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France : Attentats contre Charlie Hebdo : le jihadiste français Peter Cherif, alias Abou Hamza, arrêté à Djibouti

vendredi 21 décembre 2018, par siawi3

Source : https://www.francetvinfo.fr/economie/medias/charlie-hebdo/le-jihadiste-francais-peter-cherif-commanditaire-presume-de-l-attentat-de-charlie-hebdo-arrete-a-djibouti_3110181.html

Attentats contre Charlie Hebdo : le jihadiste français Peter Cherif, alias Abou Hamza, arrêté à Djibouti

Il a été interpellé à Djibouti par la police française, a appris jeudi franceinfo.

Carte : Djibouti se trouve entre l’Éthiopie, la Somalie et l’Érythrée. (GOOGLE MAPS)
avatarfranceinfoRadio France

Mis à jour le 21/12/2018 | 11:49
publié le 20/12/2018 | 22:24

Attentat contre « Charlie Hebdo » : qui est le jihadiste français Peter Cherif, l’ami des frères Kouachi arrêté à Djibouti ?

Le jihadiste français Peter Cherif, proche des frères Kouachi, auteurs de l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, a été arrêté à Djibouti, a appris franceinfo jeudi 20 décembre. Également connu sous le pseudonyme d’Abou Hamza, il est depuis en garde à vue dans l’attente de son transfert en France. Il était l’un des terroristes les plus recherchés au monde, figurant notamment sur la liste noire du département d’État américain depuis septembre 2015.

Le degré d’implication de Peter Cherif dans l’attentat contre Charlie Hebdo reste à déterminer, mais ce vétéran du jihadisme, âgé aujourd’hui de 36 ans, connaissait les frères Kouachi depuis la fin des années 1990. Ils se sont rencontrés dans le quartier des Buttes-Chaumont à Paris et ont tous basculé vers une idéologie radicale à partir de 2003. À l’époque, Peter Cherif agresse à coups de pierres les clients d’un restaurant juif. « C’est une très bonne nouvelle parce que ce terroriste a joué un rôle important dans l’organisation de l’attentat contre Charlie Hebdo », a déclaré vendredi la ministre des Armées, Florence Parly, sur RTL.

Déjà jugé en 2011

Il se dit révolté par l’intervention américaine en Irak et part combattre à Falloujah, où il sera capturé. Il est détenu à la prison d’Abou Ghraïb, près de Bagdad, en Irak, avant de s’évader d’une autre prison irakienne en 2007. Il passe en Syrie et se rend finalement aux autorités françaises en 2008. Jugé en janvier 2011, il ne se présente pas devant le tribunal le dernier jour de son procès et disparaît. Il est localisé quelques mois plus tard au Yémen, où il aurait été en contact avec Cherif Kouachi, resté en France.

En novembre 2018, les juges d’instruction chargés de l’enquête sur les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher ont notifié aux parties la fin de leurs investigations. Quinze personnes, pour la plupart en détention provisoire, sont mises en examen dans l’enquête sur ces attentats, qui ont fait 17 morts.

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Source : https://www.francetvinfo.fr/economie/medias/charlie-hebdo/attentat-contre-charlie-hebdo-qui-est-le-jihadiste-francais-peter-cherif-l-ami-des-freres-kouachi-arrete-a-djibouti_3110971.html

Attentat contre « Charlie Hebdo » : qui est le jihadiste français Peter Cherif, l’ami des frères Kouachi arrêté à Djibouti ?

Ce proche des auteurs de l’attentat contre « Charlie Hebdo », le 7 janvier 2015, a été arrêté dimanche à Djibouti.

Dessin : Le jihadiste français Peter Cherif, lors du début de son procès à Paris, le 26 janvier 2011. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)
avatarfranceinfo avec AFPFrance Télévisions

Mis à jour le 21/12/2018 | 12:15
publié le 21/12/2018 | 12:15

Attentat contre « Charlie Hebdo » : qui est le jihadiste français Peter Cherif, l’ami des frères Kouachi arrêté à Djibouti ?

Il est connu comme l’un des amis proches des frères Saïd et Cherif Kouachi, qui ont tué 12 personnes dans l’attentat contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Le jihadiste français Peter Cherif a été arrêté à Djibouti, dimanche 16 décembre. L’homme est également connu sous le pseudonyme d’Abou Hamza. Une source judiciaire précise néanmoins qu’il « n’est pas, à ce stade, retenu dans le cadre d’une procédure judiciaire française », mais le parquet de Paris « suit avec attention l’évolution de sa situation ».

« C’est une très bonne nouvelle, a réagi la ministre des Armées, Florence Parly, vendredi matin sur RTL. Cela prouve que la lutte contre le terrorisme est une action de longue haleine. » De la filière jihadiste des Buttes-Chaumont au Yémen, qui est Peter Cherif ?

De la petite délinquance à la radicalisation à Paris

Peter Cherif passe sa jeunesse dans le 19e arrondissement. Son père meurt dans un accident de la route alors que le garçon n’a que 14 ans, rapporte Paris Match. Au fil des années, il tombe dans la petite délinquance, et est accusé de plusieurs braquages et vols à main armée. Selon L’Express, adolescent, il est incarcéré six mois à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne).

