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En Angleterre, on recrute d’anciens gardiens de prison pour travailler dans des écoles

mercredi 3 octobre 2018, par siawi3

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

Source : http://www.slate.fr/story/167912/angleterre-recrute-anciens-gardiens-prison-travailler-ecoles?utm_source=Ownpage&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ==

En Angleterre, on recrute d’anciens gardiens de prison pour travailler dans des écoles

Source : The Independent
Repéré par Camille Jourdan — 29 septembre 2018 à 12h37 — mis à jour le 29 septembre 2018 à 12h37

Comme si s’occuper de prisonniers et d’enfants requérait les mêmes compétences, s’insurge un syndicat.

Photo : Une salle de classe. | US Department of Education via Flickr CC License by

« Recherche ex-gardiens de prison pour travailler avec des élèves présentant des troubles du comportement ». Entre deux annonces classiques de recrutement de professeurs, l’agence britannique Principal Resourcing, spécialisée dans l’éducation, a glissé cette offre d’emploi visant particulièrement les anciens surveillants pénitentiaires. Une annonce qui choque le Syndicat National de l’Éducation, relève Tes, un site destiné aux enseignants.

Dans le journal The Independent, la directrice de Principal Resourcing, Michelle Grasby, précise que ces anciens gardiens de prison sont recherchés pour travailler dans des écoles spécialisées, qui accueillent des élèves présentant des difficultés d’apprentissage ou de comportement, ou qui ont pu être exclus d’autres établissements.

Selon elle, les compétences requises pour travailler avec de tels enfants sont très proches de celles d’un officier pénitentiaire. « Au cours des douze derniers mois, nous avons transféré avec succès un petit nombre d’anciens gardiens de prison vers ces écoles », ajoute-t-elle.

De la prison à l’école, des compétences non transposables

Le Syndicat National de l’Éducation ne perçoit pas les choses de la même manière : « Les compétences acquises en tant que gardien de prison ne sont pas nécessairement transposables dans une école », estime Mary Bousted, l’une de leur représentante. Selon elle, un tel raisonnement revient à comparer élèves et prisonniers, et « c’est une assimilation dangereuse ». Le « modèle disciplinaire rigide de la prison » n’est, selon elle, pas adapté à l’école, où il est préférable de rechercher à donner aux enfants une « meilleure estime » d’eux-mêmes.

« Certains surveillants de prison ont les compétences adéquates, concède-t-elle, mais il est inapproprié, dans une annonce, de viser en particulier ce corps de métier. »

En outre, Tes rapporte le témoignage d’une professeure remplaçante, qui regrette que les agences de recrutement privilégient d’anciens militaires ou policiers pour travailler dans les écoles. Ces derniers sont souvent prêts à travailler pour des salaires plus bas, dans la mesure où ils touchent déjà leur retraite. « Ils sont peut-être doués pour enseigner la discipline, mais ils ne sont pas formés à être enseignants, constate cette professeure, nous en verrons les effets dans quelques années lorsque les enfants ne décrocheront pas leurs examens. »