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Paris : On ne danse pas avec l’apartheid

jeudi 12 novembre 2015, par siawi3

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Source : http://www.europalestine.com/spip.php?article11179

L’Opéra de Paris a invité la troupe de danse israélienne Batsheva àse produire àl’Opéra Garnier début janvier 2016, malgré le fait que dans tous les pays où elle est passée, cette troupe a été dénoncée comme un instrument de propagande destiné àmasquer l’apartheid israélien et àblanchir les crimes de l’occupation. Réagissons !

Aux Etats-unis, en Angleterre, en Ecosse, en Australie comme au Chili, les militants pour les droits de l’homme ont fait la démonstration que les danseurs de Batsheva sont financés et soutenus par le gouvernement israélien, et sont parfaitement conscients du rôle qui leur est imparti.

Parmi leurs sponsors, des entreprises d’armement israéliennes, Eastronics et IDB International, de même que le KKL, fer de lance de la politique de confiscation des terres palestiniennes.

A tous ceux qui seraient tentés de dire « Ne mélangeons pas la culture et la politique  », les militants contre l’occupation et la colonisation israélienne de tous les pays, y compris les opposants juifs àl’intérieur d’Israë l, ont démontré que nous ne sommes pas en présence d’une manifestation artistique ordinaire, mais de la manÅ“uvre stratégique d’un gouvernement israélien visant àredorer son blason.

Les dirigeants israéliens, conscients de l’effondrement de leur image dans l’opinion publique internationale, ont ainsi alloué des fonds considérables àune campagne internationale, intitulée « Brand Israel  » (littéralement, « promouvoir la Marque Israë l  »).
Le cahier des charges, soumis aux artistes qui veulent recevoir des subventions du ministère israélien des Affaires étrangères (dirigé par le chef du gouvernement en personne, Benjamin Netanyahou est explicite :

« L’artiste est informé du fait que s’il est fait appel àses services, c’est dans le but de promouvoir les intérêts politiques de l’Etat d’Israë l, par le truchement de la culture et de l’art, aux fins de contribuer àdonner une image positive d’Israë l. Il est cependant entendu que le prestataire de services ne se présentera pas pour autant comme un agent, un émissaire, et/ou un représentant du ministère  ».

Arie Mekel, responsable àla direction des Affaires culturelles au même ministère, a même déclaré au New York Times : « Eh oui, nous envoyons àl’étranger des romanciers et autres écrivains connus, des troupes de théâtre, nous organisons des expositions … Ainsi nous montrons un visage plus sympathique d’Israë l, histoire d’en gommer l’image belliqueuse  ».

Et la troupe Bathsheva a été qualifiée par le ministre israélien des affaires étrangères de « meilleur ambassadeur de la culture israélienne  ».
La campagne « Don’t dance with the Israeli apartheid  » (« On ne danse pas avec l’apartheid israélien  ») a reçu le soutien d’intellectuels et artistes de nombreux pays. Partout des manifestations ont eu lieu pour demander qu’on "cesse de danser sur la tombe des enfants palestiniens  ».

Et pour rappeler que la culture palestinienne, est quant àelle niée, et que les artistes palestiniens, qu’ils soient danseurs, chorégraphes, musiciens, peintres, sculpteurs, photographes, dessinateurs… n’ont pas la possibilité d’exprimer leur art, de se faire connaître, de circuler librement, quand ils ne sont pas emprisonnés ou assassinés par Israë l.

Il n’est qu’àvoir le sort réservé àla jeune danseuse Lina Khattab, emprisonnée par Israë l àl’âge de 17 ans.

Partout, l’opération de blanchiment de l’apartheid a lamentablement échoué et la  » troupe  » israélienne a même dà» écourter ses tournées dans divers pays. Ainsi, àEdimbourg, fin 2012, la ministre israélienne chargée de la culture, Limor Livnat, membre du parti d’extrême-droite Likoud, qui était venue assister àune représentation de Batsheva, fut contrainte d’entrer (puis de sortir) par une porte dérobée, entourée de policiers.

La presse a pu filmer plusieurs personnes, en Grande-Bretagne comme en Australie, qui avaient acheté des billets, et qui les ont déchirés publiquement, après avoir appris les liens entre Batsheva et le gouvernement israélien.

