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#WhyIDidntReport, le mouvement qui explique le silence des victimes d’abus sexuels

dimanche 30 septembre 2018, par siawi3

Source : https://www.rtl.fr/girls/identites/whyididntreport-le-mouvement-qui-explique-le-silence-des-victimes-d-abus-sexuels-7794906184

#WhyIDidntReport, le mouvement qui explique le silence des victimes d’abus sexuels

ÉCLAIRAGE - Après un tweet de Donald Trump qui remet en cause le témoignage de la femme qui accuse le juge Brett Kavanaugh d’agression sexuelle, des victimes d’abus sexuels témoignent via ce hashtag des raisons de leur silence.

Pourquoi les victimes d’abus sexuels ne parlent pas de leur agression ? Crédit : iStock / Getty Images Plus

ArièleBonte

publié le 24/09/2018 à 11:34

« Parce que j’avais 7 ans, et personne ne croit les enfants », « Parce qu’il était médecin », « Parce que je n’avais pas l’âge de comprendre ce que me faisait mon frère », « Parce que dans la plupart des cas ça n’aboutie à rien », « Parce que c’était mon petit ami », « Parce que j’ai tout oublié pendant trois ans »... Les messages affluent sur Twitter depuis vendredi 21 septembre. Tous répondent à cette même question : pourquoi ne pas avoir dit plus tôt que vous avez été victime d’une agression sexuelle ?

Ce nouveau mouvement, qui intervient un an après la déferlante #MeToo, est né à la suite d’un message posté sur Twitter, vendredi 21 septembre, par le président des États-Unis Donald Trump. Ce dernier explique douter du témoignage de Christine Blasey Ford, la femme qui accuse le candidat de Trump à la Cour suprême d’agression sexuelle.

Selon le président des États-Unis, ce que l’universitaire raconte ne doit pas être si « grave » puisque dans le cas contraire, des poursuites auraient été tout de suite engagées auprès de la police.

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I have no doubt that, if the attack on Dr. Ford was as bad as she says, charges would have been immediately filed with local Law Enforcement Authorities by either her or her loving parents. I ask that she bring those filings forward so that we can learn date, time, and place !
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) 21 septembre 2018

Le cercle familial, théâtre des violences sexuelles ?

Les victimes d’abus sexuels n’ont pas supporté cette déclaration et se sont alors emparées du réseau social, via le hashtag #WhyIDidntReport (littéralement « pourquoi je n’ai pas signalé »), pour partager leurs témoignages et les raisons qui ont fait qu’elles ne se sont confiées à personne ou qu’elles n’ont pas porté plainte.

Dans le week-end, le mouvement a rapidement été repris à l’échelle internationale avec des témoignages de nombreuses Françaises rapportant les sentiments de honte, de peur, d’incompréhension ou d’anxiété faisant leur apparition à la suite d’une agression. De nombreux messages font état d’abus survenus dans le cercle familial, lorsque les victimes était encore mineures, voire très jeunes.

Parce qu’à 8 ans, j’étais bien trop jeune pour réaliser ce qu’il se passait. Et qu’il m’a fallu des années pour comprendre et encore un certain nombre pour ne plus me croire coupable.
Parce qu’encore aujourd’hui j’ai peur des conséquences de le dénoncer.#WhyIDidntReport
— Bois Robuste (@Castapianne) 23 septembre 2018

#WhyIDidntReport Parce qu’il faisait partie de mon groupe d’amis. Parce j’ai honte même si je ne le devrais pas. Parce que je suis traumatisée au point de pleurer en écrivant ce tweet.
Et tant d’autres raisons.
— Olly (@ily__cac) 23 septembre 2018

#WhyIDidntReport

parce qu’à 8-9 ans je savais pas comment le dire à ma mère.

parce que mes violeurs sont dans le cercle familial et j’avais peur que l’on ne me croit pas.
— kmi (@slayinpunk) 23 septembre 2018

Un mouvement moins « people » et plus « populaire »

#WhyIDidntReport répond alors aux critiques que l’on peut entendre concernant l’inaction des personnes victimes de violences sexuelles et montre à quel point la réalité des agressions sexuelles est bien loin de l’image pourtant véhiculée dans l’imaginaire collectif (un inconnu opérant dans une ruelle sombre en plein milieu de la nuit).

Plus qu’une série de témoignages, ce mouvement « moins people » que #MeToo mais plus populaire et répondant à une question de fond sur l’impunité", note la journaliste Mié Kohiyaman, présidente de l’association Moi Aussi Amnésie, est aussi une belle preuve de solidarité. Des internautes répondent aux témoignages de victimes par des messages de soutien, montrant alors qu’un an après les polémiques anti-#MeToo, les mentalités ont peut-être, enfin, commencé à évoluer ?