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France : Le racisme systmique ou la dviation anti-universaliste de lantiracisme

lundi 24 septembre 2018, par siawi3

Source : www.creal76.fr/pages/ressources/textes.html

Karan MERSCH

29 Juin 2018

Identits et systmes de valeurs

Le racisme systmique ou la dviation anti-universaliste de lantiracisme

Un lve m’a confi son admiration envers l’un des personnages principaux du livre « Cannibale » de Daeninckx. Il tait impressionn que le no-caldonien ait su rsister la tentation de devenir raciste son tour contre la communaut de ceux qui lui avait rserv un traitement inhumain.
Lorsqu’il avait exprim ce sentiment une premire fois, son enseignant l’avait repris en affirmant que sa conception du racisme tait trop nave. Il a continu en lui expliquant que le racisme n’tait pas la proprit d’une personne, mais le produit d’un systme.
Selon cette vision, le systme construirait des groupes de personnes dont certains contiendraient les victimes et d’autres les acteurs du racisme. Pour cet enseignant, le personnage de ce livre appartenait celui des victimes et il tait donc impossible qu’il ait pu risquer de devenir tre raciste son tour.

Cette redfinition du racisme n’est pas isole. Elle tend se rpandre. Utilis de la sorte, le concept de racisme systmique conduit dtruire la vise universaliste. Pourtant cette opposition entre luniversalisme et la prise en compte de la structuration ou du caractre systmique du racisme ne va pas de soi.

I- L’universalisme permet de penser la complexit des structures et des systmes.

Lapproche universaliste part du constat que le racisme est une des expressions du refus de laltrit, qui sillustre galement dans le sexisme, lintgrisme religieux, etc
Cette passion triste part dun fondement individuel, et en ce sens, concerne tous les hommes, mais ne sy limite pas. Elle va trouver des modes dorganisation typiquement sociales, et gagne en efficacit par ce biais. Ainsi par exemple, ce rejet sexprime sous des formes socialement structures, comme cest le cas, entre autres, avec la mcanique du bouc-missaire (qui a une engeance commune avec le racisme et des passerelles rcurrentes).

Cette mcanique dpasse la simple peur que lon retrouve derrire le terme xnophobie, pour devenir une haine organise en vue dune fin. Il s’agit bien d’une structure, dans le sens o il s’agit d’une construction qui soutient l’organisation d’un ensemble de relations. Le bouc missaire n’est qu’une place remplir dans une structure bien plus large qui distribue des rles sous un rapport de hirarchie, et qui canalise les tensions rsultant de sa puissance coercitive en une violence de tous contre un (-ou contre un groupe). Le rejet de la prtendue diffrence du bouc missaire est prtexte un rituel fdrateur, en mme temps qu’il sert d’exutoire. Des domins et des dominants sont dpartags de faon gradue.
Le racisme sincarne dans ce genre de structures. On peut galement parler de systmes son propos, en un sens plus gnral, comme tant un ensemble ayant une unit organique, englobant une ou plusieurs structures en les associant un environnement. Lapproche universaliste ne soppose donc pas lide de structure ni de systme.
Affirmer que le racisme est une donne anthropologique qui concerne potentiellement tous les hommes, et qui ne peut tre justifi pour aucun, ce n’est pas nier qu’il s’incarne dans des systmes, qui ont pour effet dmultiplier la violence avec laquelle il vise certaines parties de la population plus que d’autres. L’approche universaliste envisage cette multiplicit des systmes et permet ainsi de penser leur complexit. Des systmes divers, se superposent, rentrent en synergie ou se combattent. Parfois, certains, se prsentant comme opposs entrent en raction les uns avec les autres, et finalement senrichissent mutuellement. La haine de lextrme droite produit en raction un racisme oppos qui finit par alimenter, entre autre, les intgristes de lislam politique, et les militants dcoloniaux, etc....
Le phnomne se produit galement en sens inverse. Il y a donc une multitude de systmes, dont certains qui se nourrissent entre eux et crent les conditions dun cercle vicieux clivant la socit.

