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Migrants en Méditerranée

Tuesday 25 September 2018, by siawi3

Source: https://www.20minutes.fr/monde/2342775-20180925-video-aquarius-france-accueillera-18-58-migrants

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VIDEO. «Aquarius»: La France accueillera 18 des 58 migrants

HUMANITAIRE Le gouvernement portuguais a annoncé un accord avec la France et l’Espagne pour l’accueil des migrants...

R. G.-V. avec AFP

Publié le 25/09/18 à 15h44 — Mis à jour le 25/09/18 à 18h26

Video ici

Le gouvernement portugais a annoncé ce mardi s’être mis d’accord avec la France et l’Espagne pour accueillir dix des 58 migrants secourus en mer Méditerranée et qui se trouvent à bord du navire Aquarius à la recherche d’un port pour accoster en Europe. Ce port, ce sera, comme précédemment, La Valette, la capitale de Malte. C’est le gouvernement de la petite île de la Méditéranée, membre de l’Union européenne, qui l’a annoncé.

La décision d’accueillir ces dix personnes a été prise « de façon solidaire et concertée avec l’Espagne et la France », a indiqué le ministère de l’Intérieur portugais dans un communiqué, sans préciser où ces migrants pourraient être débarqués.

Lisbonne déjà parmi les pays prêts à recevoir l’« Aquarius » à la mi-août

« Le Portugal continue de défendre une solution européenne intégrée, stable et permanente pour répondre à ce défi migratoire » mais a décidé d’accueillir ces migrants « pour des raisons humanitaires », a ajouté le ministère de l’Intérieur. Lisbonne avait déjà été parmi les pays européens prêts à recevoir les migrants de l’Aquarius à la mi-août et d’une autre embarcation humanitaire, le Lifeline, à la fin juillet.

Le gouvernement français a suggéré ce mardi que l’Aquarius débarque ses 58 migrants à Malte plutôt qu’à Marseille (sud de la France) comme il en a demandé l’autorisation, selon une source du palais de l’Elysée. Le navire, affrété par l’ONG SOS Méditerranée, parcourt la mer pour recueillir des migrants qui tentent la traversée clandestine vers l’Europe.

Lire aussi:
«Aquarius»: Le Panama va retirer son pavillon au bateau

En accueillant l’Aquarius, Malte évite une belle polémique à Emmanuel Macron

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Source: https://www.marianne.net/societe/l-aquarius-en-route-vers-marseille-pour-mettre-58-migrants-l-abri?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ==

L’Aquarius en route vers Marseille pour mettre 58 migrants à l’abri

Par Magazine Marianne

Publié le 24/09/2018 à 17:11

Le directeur des opérations de SOS Méditerranée a indiqué ce lundi 24 septembre que le navire humanitaire l’Aquarius est “en route vers Marseille” et que les ONG l’ayant affrété ont demandé aux autorités françaises d’autoriser “à titre exceptionnel” le débarquement des 58 migrants à son bord, dont 17 femmes et 18 mineurs.

“C’est la seule option que nous avons”. Le directeur des opérations de SOS Méditerranée, Frédéric Penard, a indiqué lors d’une conférence de presse à Paris ce lundi 24 septembre que le navire humanitaire l’Aquarius est actuellement “en route vers Marseille” et que les ONG l’ayant affrété ont demandé aux autorités françaises d’autoriser “à titre exceptionnel” le débarquement des 58 migrants à son bord.

“Les autorités françaises ont été informées” de cette demande, a-t-il assuré en soulignant qu’il était “urgent de mettre les personnes à l’abri”, avec 17 femmes et 18 mineurs à bord du navire. “La seule destination possible aujourd’hui, a-t-il martelé, est Marseille”, port d’attache du navire, alors que l’Aquarius vient d’apprendre que les autorités panaméennes allaient lui retirer son pavillon.

“Nous avons du mal à imaginer que la France puisse refuser, compte tenu de la situation humanitaire”

Frédéric Penard s’est dit incapable de prévoir exactement “quand le navire arrivera” sur les côtes françaises, l’Aquarius étant “toujours susceptible d’être mobilisé” pour une opération de sauvetage en mer. Il faut “environ quatre jours” depuis la position actuelle du navire pour gagner Marseille, a toutefois précisé Francis Vallat, le président de l’ONG en France. “Nous avons alerté d’autres pays mais nous avons du mal à imaginer que la France puisse refuser, compte tenu de la situation humanitaire”, a ajouté Francis Vallat. Sans préjuger de la réponse, il a assuré qu’à aucun moment les autorités “ne nous ont dissuadé de monter vers Marseille”.