Le jeune homme rencontre les frères Saïd et Cherif Kouachi dans son quartier du 19e arrondissement de Paris, près du parc des Buttes-Chaumont, à la fin des années 1990, rappelle Le Figaro. Peter Cherif multiplie les petits boulots et passe peu à peu de la délinquance de droit commun à la radicalisation. En 2003, la guerre en Irak l’interpelle, et le jeune Français commence à suivre les discours religieux de Farid Benyettou, relate France Inter. Ce dernier est au cœur de la filière des Buttes-Chaumont, dont le but est d’envoyer des jihadistes en Irak. Peter Cherif l’intègre, tout comme les frères Kouachi.

Sa mère évoque un véritable « lavage de cerveau » à l’époque, relève L’Express. « J’ai eu l’impression qu’il suivait aveuglément des personnes qui l’avaient lobotomisé », raconte également son amie Barbara. Peter Cherif force, entre autres, sa mère à prier cinq fois par jour, et regarde des vidéos de combats jihadistes. A 22 ans, en 2004, il décide de partir en Irak.

Dans les rangs d’Al-Qaïda en Irak

Selon France Inter, Peter Cherif a assuré à ses proches qu’il partait étudier l’arabe et le Coran en Syrie. Il franchit en réalité la frontière irakienne à l’été 2004, pour combattre les troupes américaines, précise L’Express. Sa disparition est signalée par ses proches à l’ambassade de France en Syrie au mois d’octobre.

Pendant plusieurs mois, le Français combat sous les directives d’Abou Moussab al-Zarkaoui, l’un des responsables d’Al-Qaïda en Irak, relate L’Express. Blessé par des éclats de mortier au visage et à la jambe, d’après le magazine, il est arrêté en décembre 2004 à Falloujah, dans le centre de l’Irak.

Peter Cherif est détenu dans le sud du pays, puis rejoint la prison d’Abou Ghraib, non loin de la capitale irakienne. Il y restera un an, selon L’Union. Condamné à 15 ans de prison, il est ensuite incarcéré à la prison de Badoush, près de Mossoul, dans le nord du pays, à une centaine de kilomètres de la frontière syrienne. Le jihadiste parvient à s’y échapper avec 150 autres détenus en mars 2007, lors de l’attaque de la prison par un commando. Il se rend en Syrie, son point de départ, et signale aux autorités françaises qu’il s’y trouve. Peter Cherif est alors extradé et arrive sur le sol français en février 2008.

Un procès, puis la fuite vers le Yémen

De retour en France, Peter Cherif est incarcéré pendant 18 mois, puis libéré. D’après L’Union, il suit ensuite une formation « transport de marchandises » à l’auto-école de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) – où aura lieu l’assaut contre les frères Kouachi, le 9 janvier 2015. Interrogé par L’Union, son formateur relate que plusieurs élèves avaient été séduits par le discours de Peter Cherif sur l’islam. « Tout ce qui ne correspondait pas à l’idée qu’il s’était fait de la vie, par rapport au Coran, était à proscrire, à bannir, à détruire », raconte-t-il. Il l’a même entendu dire, en pleine formation, qu’il souhaitait passer l’autorisation de transport de matières dangereuses, « pour faire sauter une citerne de gaz dans Paris ».

Début 2011, Peter Cherif est jugé dans le cadre de son appartenance à la filière des Buttes-Chaumont. Lors de sa comparution, le jihadiste évoque simplement « une pratique [de la religion] très proche des textes » et assure que son départ pour l’Irak a été un « coup de tête » face à la situation du peuple irakien. « C’est une période que j’essaie d’oublier », assure-t-il alors. Il ne se présente pas pour le dernier jour de son procès, en mars 2011. Il est condamné à cinq ans de prison et disparaît. Peter Cherif s’enfuit au Yémen, où il invite les frères Kouachi quatre mois plus tard, d’après Le Figaro. Le jihadiste, qui rejoint les rangs d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), compte les entraîner au tir.

En lien avec les attentats de janvier 2015 ?

En avril 2012, Peter Cherif est élevé au rang de cadre d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Les services de renseignement français le soupçonnent alors « d’organiser, depuis le Yémen, une filière d’acheminement de jihadistes susceptible d’impliquer » Cherif Kouachi. Ce dernier est présenté comme « l’un des contacts en France » du jihadiste. Courant 2012, des courriels sont échangés entre le Yémen et un cybercafé voisin de l’appartement de Cherif Kouachi. La police enquête également sur des recherches menées par ce dernier, « sur une éventuelle colocation d’une chambre dans la ville d’Al Jouf » (Arabie saoudite), le fief d’Aqpa.

Après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, Peter Cherif est inscrit sur la liste noire des « combattants terroristes étrangers ». Mais, à ce stade, il n’est pas « retenu dans le cadre de la procédure judiciaire française », précise une source judiciaire, qui rappelle qu’il n’est pas non plus « visé par un mandat d’arrêt ». Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi qu’il requérait, à l’issue de l’enquête sur les attentats de janvier 2015, le renvoi de 14 personnes devant une cour d’assises spéciale. Peter Cherif n’en fait pas partie.

« Ce type ne doit pas une nouvelle fois passer entre les mailles du filet judiciaire », a réagi sur franceinfo Gérard Chemla, avocat de nombreuses victimes du terrorisme. « On sait que c’est un terroriste français, on sait qu’il avait demandé que cet attentat ait lieu, assure-t-il. Le débat qu’on va avoir, c’est de savoir si la justice a les moyens de le confondre. » Et de préciser : « Il va falloir que les juges se posent la question de savoir si on a des éléments qui permettent de [le] rattacher avec solidité à ce dossier-là. »