en Argentine entre 1976 et 1983, fut accueillie avec soulagement par le patronat (enfin débarrassé des syndicalistes, des ouvriers trop actifs et des militants révolutionnaires de gauche léninistes et libertaires). Les couches sociales riches, le clergé et le Vatican (et le cardinal jésuite Bergoglio devenu le pape François) et, surtout les États-Unis et Israël [voir plus loin], et donc la communauté juive.
Pourtant parmi les militants arrêtés et disparus il y avait des centaines de noms comme Aisemberg (Luis Daniel, Ariel), Brodski, Goldberg (Nina Judith, Mónica Liliana), Goldman, Goldstein, Minsburg (Víctor Nicolás et Rodolfo Ignacio), Yacub, Yankillevich, etc. Leurs parents, en particulier leurs mères, demandèrent de l’aide aux rabbins, qui refusèrent de l’accorder.
Évidemment, les camarades avaient rompu avec la religion de leur famille, de même que les autres militants de famille catholique.

Deux ou trois rabbins (parfois non argentins) sont intervenus pour protester avec les Mères de la Place juive ou pas, athée ou pas.
On constate que la notion de juif est catégoriquement religieuse pour les Juifs croyants. Ils se conduisent en antisémite passifs et indifférents vis-à-vis de ceux qu’ils considèrent comme des renégats. Et, bien avant le cas argentin que je viens d’évoquer, il y a déjà eu 1939- 1945 le fait que rapporte Boris Yelensky (anarchiste russe juif), résidant aux États-Unis il donna au Jewish Labour Committee en 1940 une liste d’anarchistes juifs emprisonnés en France. Ce Comité perdit deux fois de suite la liste fournie. :
1
« Les gens du Jewish Labour Committee parle beaucoup des 6 millions de Juifs tués en Allemagne [...] il leur était possible de sauver un petit groupe de Juifs [...] ils laissèrent ces gens à la merci des nazis, tout simplement à cause de la différence d’idéologie politique » 1

Les Juifs sont de simples prétextes politiques pour manipuler des personnes violentes ou sadiques, qui débordent de haine à cause de raisons sociales (pauvreté, exploitation morale et physique). Si besoin est, on invente des boucs émissaires. À Buenos Aires en Argentine en janvier 1919, les « patriotes » (des membres de la bonne bourgeoisie argentine et de la première ou seconde génération de riches Anglais, Espagnols, Français, Italiens, etc.) attaquèrent les coupables des grandes grèves prolétariennes. Pour ces « patriotes », les coupables étaient les syndicalistes et les anarchistes, donc les Catalans et les Russes (c’est-à- dire les Juifs arrivés d’Ukraine).
Ces deux ethnies étaient collectivement responsables puisqu’un certain nombre d’ouvriers révolutionnaires étaient parmi elles.

Aujourd’hui encore la combine marche toujours pour les pseudo super patriotes de divers pays qui voient la solution miracle dans l’expulsion des Juifs. Et des partisans du capitalisme ajoutent que les Juifs sont tous des « rouges » à exclure de la société. Paradoxalement, des partisans de la révolution socialiste considèrent encore que les Juifs sont presque tous des capitalistes à incarcérer.

Du point de vue juridique, l’Allemagne nazi stipulait le Juif comme « une personne ayant trois grands-parents Juifs ; celle en ayant deux ou un était « Mischlinge », demi Juif, » et sa définition définitive dépendait de plusieurs facteurs (autrement dit : le piston).2 La France fasciste de Pétain était plus stricte en 1940 car juive est « toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race, si son conjoint lui- même est juif ». La race en question, par contre, n’était pas décrite. Trop penser est périlleux pour une mentalité sectaire et totalitaire !

