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Algérie : à la mémoire d’ Aziz Belgacem

lundi 17 décembre 2018, par siawi3

Source : email

17.12.18 12:10 (5 hours ago)


PENSÉE : AZIZ BELGACEM

Idir Sadou

Sa vie fut toute de sacrifices et de courages multiples. Il pourrait, par sa bonté et son altruisme, incarner l’humanisme dans son acception la plus aboutie. Il irradiait par sa simplicité et sa discrétion.
Homme de coeur et de raison, d’une désarmante bienveillance, ce militant loyal et désintéressé était inébranlable dans ses convictions patriotiques et progressistes.
Exceptionnellement doué, sans cesse en quête de savoirs et d’apprentissages nouveaux, il avait fait le choix d’être un humble au service des plus humbles.
Tel était Aziz Belgacem, dirigeant de l’UNEA historique, du PAGS, puis de Ettahadi. Un être d’exception qui aura marqué à jamais celles et ceux qui l’auront côtoyé et connu.
Tel fut celui que le terrorisme islamiste a assassiné, il y a 24 ans, jour pour jour.
Et dont la disparition a laissé en nous un vide impossible à combler.

°°°

Source : email

En hommage à Aziz Belgacem, le meilleur d’entre nous :

Arab Izarouken

« Alger, la lune un chien morveux s’éclipse la queue entre les pattes
Et laisse tomber les amoureux.

Alger, il pleut sur tes saisons immaculées
La mort, le silence et les mots lâches.

Alger où sont-ils tes amants d’une nuit,
Tapis à l’ombre de leur derricks
Ils attendent, ils attendent ...
Et les chiens debout sur leur baves tuent.
Pardon aux vrais chiens.

Bab Azzoun au seuil de ta porte, un brave est occis.

Un homme entier,
« un homme d’air pur et d’eau courante »(1)
Est tombé portant dans ses yeux
Encore lumineux,
L’indicible douleur du pays
Et les rêves pour sa patrie.

(1) René Char poète résistant

°°°

Source : https://www.elwatan.com/?page=article_print&id_article=10055

Il y a dix ans
Aziz Belgacem tombait sous les balles des islamistes

R M

El Watan le 18 - 12 - 2004

Il y a dix ans, le 17 décembre 1994, rue Bab Azzoun, à Alger, tombait sous les balles assassines des islamistes Aziz Belgacem.

Ravi aux siens, à ses amis et à l’Algérie, il avait rejoint l’Organisation de la résistance populaire (ORP), puis le Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS), après la répression contre les dirigeants de l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA), qui ont refusé de reconnaître le coup d’Etat du 19 juin 1965.

Durant 24 ans de clandestinité, il a travaillé jour et nuit, avec une grande efficacité, beaucoup de modestie et sans jamais se plaindre pour réunir toutes les conditions techniques et matérielles afin que Saout echaâb, organe central du PAGS, et d’autres publications soient édités et parviennent aux lecteurs et aux militants, même dans les conditions les plus dures de la répression.

Il avait mis son esprit scientifique ouvert (il préparait un ingéniorat avant d’être recherché) au service de l’organisation du parti et de sa direction. Il était membre du bureau politique et secrétaire du comité central. Il cachait sa grande sensibilité derrière ses lunettes et son sourire en coin, se rappelait les balades de son enfance à vélo à Miliana et Khemis. Il aimait la musique, presque toutes les musiques, de Mozart au malouf, en passant par cheikh Imam, El Anka, Jean Ferrat et Aït Menguellet (qu’il parvenait à bien traduire en arabe et en français). Il adorait l’oignon vert trempé dans le sel, et s’ensuivait alors un claquement de langue qu’il était le seul à réussir aussi sonore.

Quand la maison PAGS a éclaté, chacun a choisi sa propre voie et Aziz aussi. Et comme les autres, Aziz a trouvé sur son chemin les tueurs islamistes intégristes, un jour de décembre, à la rue Bab Azzoun, à Alger. Il repose aujourd’hui près de Beni Douala, sur la terre de ses ancêtres.