II- Deux principales critiques visant l’universalisme

Des critiques virulentes visent l’universalisme. Une premire le rend comptable de tout ce qui s’est dit ou fait au sicle des Lumires, ainsi que de toutes les actions de la rpublique franaise. Tantt sont convoqus des propos racistes de philosophes, la perptuation de l’esclavage bien aprs la proclamation des droits de l’homme, la colonisation, et l’arrive trs tardive du droit de vote des femmes, etc Lusage de ces exemples suit une erreur de raisonnement. Pour lviter, il faut garder lesprit que la non application dun idal ninvalide pas lidal [1].
Si les universalistes ont rencontr des adversaires farouches, c’est ces derniers qu’il faut imputer la responsabilit d’avoir retard les progrs de l’histoire ; faire linverse est absurde. Si des philosophes des Lumires, ou si la rpublique franaise, nont pas toujours t la hauteur des idaux universalistes auxquels ils taient relis, cela devrait nous conduire en toute honntet en appeler davantage duniversalisme. Ceux qui y trouvent des arguments pour sen dtourner se trompent lourdement ou cherchent manipuler leur auditoire[2].
Une seconde critique consiste le qualifier d’abstrait. On souligne ainsi son caractre thorique, prsent ensuite comme oppos la ralit concrte du terrain. Affirmer une galit de droit nous dtournerait de pouvoir envisager les ingalits qu’il y a de fait. Ce reproche montre une confusion totale entre les dimensions normatives et descriptives. Lorsque l’on dit ce qui devrait-tre, on n’affirme pas que cela est. Affirmer que les hommes sont gaux en droit et ne devraient pas tre discrimins, ce n’est pas dire qu’il n’y a pas de discriminations, ni soutenir qu’elles frappent galement toutes les parties de la population...

III- l’utilisation anti-universaliste du concept de « racisme systmique ».

Enfin, pour revenir plus prcisment ce qui nous intresse ici, une troisime critique complmentaire aux deux prcdentes, cherche opposer lapproche universaliste avec la dimension systmique du racisme. L’universalisme est alors prsent par ses adversaires comme simpliste, limit la dimension individuelle du racisme et incapable d’envisager sa structuration sociale. Il n’arriverait penser le racisme que de faon uniforme, contredisant ainsi l’exprience vcue par certaines parties de la population franaise.

Cette critique tombe dans le mme travers que la seconde Affirmer que les hommes naissent et demeurent libres et gaux en droits, ce n’est pas refuser de considrer la dimension sociale et systmique des discriminations qu’ils subissent de fait. Les deux ordres sont distinguer. Il s’agit donc l d’une accusation gratuite, laquelle nous avons dj rpondu dans La partie I L’universalisme permet de penser la complexit des structures et des systmes .
Il faut se demander ce qui motive le rejet alimentant par la suite une telle critique ? La caricature qui est faite de lapproche universaliste, la limitant la dimension individuelle, vise en fait une autre rduction : faire du racisme un sentiment qui ne pourrait pas merger chez n’importe quel individu, mais uniquement chez ceux qui auraient le bnfice du systme discriminant.

Au final, ce qui est vis, travers cette attaque contre l’universalisme, c’est son gale condamnation de toutes les formes de racisme. L’universalisme implique que l’on ne peut pas se dire antiraciste lorsque lon est investi contre une forme de racisme et que lon en tolre dautres. Cest un principe essentiel qui permet de combattre les drives do quelles viennent. Cela drange les conceptions de ceux qui voudraient faire oublier leur racisme.

Tout dabord, il faut rappeler que le racisme se prsente souvent comme justifi par celui de lautre. Ceux qui assument ouvertement leur racisme, expliquent que c’est un conflit dans lequel chacun tire la couverture de son cot, et qu’il est normal de prfrer les siens. Pour ces personnes c’est « eux ou nous ». Ils prsentent leur combat comme une dfense de des intrts des leurs, face des menaces exognes. Comme le disait Sartre la violence se donne toujours pour une contre-violence, c’est--dire pour une riposte la violence dautrui [3]. Lorsque le racisme est dissimul et qu’il tente de se faire passer pour un antiracisme, il continue de suivre ce principe et se prsente comme le seul adversaire dun racisme oppos. Ceux qui critiquent ce faux antiracisme, sont alors amalgams aux racistes d’en face.[4] Il s’agit d’abord d’une intimidation.
Ceux qui osent braver cette menace, le payent au prix d’une violente campagne de calomnies. Ce qui rend trs efficace l’usage dvoy du concept de racisme systmique , cest quil se porte un mta-niveau : il vise agir sur la dfinition mme du racisme pour en faire disparatre toute une partie des radars... Il y aurait une catgorie de personnes qui, puisqu’elles luttent contre le racisme du systme, ne pourraient pas tre racistes leur tour. Le racisme systmique entendu en un sens anti-universaliste devient un outil conceptuel puissant qui permet certains de gommer leur racisme des registres, et de ne laisser visible que celui auquel ils sopposent[5].