J’ai écrit que l’État d’Israël soutenait la dictature militaire argentine et j’ajoute qu’il savait ce qui arrivait aux juifs révolutionnaires. Et bien des années plus tard, Israël reconnut qu’il avait laissé crever des Juifs et aidé des militaires antisémites, voire pro nazis. Cela n’a strictement rien changé au sionisme inventé par les politiciens israéliens.
La logique d’Israël est le sionisme dans le sens d’imposer aux Juifs de tous les pays de venir en Israël ou bien de fournir une aide financière et politique inconditionnelle à un pays qui n’est qu’une base militaire du capitalisme occidental, fondé sur la xénophobie anti arabe et anti travailleurs étrangers.

Comme toutes les idéologies, le sionisme israélien divise le monde en deux : l’enfer sans lui, le salut avec lui. Et il se présente comme la quintessence de la religion et de la culture juives, alors qu’il n’est que, en grande partie, une falsification qui efface le socialisme lié à ses racines3.

Noam Chomsky a noté en 1983 quelques traits toujours évidents :
« Un peuple, une armée, un gouvernement » fait écho au « Un peuple, un État, un Fuhrer » des nazis »
« Trop de choses en Israël me rappellent trop de choses de mon enfance. (Réactions de rescapés de l’Holocauste, août 82) »

« Le massacre a été commis par nous. Les phalangistes sont nos mercenaires, exactement comme les Ukrainiens et les Croates et les Slovaques étaient ceux de Hitler, qui les organisaient en soldats pour faire son travail Et nous aussi nous avons organise les assassins au Liban, afin de tuer les Palestiniens. »4

Comme tous les peuples, les Juifs savent abandonner leurs aberrations. Dans le ghetto de Varsovie en 1941-1943, un des responsables du soulèvement contre les nazis, Marek Edelman (1919-2009), membre du Bund (syndicat socialiste juif), a déclaré : « Pendant la guerre, la religiosité, le mysticisme, la foi ont cessé d’exister, Dieu s’est détourné d’eux et ils se sont détourné de Dieu. « Va te faire foutre » ont ils dit à Dieu. » [...] Toute ces fables qui racontent que lorsque l’insurrection a commencé, les Juifs se sont mis à prier, tout cela ce sont de beaux morceaux de littérature. » Quant aux croyants de tendance hassidim « ils ont rasé leurs barbes, ont enlevé leurs lévites et sont sortis des synagogues. » 5
Ce témoignage m’a intrigué et j’ai demandé à un survivant du ghetto de Varsovie, Henri Favel-Fajwlowicz 6, si cet aspect était vrai. Il me l’a confirmé en ajoutant qu’il avait vu des rabbins qui avaient rasé leur barbe parce qu’ils ne croyaient plus en Dieu. Henri Favel- Fajwlowicz a ajouté que sa mère aussi était devenue athée.

Il est impossible de ne pas évoquer brièvement les positions de Marx et de Bakounine sur les Juifs. Ils voient la société nouvelle comme celle de l’émancipation de tous les êtres humains et donc de leurs ethnies, sans privilégier un peuple en particulier. C’est la position de Marx en 1843 dans La question juive.

Bakounine, lui, est présenté comme antisémite, mais sa position est plus complexe. Dans une lettre de 1869, intitulée « Étude sur les Juifs allemands » Bakounine s’en prend à un calomniateur (Juif allemand) qui accuse Bakounine d’être un agent tsariste. Et Bakounine précise : « C’est ainsi que le Judaïsme avait produit dans son temps les Jésus Christ, les apôtres saint Paul, les Spinoza, et qu’aujourd’hui même il a donné naissance aux deux socialistes les plus éminents de nos jours : Marx et Lasalle. [...] Mais à côté de ces deux Juifs géants, il y’avait et il y’a une foule de Juifs-pygmées ; M Maurice Hess est du nombre. »

Plus tard, la guerre larvée entre Marx et Bakounine devient publique et Bakounine identifie Marx au centralisme allemand 7 et aux Juifs allemands qui seraient ses alliés 8. Mais Bakounine n’ignore pas les qualités de Marx et il n’accuse pas les Juifs en général :
« Monsieur Marx est d’origine juive. On peut dire qu’il réunit en lui toutes les qualités et tous les défauts de cette race capable. [...] Telles sont ses qualités négatives. Mais il en a beaucoup de positives. Il est très intelligent et possède une culture extrêmement vaste. »9

L’antisémitisme de Bakounine a choqué avec raison Anselmo Lorenzo parmi les accusations adressées par Bakounine contre Marx, les circonstances que Marx était juif ressortent comme une cause particulière de sa haine. Cela, qui contrariait nos principes, imposant la fraternité sans distinction de races et de croyances, me fit un effet désastreux, et disposé à dire la vérité, j’enregistre cela en dépit du respect et de la considération qu’à de nombreux titres mérite la mémoire de Bakounine. Anselmo Lorenzo El Proletariado militante, Madrid, 2005, p. 204.
« [Marx a] une sorte de franc-maçonnerie socialiste et littéraire dans laquelle ses compatriotes les Juifs allemands et autres occupent une place considérable et déploient un zèle digne d’une meilleure cause. » 10
Il demeure que ni Marx ni Bakounine, ni leurs partisans n’ont prôné l’antisémitisme et ils n’ont pas non plus prévu l’ampleur des ouragans racistes de la fin du XIX siècle, et des XX et XXI siècles.

Brève vision actuelle

Comme le démontre le document incorporé à ce texte, l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) est attaquée par des sionistes de plusieurs groupes,
notamment en France et en Israël. Et le groupe Pay Pal, essentiel pour la vente de livres par correspondance, siège social est à San José, en Californie, a d’abord obéi aux sionistes en excluant les palestiniens de ses services.11

En mars 2018, Paypal interdit son service à l’Union juive française pour la paix (UJFP), justifiant officiellement que « PayPal a une tolérance zéro pour l’utilisation de (sa) plateforme de paiement sécurisée pour faciliter
des activités illégales. » !!!!
Dans ce cadre, Paypal avait déjà bloqué en janvier 2018 le compte de l’Association France- Palestine Solidarité (AFPS) à la demande du « Zachor Legal Institute ». L’UJFP indique qu’elle se réserve la possibilité d’intenter une action en justice contre Paypal18,
Heureusement, HelloAsso ne se laisse pas fouler aux pieds.

°

Notes :

1 In the struggle for Equality : the story of the Anarchist Black Cross, New York, A. Berkman aid fund, 1958, p. 73.

2 D’après [https://nofuhrer.wordpress.com/2008/08/04/la-definicion-de-judio-para-el-nazismo/].

3 Voir « Sionisme verticaliste (Herzl) versus sionisme à la base (Lazare) Ou nationalisme chauviniste versus ethnies ouvertes sur les autres » [http://www.fondation-besnard.org/spip.php?article1199].
4 « Israël comme société terroriste, en lisant Chomsky » [http://www.fondation- besnard.org/spip.php ?article712].

5 Revue La Nouvelle Alternative, N°2-3, juin septembre 1986, pp.70, 72.

6 Henri Favel-Fajwlowicz apparaît dans le film de Frédéric Rossif Le Temps du ghetto (1961)

7 Cependant Bakounine souligne : « L’instinct des ouvriers allemands est franchement révolutionnaire et le deviendra chaque jour davantage. » Bakounine Œuvres, tome II L’Empire knouto-germanique et la Révolution sociale, 1871.

9 Étatisme et anarchie publié en russe en 1873, traduit en 1929 en castillan, en 1967 en français.

10 « Lettre à La Liberté », inédite, publiée en partie en 1894, complète en 1910 dans Bakounine Œuvres, tome IV.

11 Le 30 août 2016, les Palestiniens protestent contre la discrimination qui concerne les transactions qui ne peuvent pas être émises des territoires gérés par l’Autorité Palestinienne. Les responsables palestiniens ont, en effet, écrit à l’entreprise américaine PayPal pour réclamer le droit de pouvoir eux aussi payer en ligne avec cet outil de transaction financière très utilisé dans le monde. Les Palestiniens en sont privés, ce qui bride l’économie palestinienne. [Note de l’AFPS].