En juin, l’Aquarius avait déjà été au cœur d’une crise diplomatique, après avoir récupéré 630 migrants au large de la Libye, débarqués en Espagne après le refus de l’Italie et de Malte de les accepter. Le scenario s’était répété en août pour 141 migrants débarqués à Malte.

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Source: https://www.lemonde.fr/a-bord-de-l-aquarius/article/2018/09/23/sauvetage-accrochages-et-menaces-un-dimanche-ordinaire-pour-l-aquarius_5358976_4961323.html

Un blog de la rédaction - Le Monde
Article sélectionné dans La Matinale du 23/09/2018

A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens

Dans la nuit de samedi à dimanche, le navire a sauvé 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye, et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.

LE MONDE | 23.09.2018 à 13h08 • Mis à jour le 24.09.2018 à 09h00

Par Julia Pascual

Photo: Ici en arrière-plan, les gardes-côtes libyens en approche durant les négociations avec l’« Aquarius », le 23 septembre.

La sensation que les choses auraient pu dégénérer. Et qu’en tout cas, elles ont été là où l’absurdité de la situation devait inexorablement les mener : un face-à-face en pleine mer entre un bateau humanitaire et des gardes-côtes libyens et, au milieu de ce duel, près de cinquante enfants, femmes et hommes, en majorité des Libyens, surpris en pleine nuit dans leur tentative de fuir un pays pour gagner l’Europe à bord d’un petit bateau de bois. Pendant plusieurs heures, avant le lever du jour, dimanche 23 septembre, on s’est disputé des rescapés en Méditerranée centrale.

Vers 1 heure du matin, l’Aquarius, navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), et seul bateau humanitaire qui patrouille au large de la Libye, est informé de la présence en mer d’un bateau qui commence à prendre l’eau, avec à son bord plusieurs dizaines de personnes. Le signalement provient de l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique pour les personnes en situation de détresse en mer. L’Aquarius prévient les autorités maritimes libyennes, compétentes sur la zone pour coordonner les opérations de sauvetage, et entreprend de se rapprocher de la localisation de l’embarcation signalée.

Lire aussi : Sur l’« Aquarius » : « Maintenant, mon futur est entre vos mains »

Dehors, il fait nuit. La lune est presque pleine. Il est près de 3 heures du matin et les sauveteurs de SOS-Méditerranée cherchent à la jumelle une trace du bateau. Ils sont rejoints dans cette entreprise par une vedette des garde-côtes libyens, qu’on devine au loin grâce à un point rouge et vert clignotant. « Si vous apercevez les migrants, dites-le nous », demandent les Libyens par radio. Vers 5 heures, l’Aquarius aperçoit une trace sur son radar et, peu de temps après, arrive à détailler la silhouette d’une embarcation. Deux canots pneumatiques semi-rigides sont mis à l’eau et les Libyens sont prévenus qu’ils partent en reconnaissance.

Photo: Le sauvetage, au large de Zaouia, du petit bateau de pêcheur avec 47 personnes à son bord, dont 17 mineurs, a commencé vers 3h du matin.

Danger imminent

« Si on nous demande de rester éloignés d’une embarcation en détresse ou de retarder une opération alors que nous avons des raisons de croire qu’un danger est imminent (…) nous porterons secours à ces personnes sans délai », avaient prévenu SOS-Méditerranée et MSF dans un communiqué cet été. Plus de 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée depuis le début de l’année.

Voyant que le bateau est surchargé et constatant la présence de nombreux enfants à bord, les humanitaires distribuent des gilets de sauvetage et commencent à transférer des personnes sur leurs canots pneumatiques. Les garde-côtes libyens sont furieux.

« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! »

Les ingrédients du conflit sont jetés sur l’eau comme le sel sur une plaie ouverte. D’un côté, des humanitaires qui considèrent qu’il est de leur devoir de sécuriser au plus vite des personnes en détresse. De l’autre, des gardes-côtes à qui l’on demande de freiner les départs de migrants, à grand renfort de deniers européens. Depuis des mois, la montée en puissance des gardes-côtes libyens prépare ce goulot d’étranglement parfait. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants et que l’Italie a décidé de fermer ses ports, ils sont devenus les premiers acteurs en nombre d’interceptions de migrants en Méditerranée centrale.