L’approche anti-universaliste opre un glissement smantique : la notion de systme est conue dans un cadre terriblement simpliste et binaire. C’est d’ailleurs dj le cas avec l’usage qui est fait de la notion de racisme structurel : il est sans cesse utilis pour dsigner une convergence absolue des structures, sans quune relle pluralit ne soit envisage. Le terme de racisme systmique est souvent prfr celui de structurel, pour la simple raison quil vhicule plus efficacement une ide dunicit.
La critique vague dun systme coupable de tous les maux est trs courante. Dans ce cadre, la notion de « racisme systmique » est utilise pour parler du racisme du systme, comme si ctait la mme chose. Un rtrcissement conceptuel est opr. Il y aurait un systme, des domins et des dominants bien identifis. Cet appauvrissement fait que l’on peut parler d’approches « mono-systmiques ».
La conception intersectionnelle est sujette cette mme drive. Loin d’envisager une pluralit de systmes dont certains sont antagonistes, il est expliqu que toutes les discriminations trouvent leur origine dans un adversaire unique : le systme.
Prenons par exemple le sexisme de certains hommes, eux-mmes victimes de racisme. Il ne sera pas envisag que des domins puissent tre en mme temps des dominants dans un autre systme discriminant. On interprtera plutt ce sexisme comme tant une consquence du racisme du systme : les humiliations qu’il produit, conduiraient certains hommes qui en sont victimes, se rassurer sur leur virilit au dtriment des femmes.

Ainsi le racisme, le sexisme ou la domination sociale de certains sont rinterprts, et n’engagent vraiment leurs auteurs que lorsqu’ils viennent de l’oppos de l’intersection : l’homme blanc riche sens tenir toutes les rnes du systme. L’intersectionnalit utilise en un sens anti-universaliste (comme c’est trs souvent le cas), propose une explication causale simple qui ne prend pas en compte la pluralit relle des systmes de discrimination [6].

Notons que le propos ici n’est pas d’tablir la liste de ceux qui dveloppent cette vision anti-universaliste du racisme systmique. Certes, on y retrouverait l’ensemble complexe des militants dcoloniaux[7] ou des partisans de l’islam politique, mais il est craindre que beaucoup plus de personnes finissent par tre permables cet outillage conceptuel perverti. Une partie des usagers de ces concepts dvoys ne sont pas des opposants farouches l’universalisme, et ne se rendent pas compte des consquences du systme de pense qu’ils cautionnent par un usage trop lger de ces termes.
Cest pourquoi, il s’agit juste ici de prsenter les grandes caractristiques et les effets de cette conception, mais pas de mettre dans un mme panier tous ceux qui s’y rfrent.

IV- Le racisme d’Etat et le racisme institutionnel.

L’approche rductrice de la notion de systme en fait une entit qui englobe l’Etat. Ce dernier apparait comme ntant quune facette du systme. La notion de racisme d’Etat est alors avance. Il dsigne la condamnation des politiques sgrgationnistes violentes, menes par exemple, par des pays comme lAfrique du Sud au temps de lapartheid.
Un lien aussi direct entre ce type d’Etat et le ntre, peut aisment sembler manquer de modration. C’est pourquoi nous allons plutt nous pencher sur la notion de « racisme institutionnel » qui est justement construit pour ne pas porter le flan cette accusation.

La notion de racisme institutionnel se dmarque de celle de racisme d’Etat sur deux principaux points : premirement, il sagit dun terme qui dsigne une ralit politique, sans impliquer forcment une volont dlibre de lEtat. Deuximement, il sagit de viser des Etats o lgalit serait prononce par la loi, mais o des discriminations l’uvre dans les institutions continuent quand mme de s’exprimer dans l’espace public. On peut concevoir sans problme que les agents du service public sont, en tant qu’individus, touchs par le racisme ambiant de la socit. On peut aussi concevoir que l’action des institutions a parfois des consquences qui nourrissent le sentiment de discrimination, ou qui participent crer effectivement des discriminations.

Entendue comme telle, la notion de racisme institutionnel est utile. Il est sain et ncessaire de conserver une vigilance critique envers les actions des institutions de lEtat. Le problme vient lorsque l’usage de ce terme est pris comme l’aveu du caractre raciste de nos institutions. De la mme faon que la France ne peut pas tre considre comme un pays hostile aux droits de lhomme pour la seule raison quelle a t condamne pour traitement dgradant dans ses prisons par la Cour Europenne des droits de lhomme, ses institutions ne peuvent pas tre qualifies de racistes du simple fait derreurs commises dans ce domaine. Avant de porter un jugement gnral aussi grave que celui-l, il faudrait que soient clairement pris en compte tous les efforts raliss pour lutter contre le racisme. Or l’absence de concept pour la force oppose pose problme.
Mme ceux qui reconnaissent nos institutions un engagement contre le racisme[8], ne le font pas en utilisant un concept tel que celui « d’antiracisme institutionnel ». Ce dsquilibre est exploit pour transformer la notion de racisme institutionnel en un outil taill pour porter un jugement tranch davance. Or porter une accusation de cette importance, ne devrait pas se faire lemporte-pice.
Un tel jugement signifie qu’une autre dfinition de la diffrence entre le racisme d’Etat et le racisme institutionnel est utilise en remplacement de celle que nous avons donne. Le racisme institutionnel caractriserait des Etats o lgalit serait prononce par la loi, mais dont les institutions organiseraient quand mme lespace public de faon ce que les discriminations sy appliquent. Dans un cas le racisme est franchement affich, dans lautre cas il serait cach derrire une devanture trompeuse, ce qui est pire encore.

