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Allemagne : l’effroyable parcours de Jennifer W., membre de l’EI et poursuivie pour « crimes de guerre »

samedi 29 décembre 2018, par siawi3

Source : https://www.lci.fr/international/allemagne-l-effroyable-parcours-de-jennifer-w-membre-de-l-ei-et-poursuivie-pour-crimes-de-guerre-2108746.html

Allemagne : l’effroyable parcours de Jennifer W., membre de l’EI et poursuivie pour « crimes de guerre »

JUSTICE - Jennifer W., une jeune femme de 27 ans membre présumée de l’organisation Etat Islamique, est poursuivie en Allemagne pour « crimes de guerre » après avoir laissé mourir de soif une fillette de 5 ans, auparavant achetée comme esclave en Irak.

29 déc. 12:55 -

La rédaction de LCI

C’est une première en Allemagne. Une femme de 27 ans, rapatriée d’Irak après avoir servi dans les rangs de l’Etat Islamique, est aujourd’hui poursuivie dans son pays pour « crimes de guerre ». Elle est soupçonnée d’avoir laissé mourir une fillette de 5 ans, après l’avoir réduite en esclavage.

Selon le bureau du Procureur général fédéral, Jennifer W. se serait rendue en Irak en septembre 2014 pour rejoindre le groupe terroriste Etat Islamique (EI). En 2015, la jeune femme aurait rapidement gravi des échelons de l’organisation et aurait pris place dans l’appareil de sécurité de la milice terroriste.

Selon les accusations du parquet fédéral, elle aurait alors patrouillé dans les parcs des villes de Falloujah et de Mossoul en tant que membre de la police des mœurs. Entre juin et septembre 2015, elle veillait notamment à ce que les femmes respectent les règles de conduite et le code vestimentaire fixés par les djihadistes. Les membres de cette « unité » circulaient armés de fusils d’assaut et de vestes explosives, Jennifer W. y compris. Elle aurait alors touché un salaire de 70 à 100 dollars par mois.

Une fillette de 5 ans achetée comme esclave, morte de soif

A cette même période, Jennifer W. et son mari auraient acheté une enfant, peut-être yézidie, dans un camp de prisonniers de guerre pour la réduite en esclavage. Un jour, la fillette est « tombée malade et a souillé un matelas », selon le bureau du procureur. Pour la punir, le mari l’a enchaînée à l’extérieur. Dans la chaleur de l’été irakien, la fillette est morte de soif. Selon l’acte d’accusation, Jennifer W. « a laissé faire son mari et n’a rien fait pour sauver l’enfant. » L’homme, sur lequel nous avons peu d’informations, « n’est pas citoyen allemand » a déclaré un porte-parole de l’autorité au Sueddeutsche. Il n’habite pas en Allemagne non plus.

En janvier 2016, des mois après la mort de la fillette, Jennifer W. se rend en Turquie pour demander de nouveaux papiers d’identité à l’ambassade d’Allemagne d’Ankara. Elle est arrêtée à sa sortie par les forces de sécurité turques et expulsée vers l’Allemagne. Faute d’éléments de preuve à son encontre, elle est alors autorisée à rentrer chez elle, en Basse-Saxe.

Poursuivie seulement trois ans plus tard

Selon les informations de Bild, libre, mais étroitement surveillée, Jennifer W. reste impliquée dans la mouvance salafiste. Elle gère ainsi plusieurs pages influentes de l’EI sur les réseaux sociaux. D’après le journal allemand, ces comptes organisaient notamment des actions de soutien en faveur des islamistes emprisonnés.

Ce n’est que le 29 juin 2018, lorsque Jennifer W. tente de revenir sur le territoire de l’Etat islamique en rejoignant la Syrie, qu’elle est définitivement arrêtée et placée en détention. Après des enquêtes approfondies menées ces derniers mois, le procureur général a obtenu le premier mandat d’arrêt jamais intenté contre une partisane allemande de l’EI.

« C’est la première femme pour laquelle nous avons réussi à établir suffisamment de preuves pour satisfaire aux exigences de la compétence de la Cour suprême fédérale », a déclaré une porte-parole du parquet fédéral à l’agence de presse DPA. En effet, le pouvoir judiciaire allemand a beaucoup de mal à constituer des charges solides contre les rapatriées de l’Etat islamique, car la condamnation pour appartenance à une organisation terroriste à l’étranger nécessite la preuve d’une action de soutien, difficile à établir pour les femmes.

Même si l’on peut prouver qu’elles se sont rendues sur place, elles sont souvent « seulement » épouses et/ou esclaves sexuelles. Peu d’entre elles prennent les armes et sont réellement actives. C’est une des raisons pour lesquelles Jennifer W. sera la première femme Allemande jugée comme membre de l’Etat Islamique. La date de son procès, qui devrait se dérouler à Munich et au cours duquel elle encourt la réclusion à perpétuité, n’a pas encore été fixée.