La reconnaissance par l’Organisation maritime internationale, en juin, de leur compétence en matière de coordination des secours dans les eaux internationales au large de la Libye, en fait des interlocuteurs désormais incontournables pour quiconque voudrait agir ici. Alors même que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies considère que le pays n’est pas un lieu sûr pour débarquer des personnes secourues en raison des « graves maltraitances » qu’elles y risquent. En outre, depuis plusieurs semaines, la capitale, Tripoli, est en proie à des affrontements armés entre milices et groupes armés, qui ont déjà fait plus de cent morts. Dimanche, ce sont majoritairement des Libyens fuyant leur pays qui se trouvaient à bord du petit bateau de bois.

Photo: A bord d’un petit bateau de pêcheurs se trouvaient 47 personnes, dont 17 mineurs. Ils ont été secourus par l’équipage de l’Aquarius vers 7 h du matin, le 23 septembre.

Accrochage avec les gardes-côtes libyens

« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! », hurlent dans la radio les garde-côtes libyens. « Nous avons commencé à transférer sur nos canots de sauvetage des femmes et des enfants », répond l’Aquarius. Il est aux alentours de 6 heures du matin et la tension monte d’un cran sur la passerelle du bateau. Le capitaine, un grand Russe extirpé de son sommeil, commence à montrer des signes d’inquiétude. Il fait les cent pas et souffle bruyamment, dans la pièce exiguë où se sont réunies une poignée de personnes. Il demande aux humanitaires de ne pas évacuer les personnes secourues et gèle la situation tant qu’elle n’est pas « clarifiée ». Sur le canal radio, les échanges sont confus pendant encore un long moment.

« Vous connaissez Tripoli ? Vous voulez venir faire une petite visite à Tripoli ? », lance, sur un ton mi-ironique, mi-menaçant, un homme, à l’attention de l’Aquarius. « Peut-on évacuer les femmes et les enfants sur l’Aquarius ? », s’entête à demander poliment le responsable des opérations de sauvetage de SOS-Méditerranée, Nick Romaniuk. « Vous ne respectez pas nos instructions ! Nous vous avons dit de ne pas intervenir. Et de ne pas vous approcher. Vous allez avoir des gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe, répètent, sur la radio, les gardes-côtes. On ne veut plus coopérer avec vous parce que vous nous désobéissez. Maintenant, nous allons nous approcher et vous dire quoi faire. »

Lire aussi : « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »

Il fait jour à présent. La navette des garde-côtes s’approche des deux canots de sauvetage de l’Aquarius et du bateau de bois sur lequel des dizaines de personnes attendent encore de connaître leur sort. « On vous laisse la situation, annoncent finalement les Libyens. Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement après. »

Dernière opération de l’« Aquarius » ?

Les 47 personnes – dont 17 mineurs et autant de femmes – peuvent être évacuées à bord du navire humanitaire. Leurs visages sont pâles mais soulagés. Il est 8 heures et l’Aquarius met cap vers le nord, s’éloignant à grande vitesse de la Libye.

Photo: Deux des 17 enfants secourus dans la nuit du 22 au 23 septembre, pris en charge par l’équipe de MSF à bord de l’ « Aquarius ».

Le navire a « gagné » la partie, mais cette victoire annonce sûrement une défaite plus grande. « Tu as de la chance, tu as assisté à la dernière opération de ce navire », nous a fait remarquer, mi-amer mi-ironique, un membre de l’équipage. Dimanche, la cohabitation précaire qui existait entre les humanitaires et les autorités libyennes a volé en éclats. Déjà, la veille, l’Aquarius avait appris qu’il allait perdre pour la deuxième fois en un mois son pavillon. Après Gibraltar, le Panama, sous la pression de l’Italie, a décidé de révoquer son immatriculation, après que le bateau a porté secours jeudi à onze hommes en mer, et refusé de les remettre à la Libye.

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Désormais, il vogue avec 58 migrants à bord, sans destination. A ce stade, aucun port européen n’a manifesté son souhait de l’accueillir. En ce dimanche, la Méditerranée centrale avait des airs de Far West triste, peuplé d’indésirables.

10 photos: voir ici