V- L’approche racialise

Considrer que nos lois universalistes et antiracistes, nont pas defficacit, et les prsenter comme tant des rideaux de fume, cest inciter une dfiance envers elles. Lenjeu central de cette tentative de remodelage conceptuel de la notion de racisme est de substituer le modle universaliste dfendu par notre constitution, par une conception racialiste.
Lapproche anti-universaliste du racisme systmique, est lie lide suivant laquelle le racisme concerne un groupe particulier dindividus : les raciss. Cette expression renvoie apparemment tous ceux qui subissent le racisme.

Sil sagissait de considrer que tout le monde pouvait tre potentiellement le racis钒 de quelquun d’autre ou d’un groupe, cet trange terme poserait moins de problme, mais ce nest pas ainsi quil est pens. Ici encore il y a un glissement smantique : le sens qui y est donn est plus restrictif quil ny parat. Seules certaines catgories de personnes y sont potentiellement ligibles : celles qui subiraient les discriminations de nos institutions Le terme raciss implique alors ncessairement son pendant : ceux qui ne le sont pas. Ces derniers sont censs bnficier du systme et des institutions. Il s’agit des « blancs » et leurs « allis »[9].
Il ne pourrait pas tre question de racisme leur encontre (du coup, il passe sous les radars). En ce sens, le PIR a sur ce point au moins le mrite de dire explicitement ce qui est prsent derrire lensemble des discours anti-universalistes sur le racisme systmique, structurel, institutionnel, d’Etat. Caractriser un groupe par la couleur de sa peau et lui attribuer des qualits ngatives, est jug raciste sans aucune hsitation ds lors qu’il ne s’agit pas de « blancs ». Pour justifier cette dissymtrie du traitement, les anti-universalistes ont recours l’histoire et ses prtendus liens avec la situation actuelle.
Indpendamment du fait de questionner le contenu, la simple forme de ce raisonnement pose problme, car il s’agit encore de justifier un racisme par la prsentation d’un racisme oppos. Quels que soient leur enracinement dans une socit, les prjugs des uns ne peuvent suffire faire que les prjugs des autres deviennent une bonne chose.
On peut comprendre -sans excuser-, que des personnes subissant des discriminations puissent tomber plus facilement dans le pige d’une haine en retour. Il ne faut pas perdre de vue qu’il s’agit d’un pige et que les individus restent responsables d’y succomber. Il ne doit pas tre accept, qu’une telle attitude soit justifie et normalise.
Il apparat que cette faon de voir les choses en « blanc » et communauts « non-blanches » renforce les grilles de lecture raciales. Or, pour rpondre cette accusation, il est expliqu que les termes raciss et blanchit ne se fondent pas sur des considrations biologiques, mais sur des constructions sociales. Ainsi, il y aurait des personnes physiquement « blanches », mais qui arriveraient sloigner de leur blanchit钒 (sociale). Ce serait le cas par exemple lorsquelles acceptent de se mettre au service de la parole des racises. Remarquons que la couleur de la peau reste un srieux stigmate, car le statut des ?allis ? reste clairement distingu de celui des ?concerns ?. Cet engagement ne suffit pas ce que les personnes blanches de peau et socialement repenties, soient solubles dans la catgorie des ?racises ?.

Pour enfin changer de catgorie, une conversion plus srieuse doit tre envisage. Ainsi, par exemple, malgr la blancheur de sa peau, une femme voile sera considre par certains comme racise et pourra accder des espaces de « non-mixit raciale » (On ne sait pas encore sil en va de mme pour le port du Qamis). Cet exemple montre effectivement que pour des cas particuliers, le critre social semble pouvoir lemporter sur le critre biologique.

Cependant, ce type de dfense ne fait que reprendre celle que lextrme droite a dj dveloppe depuis longtemps. Les thories raciales fondes sur la gntique ont t laisses momentanment ?- de cot au profit de lide dune approche culturelle ou religieuse (la rhtorique mettant en avant la prfrence nationale cache presque toujours l’ide d’une supriorit). Arguer du fait que lon ne se base pas sur le biologique, nest pas une garantie de labsence de racisme.
Ainsi par exemple inciter la haine contre les musulmans est bien un racisme mme si le critre nest pas annonc comme tant biologique. De mme, attribuer des caractristiques ngatives un groupe social qualifi de blanc, mme si il ne recouvre pas totalement lextension de ce terme lorsquil vise uniquement lpiderme, cela reste du racisme.
Lorsque lon conspue un fminisme dit blanc, mme si on est soi-mme blanc de peau, c’est encore du racisme. L’attention devient focalise sur l’appartenance communautaire des individus plus que sur leurs qualits propres[10].

VI- Mixit et appropriation culturelle .