En Nouvelle Zélande, devant le théâtre Wellington’s St James, le 24 février 2014, des dizaines de manifestants estimaient que le gouvernement n’aurait même pas dà» accorder un visa aux danseurs… et c’était avant les massacres israéliens de l’été sur la bande de Gaza, qui ont fait plus de 2300 morts, dont 500 enfants, et plus de 11.000 blessés dont un grand nombre a dà» être amputé au moins d’un membre.

Et les tentatives du directeur artistique de la Batsheva, Ohad Navarin, de se faire passer pour un homme de dialogue, ont fait long feu. Batsheva a même tenté de montrer son orientation « Ã gauche  » (on sait ce que cela vaut) en s’associant àl’ACRI, « Association israélienne des droits de l’homme  », qui ne remet jamais en cause l’apartheid israélien et qui présente Israë l comme une démocratie.

Mais cette troupe n’a jamais voulu renoncer aux financements du gouvernement israélien et n’a jamais dénoncé les violations des droits des Palestiniens par ce même gouvernement.

Pour toutes ces raisons, nous appelons le directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner, àannuler les représentations des ballets Batsheva àl’Opéra Garnier, du 5 au 9 janvier prochains. L’opéra de Paris qui se déconsidèrerait gravement en collaborant avec les représentants de l’occupation et le la colonisation israélienne.

Nous vous demandons de lui écrire :

Par mail à : slissner operadeparis.fr

ou par la poste à :

Stéphane Lissner, Directeur de l’Opéra de Paris.
120 rue de Lyon. 75012

ou encore d’appeler au : 01 40 01 16 06


Vous trouverez ci dessous la lettre adressée au Directeur de l’Opéra par les opposants israéliens de « Boycott from Within  »

Des opposants israéliens (dont l’écrivain Marinov Oz) réagissent et écrivent au Directeur de l’Opéra de Paris.

[(Lettre ouverte au Directeur de l’Opéra de Paris,)]

Nous citoyens israéliens, nous vous demandons de dire NON àBatsheva et àla propagande israélienne. Nous sommes engagés contre la politique raciste, d’apartheid et d’occupation de notre gouvernement àl’encontre du peuple palestinien. Nous combattons depuis longtemps la colonisation illégale en Cisjordanie.

Nous avons appris la venue de la compagnie de dance israélienne Batsheva dans votre prestigieux Opéra de Paris, et nous aimerions vous expliquer pourquoi une telle coopération est àbannir.

Nous sommes une faible minorité de militants israéliens qui manifestons, publions des informations, et condamnons les crimes de notre gouvernement. Mais ceci ne peut malheureusement suffire àchanger la situation. Les décennies de politique raciste de nos différents gouvernements nous ont amenés àla conclusion que pour faire cesser leurs crimes, il faut prendre des sanctions contre toutes les institutions qui se rendent complices de ces crimes.

Les institutions artistiques israéliennes qui collaborent avec le ministère des affaires étrangères servent d’outil de propagande pour ce régime d’apartheid. Inviter Batsheva àse produire, c’est servir les intérêt de ce régime, comme l’a clairement énoncé Nissim Ben-Sheetrit, directeur de cabinet de ce ministère : « Nous appréhendons la culture comme un outil de propagande de premier choix, et je ne fais aucune différence entre propagande et culture  ». (http://www.haaretz.com/print-edition/features/about-face-1.170267)

En tant que citoyens israéliens nous pensons qu’une coopération avec Batsheva ne peut se faire qu’aux dépens de millions d’êtres humains, de Palestiniens confrontés àl’expropriation, la détention, la torture et les massacres, comme nous avons pu en juger àl’été 2014 àGaza.

Nous vous demandons donc d’annuler cette invitation.

Nous soulignons que la campagne BDS concerne toute coopération institutionnelle avec le gouvernement israélien, tandis qu’elle ne s’adresse pas aux artistes israéliens individuels, qui n’entretiennent pas de liens avec le gouvernement israélien et qui ne se rendent pas complices de ses crimes.

Nous nous tenons àvotre disposition, Monsieur le Directeur, pour toute précision ou question.

Sincèrement,

Ronnie Barkan
Connie Hackbarth
Shir Hever
Oz Marinov
Ofer Neiman
Renen Raz
Yonatan Shapira
Sergio Yahni
Boycott from Within (Boycott de l’Intérieur) en Soutien àl’appel Palestinien au BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions)