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UK : Des voiles islamiques pour petites filles vendus par la chaîne de magasins Marks & Spencer

samedi 13 octobre 2018, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/monde/des-voiles-islamiques-pour-petites-filles-vendus-par-la-chaine-de-magasins-marks-spencer?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Des voiles islamiques pour petites filles vendus par la chaîne de magasins Marks & Spencer

Par Hadrien Mathoux

Publié le 12/10/2018 à 11:38

Sur son site Internet, l’enseigne britannique vend des hijabs destinés aux fillettes âgées de 3 à 9 ans. Devant la polémique, la chaîne s’est défendue en affirmant répondre à la demande… d’écoles.

L’argent n’a pas d’odeur, et pas davantage de religion. Les magasins britanniques Marks & Spencer (M&S) en ont encore donné un exemple avec un nouveau produit mis en vente sur le site Internet de l’enseigne : un voile islamique taille enfant, pouvant être porté par des petites filles âgées de 3 à 9 ans. Cet article, vendu 6 livres sterling (presque 7 euros) et disponible en noir ou bleu marine, peut uniquement être livré au Royaume-Uni.

Le hijab pour fillettes mis en vente sur le site de Marks & Spencer.

« Certaines écoles nous ont réclamé cette année l’option du hijab »

Le hijab est un vêtement couvrant la tête de la femme qui le porte, en cachant ses cheveux du regard des hommes mais en laissant son visage apparent. Si la plupart des savants de l’islam estiment que le port du voile ne peut concerner que les femmes ayant atteint la puberté, Marks & Spencer a donc jugé utile de le faire figurer au rayon des uniformes scolaires de son site. « Nous fournissons des uniformes sur mesure pour 250 écoles dans le pays, et elles nous indiquent de quels articles elles ont besoin pour leur liste d’uniformes scolaires. Certaines écoles nous ont réclamé cette année l’option du hijab », se défend l’enseigne face à la polémique sur son choix.

Traditionnellement multiculturaliste, le Royaume-Uni n’a pas voté comme la France de loi interdisant le port de signes religieux à l’école. En 2017, le Sunday Times avait mené une étude sur 800 établissements, révélant que 18% d’entre eux incluaient le hijab parmi la liste des uniformes autorisés à partir de l’âge de 5 ans. Ce sont donc plusieurs milliers d’écoles primaires britanniques qui permettent le port du voile islamique par les fillettes, une tendance qui inquiète nombre de professeurs et de parents s’alarmant d’une forme de séparatisme exercée à l’encontre de petites musulmanes dès leur plus jeune âge.

« C’est de l’apartheid de genre »

Les explications de Marks & Spencer n’ont donc pas empêché de nombreux Britanniques de s’indigner, estimant que l’enseigne se rendait complice de l’enfermement de jeunes fillettes. L’intervention la plus remarquée a été celle de Maajid Nawaz : aujourd’hui présentateur radio, cet homme de 40 ans a autrefois été membre d’un groupe islamiste, ce qui lui a valu de passer cinq années en prison. Il a ensuite fondé Quilliam, un think tank de lutte contre l’islamisme. « On dit aux jeunes filles qu’il est ’immodeste’ de montrer leur chevelure, s’est-il insurgé sur la radio LBC. Le hijab est encore imposé aux femmes par la loi en Iran et en Arabie saoudite. C’est de l’apartheid de genre. Marks & Spencer est libre de vendre des t-shirts avec des drapeaux confédérés, mais je parie qu’ils ne le feront jamais ». Le militant a également affirmé que le magasin avait « le droit de choisir le profit plutôt que les valeurs » mais qu’il était de son droit à lui de « les couvrir de honte de faire cela ».

Marks & Spencer n’en est pas à son coup d’essai du genre : en janvier, la marque a lancé une nouvelle catégorie de vêtements féminins sur son site, avec « des tissus plus larges, des décolletés moins prononcés, des ourlets plus bas ». Nom de cette nouvelle collection : la gamme « modeste », qui d’après un porte-parole de l’enseigne ne ciblait « aucun groupe spécifique » mais répondait simplement à « la demande croissante de la clientèle pour la mode ’modeste’ ». On y trouvait notamment un burkini, qui a connu un succès si fulgurant qu’il est désormais en rupture de stock.