Toutes ces considrations prparent une socit o l’habitude un catalogage terriblement binaire du peuple franais, simpose au dtriment de la mixit. Le concept d’appropriation culturelle en est une parfaite illustration.
L’inter-fcondation qu’il y a eu de tous temps entre les cultures se retrouve aujourd’hui combattue selon les critres de l’approche anti-universaliste du racisme systmique. Lorsque les ?domins ? reprennent des codes culturels des ?dominants ?, c’est une preuve de la domination qu’ils subissent ; lorsque ce sont les ?dominants ? qui font de mme, ce n’est pas compris comme une marque d’ouverture la diffrence, mais comme un vol de l’identit culturelle des ?domins ?.
Pour rendre ce discours sympathique, c’est dabord l’appropriation culturelle de grandes multinationales qui est dnonce (publicit, mode, etc). Ensuite, il est expliqu, par exemple, quune femme blanche ayant des tresses au style afro , commet -sans toujours s’en rendre compte- un acte raciste. Etant membre dune culture dominante, elle s’approprierait les codes culturels de populations domines, sans partager leurs souffrances.

Lorsque l’on suit cette logique, bien des questions se posent : par exemple, on peut se demander en quoi une femme noire vivant depuis plusieurs gnrations dans le Finistre, serait davantage propritaire de biens culturels lis lAfrique que de ceux lis la culture bretonne ? Pourtant, jamais on ne lui reprocherait ses tresses « afro ». Qu’importe l’ducation qu’elle ait reue, l’piderme fait le verdict.
Si on accorde une proprit culturelle certaines parties de la population, cela conduit par rciprocit en accorder d’autres La tradition des galettes bretonnes devra-t-elle tre rserve aux femmes blanches ? Les bretonnes de couleur de peau noire, doivent-elles sinterdire de tourner des galettes pour viter lasservissement du systme dominant ? A partir de quel degr de mtissage le port des tresses « afro » ou les dreadlocks devient-il raciste ?
Toutes ces considrations laissent apparatre clairement ce qui se cache derrire les lments de langage lisses et vendeurs de lappropriation culturelle : une thorie raciale des plus classiques. La thorie de l’appropriation culturelle implique que le ?racis ? n’est plus uniquement le fruit du racisme du systme, mais aussi celui de la transmission d’un patrimoine culturel. Le bnfice de ce patrimoine est accord suivant lapparence physique.
En toute rigueur la conception mono-systmique du racisme devrait rejeter l’excroissance que reprsente la thorie de l’appropriation culturelle. Cet abandon serait ncessaire pour que l’argument du caractre social de l’usage des termes « blanchit » et « raciss » reste crdible. Alors le racisme prsent dans le recours ces termes aurait au moins le mrite de ne pas reposer sur la biologie. Que cet abandon ne soit pas facilement envisag nest pas un hasard.
Lapproche binaire intrinsque la vision mono-systmique encourage ladhrence au simplisme de la justification raciale. La solution propose na pas plus de raffinement puisquelle flatte linstinct grgaire. Face un systme conu comme raciste, le seul recours qui est propos, est de chercher la protection dun groupe, sous des motifs culturels ou victimaires.
Accorder chaque communaut une exclusivit sur des lments de culture, participe figer les appartenances. On trouverait ridicule d’exhorter les descendants de gaulois s’manciper de la domination romaine en ne se lavant plus dans une baignoire ; il serait galement ridicule d’accuser les descendants de romains de commettre un acte raciste chaque fois qu’ils utilisent un savon qui ne viendrait pas de gaulle.

Les pratiques culturelles comme les individus ont vocation se mlanger. La dnonciation de l’appropriation culturelle prtend s’en prendre la domination, mais c’est le mlange qu’elle entrave. Le type de raisonnement qui y est l’uvre, aboutit considrer la socit franaise comme une somme de catgories d’individus, rduits la coexistence, propritaires exclusifs de leurs cultures, et proprits de leurs communauts.

VII- Qui sont les principales cibles ?

La hirarchisation des communauts. Si le terme de « blanchit » est agit comme un chiffon rouge, il ne faut pas tomber dans le panneau et affirmer par raction que le racisme anti-blancs est la principale menace. Le rejet de laltrit peut viser tout le monde, mais en toute logique, il frappe bien plus fortement ceux qui sont identifis comme tant minoritaires. Le racisme anti-blancs n’est pas le phnomne le plus massif. Les racismes anti-arabes, anti-noirs, anti-roms, tout en tant trs mal combattus par la vision anti-universaliste, sont particulirement virulents.
Ce n’est pas tout, il y a des populations pour qui l’idologie qui est dnonce ici, a des consquences particulirement injustes. Elles voient le racisme dont elles taient dj traditionnellement victimes, se redoubler par l’accusation d’tre les « allis des blancs ». Puisque dans cette conception, le racisme qu’une communaut peut subir se mesure en fonction de l’hostilit du « systme » son encontre, il doit y avoir des communauts considres comme davantage victimes que d’autres.

Cette faon de voir les choses implique une hirarchisation des communauts de « raciss » entre-elles. Ainsi il y aurait celles contenant les plus « raciss », vis--vis desquelles la parole des autres devrait tre mise au service ; viendraient ensuite les communauts mieux traites par le systme, et qui se soumettraient plus facilement. En consquence, leurs membres seraient moins « raciss ».
Il est probable, par exemple, que des prjugs soient ractivs l’encontre des populations victimes du racisme anti-asiatiques, et que les vieux clichs culs sur leur soi-disant got pour le travail soient interprts comme la marque d’une soumission au « systme »

Enfin, si on continue cette logique folle, il pourrait y avoir des communauts considres comme chouchoutes par le systme, dont les intrts seraient combattre, et envers desquelles il ne pourrait pas y avoir de racisme (ce dernier tant conu sous un angle mono-systmique).
Les Franais de confession juive sont sans doute ceux qui ont le plus perdre si on empche de concevoir les prjugs et les autres formes de racisme qu’ils subissent. Il est pourtant des plus violents : des racistes tuent aujourd’hui en France des adultes et des enfants parce que juifs. Ils subissent aujourdhui le plus grand nombre dactes racistes[11].
Il ne suffit pas de reconnatre quil y avait un racisme institutionnel lorsque, sous Vichy, l’Etat tait antismite ; il faut se donner les moyens de penser la violence qui continue aujourdhui.
Or la conception anti-universaliste du racisme systmique ne conduit pas parler de lantismitisme comme dune production actuelle du systme. Au contraire elle vise expliquer que le « systme » sen prend maintenant dautres victimes.
Dans cette comptition victimaire o on veut les emmener, ceux qui subissent le racisme anti-juifs, sont disqualifis d’office (puisqu’un seul systme de domination est envisag et qu’il est sens leur tre favorable). La conception anti-universaliste du racisme systmique n’est pas automatiquement antismite, mais elle offre une armature conceptuelle incroyablement compatible avec cette haine.
Lorsque lon sait, par exemple, ce que le systme reprsente pour Dieudonn et ses nombreux fans amateurs de quenelles, on comprend quil y a du souci se faire Une dnonciation antisystme vague se combine trs bien avec l’image du banquier juif qui complote pour diriger le monde. Considrs comme tant au cur du systme, il ne devient plus concevable que les personnes juives ou regardes comme telles, puissent tre des victimes.

Cela sillustre par exemple par le dessin « Pornographie mmorielle » voquant un marchandage du "souvenir de la Shoah, pour lequel Alain Soral a t condamn le 21 dcembre 2017. On arrive alors lide selon laquelle le prtendu racisme du systme suffit justifier les pires haines en retour.

VIII- Ceux qui sont considrs comme des« traitres » au service du systme.

Une autre partie de la population est aussi menace : ce sont ceux qui auraient correspondu aux critres du terme « raciss », s’ils n’avaient pas refus l’approche anti-universaliste. Ce refus de se conformer au discours auquel on les pensait prdestins, leur vaut d’tre exclus du camp des victimes du racisme. Une dcoloration symbolique leur est applique au motif de la « blanchit » de leur discours. Ils se retrouvent au centre de toutes les haines, traits de « bounty », « d’arabes de service », de « ngres de maison », de « natives informant », « collabeur », etc

Pourtant leur excommunication au lieu d’tre honteuse, est au contraire firement exhibe comme tant la preuve que les concepts de « raciss » et de « blanchit » ne sont pas racistes (puisque qu’ils ne sont pas uniquement dpendants de la couleur de l’piderme). Rajoutons la critique que nous avons dj faite de ce procd, que lide mme de traitrise contredit laffirmation du caractre social de ces termes. Ceux qui sont considrs comme des traitres ne sont pas fondus dans la masse des « blancs ». Sils sont jugs avec plus de svrit encore, cest parce que la couleur de la peau reste un critre central.
Il est intressant aussi de voir quel point ce procd pche par irrfutabilit. Il y a en effet une forte capacit retourner tout fait contradictoire, en une confirmation de lidologie. Si certains de ceux catalogus comme « raciss » ne se plient pas au discours contre le racisme institutionnel, alors il suffit de dire qu’ils n’existent pas, puisqu’ils sont finalement blancs.
De mme, si les principes universalistes de notre constitution, les lois antiracistes et la DILCRAH[12], contredisent l’ide d’un Etat et de ses institutions profondment racistes, alors il suffit de les dcrire comme tant purement formels et inoprants. On les fait disparatre de l’quation.

Remarquons que le terme « racis » n’est plus uniquement utilis comme un participe pass, qui sous la voie passive, indique le fait de subir une action, mais qu’il devient un nom. Une substantification est opre : certaines personnes ne sont pas seulement « racises » par d’autres, mais elles deviennent « des racises ». Or, le sens du substantif excde celui du participe pass. Il apparat que pour tre pleinement considr comme tant « un racis », tre victime de racisme ne suffit pas ; il faut aussi adhrer une idologie particulire, sous peine d’tre « blanchi ».
Non seulement l’individu ne pourra tre reconnu comme « racis » qu’en fonction d’une catgorisation communautaire hirarchise (Cf. partie V), mais en plus, il est impos ces communauts de se dfinir par le biais d’une adhsion une idologie anti-universaliste Le systme anti-universaliste applique une violence sociale supplmentaire aux victimes de racisme en leur imposant un enrgimentement idologique.

IX- Une idologie qui se dploie au dtriment de son cur de cible.

Envisager le racisme sous l’angle d’un systme unique guid par nos institutions, n’est pas du tout l’avantage de l’ensemble des personnes qui sont prtendument dfendues. Cela encourage leurs haines et dcourage la dtermination de ceux qui y rsistent. Celui qui deviendra haineux envers les blancs, les juifs, ou autre, ne sera plus compris comme raciste, puisqu’il est inclus dans la catgorie de ceux qui subissent le racisme systmique. Il ne peut plus se penser que comme une victime.
A l’inverse, celui qui aura le mrite, malgr la haine qu’il reoit, de ne pas tomber dans le pige d’un racisme oppos, ne pourra plus concevoir sa dtermination avec fiert. La grandeur d’hommes tels que Martin Luther King ou Nelson Mandela[13] devient plus difficile saisir.

Une thorie qui ne donne pas les moyens de penser ses propres prjugs ni son propre racisme, prive ceux qui la suivent des moyens de s’en dfaire. Ce faisant, elle dsarme les individus et les rend incapables de comprendre le cercle vicieux des haines qui se justifient l’une l’autre en retour.
En encourageant des populations une attitude hypercritique et caricaturale, elle les enferre dans des postures d’chec ou de violence qui auront pour consquence de les conforter encore un peu plus dans l’ide qu’il y a un racisme d’Etat[14]. Lorsque l’extrme droite accde au pouvoir dans une ville, elle dtruit les structures culturelles et associatives. La violence qui s’en suit, au lieu de jeter le discrdit sur leur action, renforce les stigmatisations qui sont leur fonds de commerce.
Il en va de mme pour l’idologie anti-universaliste qui tente de rcuprer la notion de racisme systmique. En sapant l’adhsion aux principes rpublicains mancipateurs, elle construit les conditions de son propre renforcement, et cela au dtriment des populations qu’elle prtend servir. Les aberrations de ce prtendu antiracisme, hargneux envers les institutions et de tout ce qui est considr comme socialement trop ?blanc ?, sont du pain bni pour lextrme-droite nationaliste. Cette dernire est un danger majeur et bnficie largement de la raction au discours victimaire. C’est pour cela aussi qu’il faut combattre cette idologie mono-systmique.

X- La stratgie des petites marches.

Ce combat passe par une attention envers ce que les mots vhiculent. Remarquons que la position anti-universaliste se rapproprie tout un panel lexical : le racisme structurel, systmique, institutionnel, d’Etat. Pour chaque concept un glissement smantique est opr. Ainsi les personnes peuvent commencer par adhrer la notion de racisme structurel (reconstruite), sans voir que progressivement, cela finira les conduire une position qui accuse les principes rpublicains universalistes de soutenir un racisme d’Etat. Comment sy prendt-on pour retourner compltement lantiracisme contre lui-mme ? En le faisant dvier progressivement de sa trajectoire, mais en sy reprenant plusieurs fois. Remarquons quil sagit l dune mcanique prouve : elle a dj t mise luvre vis--vis de la lacit[15].

Les marches intermdiaires passent par ladjectivation de la lacit qui devient « ouverte », puis « inclusive », puis enfin « plurielle », etc La mme astuce se retrouve encore avec le fminisme[16] qui devient « pluriel », puis « inclusif », « intersectionnel », « islamique »[17] , oppos un prtendu ?fminisme blanc ?.

Conclusion

La rpublique se doit de dfendre ses fondements et principes, des idologies qui les combattent. Cette dtermination ne doit pas seulement concerner des officines qui tiennent le devant de la scne comme le PIR, et compagnie, mais aussi tout un dvoiement conceptuel qu’elles ont essaim, et qui a maintenant une autonomie et rayon d’action bien plus tendu.

Il faut donc clairement identifier les corollaires de lidologie anti-universaliste, dont fait partie la conception mono-systmique du racisme. La promotion qui est faite de cette armature conceptuelle, est elle-mme trs structure et sert des systmes de pense qui sont tout sauf mancipateurs. Un travail discret, mais efficace est effectu pour retravailler les concepts et dplacer les lignes. Ces lments de langage, sont des ttes de pont qui prparent le terrain aux offensives les plus violentes. Nombre de dfenseurs laques lont compris et sont rentrs dans le combat contre des notions telles que lislamophobie[18], le fminisme intersectionnel, une certaine vision du racisme systmique (mono-systmique), la lacit apaise, ou une autre fausse lacit, mise au service denjeux identitaires par lextrme droite nationaliste. La bataille des mots est un enjeu essentiel o se jouent les plus grands principes de notre rpublique[19]. Karan Mersch

[2] http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/accommodements-canada--nimportons-pas-ce-qui-ne-marche-pas_b_8344612.html

[4] https://carolinefourest.wordpress.com/2017/06/30/lalibi-de-la-fachosphere/

[5] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/30/a-l-universite-attention-a-ne-pas-banaliser-la-judeophobie_5222572_3232.html

[6] https://medium.com/@B.D.Maro/lintersectionnalit%C3%A9-d%C3%A9voy%C3%A9e-le-cheval-de-troie-des-islamistes-2286e82bc64 http://www.laicite-republique.org/l-intersectionnalite-un-racisme-inverse-k-mersch.html

[7] https://jean-jaures.org/nos-productions/radiographie-de-la-mouvance-decoloniale-entre-influence-culturelle-et-tentations

[8] http://www.liberation.fr/france/2017/11/24/michel-wieviorka-blanquer-a-eu-raison-de-porter-plainte-de-ne-pas-laisser-faire_1612399

[9] https://jean-jaures.org/nos-productions/un-racisme-a-l-envers [10] https://twitter.com/CarolineFourest/status/941579420602691584 http://antiracisme.blog.lemonde.fr/2018/03/02/derriere-le-francais-de-papier-le-traitre/

[14] http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2018/01/02/31003-20180102ARTFIG00191-eviction-de-rokhaya-diallo-celine-pina-repond-au-new-york-times.php

[15] http://www.laicite-republique.org/elisabeth-badinter-une-partie-de-la-gauche-est-devenue-la-complice-de-ceux-qui.html

[16]https://revolutionfeministe.wordpress.com/2016/11/06/feminisme-intersectionnel-lantiracisme-et-lanticapitalisme-au-service-de-la-domination-masculine/

[17] https://naembestandji.blogspot.fr/2018/01/le-ccif-et-lhomophobie-un-faux-silence.html

[18] http://antiracisme.blog.lemonde.fr/2016/11/18/lislamophobie-et-les-mots-du-racisme/

[19] http://www.laicite-republique.org/p-kessel-les-principes-memes-de-la-republique-se-trouvent-aujourd-hui-menaces Fcarolin https://twitter.com/comitelaicite/status/939437214412533760 - Caroline Fourest opre les distinctions entre mono-culturalisme /universalisme / multiculturalisme- avec clart : http://www.huffingtonpost.fr/caroline-fourest/accommodements-canada--nimportons-pas-ce-qui-ne-marche-pas_b_8344612.html - Son livre « La dernire utopie Menaces sur l’universalisme » donne des clairages passionnants solides sur l’ensemble de ce sujet. - Henri Pna-Ruiz traite aussi de cela dans son indispensable ?Dictionnaire amoureux de la Lacit ?, dans larticle sur luniversel : Le colonialisme occidental a prtendu fonder en droit ses conqutes en s’attribuant une mission civilisatrice universelle. En ralit, il imposait une rfrence particulire, travestie en universel par ses bnficiaires. (...) En raction contre l’imposture ethnocentriste, L’insistance sur la diversit des cultures peut conduire nier tout type de rfrence universelle et avoir en elle un mythe intress. On croit devoir invalider luniversel alors qu’on ne rejette que a contrefaon. Le risque est alors de sombrer dans le relativisme qui dsarme lesprit critique en disqualifiant tout critre de jugement et toute rfrence des exigences incontestables. [8] Dans un article de libration du 24/11/2017, Michel Wieviorka dfend le terme de racisme institutionnel. Pourtant, envers l’affirmation du racisme des institutions de l’Etat, il prcise que c’est compliqu et qu’il faut tre prudent Il affirme plus loin que la rpublique donne tous les signes d’une forte mobilisation contre le racisme -Sur ce dernier point lire larticle de Francine Sporenda Fminisme intersectionnel : Antiracisme et Anticapitalisme au service de la domination masculine . -Sur « l’islamophobie et les mots du racisme », il est aussi trs clairant de lire l’article d’ Emmanuel Debono : http://antiracisme.blog.lemonde.fr/2016/11/18/lislamophobie-et-les-mots-du-racisme/ - Charles Coutel sy rfrera un peu plus tard dans ce mme colloque : Les mots sont lorigine du combat. Attachons nous plus que nous lavons fait gagner la bataille des mots pour gagner la bataille des ides . https://twitter.com/comitelaicite/status/939437214412533760