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Iraq : Kirkouk : des Arabes chassés par les Kurdes

lundi 7 novembre 2016, par siawi3

Source : http://www.tdg.ch/monde/kirkouk-arabes-chasses-kurdes/story/15309269

Amnesty International rapporte que les forces kurdes irakiennes ont chassé des centaines d’Arabes de Kirkouk, dans le nord.

07.11.2016, 01h33

18 photoshttp://www.tdg.ch/monde/kirkouk-ara... :
Les forces irakiennes patrouillent dans la ville de Hammam Al-Alil town, au sud de Mossoul. (Dimanche 6 novembre 2016) Image : Keystone (18 Images)

Les forces kurdes irakiennes ont détruit les maisons et chassé des centaines d’Arabes de la ville de Kirkouk, au nord de l’Irak, a déploré Amnesty International lundi. Il s’agirait de représailles àune récente attaque de l’Etat islamique (EI).

L’ONG affirme que, suite àune attaque de plusieurs jours lancée àKirkouk le 21 octobre par l’EI, les autorités de la ville, contrôlée par les Kurdes, ont détruit brutalement les habitations de plusieurs centaines d’Arabes irakiens et leur ont ordonné de quitter la ville.

Un père de 10 enfants a ainsi raconté àAmnesty International, comment des militaires étaient venus dans son quartier pour dire aux résidents de partir d’ici le matin. A l’aube du 25 octobre, quelques jours après l’attaque de l’EI, « les habitants ont été évacués de force et des bulldozers ont démoli » les centaines de maisons du quartier, dont la sienne.

Crime de guerre

Parmi ces habitants chassés de force de Kirkouk et de villages aux alentours figurent quelque 250 familles qui avaient déjàdà» fuir leur ville d’origine àcause de violences, selon l’ONG, qui a relevé des cas de confiscation de cartes d’identité.

« Expulser et déplacer de force des résidents sunnites arabes de Kirkouk est illégal et cruel », a dénoncé l’organisation, en demandant aux autorités kurdes de mettre fin « immédiatement » àces pratiques.

« De telles destructions, non justifiées par une nécessité militaire, constituent un crime de guerre. Ordonner le déplacement de populations civiles - àmoins que ce ne soit pour leur propre sécurité ou que cela soit justifié par une nécessité militaire - constitue également un crime de guerre », écrit Amnesty.

Kirkouk est une ville multiethnique située à170 kilomètres au sud-est de Mossoul. Sur la défensive àMossoul face àune offensive des forces irakiennes et kurdes, l’EI, groupe sunnite extrémiste, avait lancé une attaque contre Kirkouk pour tenter de faire diversion dans laquelle 74 djihadistes et 46 personnes avaient été tués.

En janvier, Amnesty International avait déjàaccusé les forces kurdes d’avoir détruit des milliers de maisons dans le nord de l’Irak dans une tentative apparente de déplacer les populations arabes. L’Irak, majoritairement peuplé de musulmans chiites, compte de nombreuses minorités et communautés. (ats/nxp)

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Source : http://www.tdg.ch/monde/kirkouk-apercu-ei-postcalifat/story/18337394

23.10.2016, 06h38

Kirkouk, un aperçu de l’EI post-califat

Irak : L’attaque surprise menée par le groupe terroriste serait typique du genre d’assaut futur une fois le califat tombé.

Des forces d’élite irakiennes ont avancé vendredi dans les rues de l’est de Mossoul. Elles se sont heurtées àune forte résistance des combattants du groupe Etat islamique (EI). (Vendredi 4 novembre 2016) Image : Reuters (30 Images)

L’attaque surprise menée par l’Etat islamique (EI) dans la ville irakienne de Kirkouk est typique du genre d’assaut que les djihadistes pourraient lancer une fois leur califat autoproclamé tombé, jugent des analystes interrogés par l’AFP. Elle a finalement été repoussée.

Des dizaines de milliers de soldats irakiens soutenus par une coalition internationale menée par les Etats-Unis avancent en ce moment vers Mossoul, dernier grand fief de l’EI en Irak. Proclamé dans cette ville en 2014 par le chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, le califat - territoire contrôlé par un chef dit calife - n’a toutefois cessé de se réduire depuis quelques mois.

Avec moins de positions fixes et sans population àadministrer, le groupe le plus violent du djihad moderne pourrait se tourner vers les attaques de type insurrectionnel qu’il avait l’habitude de mener dans le passé.

« Je pense que c’est ce àquoi il faut s’attendre au fur et àmesure que l’EI continue de perdre du terrain, un retour au terrorisme traditionnel et àune logique insurrectionnelle », affirme David Witty, ex-colonel des forces spéciales américaines devenu analyste.

Provoquer la panique

L’EI a souvent répliqué àdes offensives majeures contre ses bastions en Irak et en Syrie en ouvrant de nouveaux fronts pour éparpiller les forces ennemies et détourner l’attention médiatique de ses revers.

L’attaque dite « inghimasi » àKirkouk - terme décrivant une opération menée par des hommes généralement ceinturés d’explosifs pour provoquer la panique plus que pour atteindre un objectif militaire précis - a semé le chaos dans cette ville multiethnique, située à170 kilomètres de Mossoul.

Au moins cinq kamikazes ont visé des bâtiments-clés du gouvernement. Six policiers ont été tués dans les affrontements, qui ont suivi et des dizaines d’habitants ont été blessés.

En plus d’avoir fait la une de la presse, l’attaque pourrait contraindre les forces kurdes - un élément-clé de l’offensive àMossoul - àrevoir leur déploiement. Le premier ministre irakien Haider al-Abadi a annoncé l’envoi de renforts àKirkouk.

Préoccupations chez les Kurdes

Selon Patrick Martin, spécialiste de l’Irak au centre de recherche Institute for the Study of War, basé àWashington, des éléments des peshmergas kurdes pourraient envisager de retirer certaines de leurs ressources des environs de Mossoul.

« L’UPK (Union patriotique du Kurdistan), principal responsable de la défense de Kirkouk est particulièrement préoccupée par le contrôle de la ville sur le long terme et de ses champs pétroliers », a-t-il expliqué.

Un assaillant capturé àKirkouk par les forces kurdes a assuré que l’assaut avait été ordonné par Abou Bakr al-Baghdadi pour montrer que l’EI gardait une force de frappe.

« Daech se bat pour garder du territoire, mais a eu davantage tendance àse replier ces derniers mois », affirme le colonel John Dorrian, porte-parole américain de la coalition assistant les forces irakiennes dans la guerre contre l’EI, utilisant un acronyme arabe du groupe.

Bien que les djihadistes aient perdu beaucoup de leurs hauts dirigeants et certaines sources de revenus ces derniers mois, le colonel Dorrian s’attend àce qu’ils mènent une dure bataille pour garder Mossoul.

Mossoul déjàperdue

Mais Patrick Martin juge que l’EI a déjàaccepté l’idée de perdre la deuxième ville d’Irak. « L’attaque de Kirkouk a été lancée en réponse aux pertes actuelles et futures àMossoul, mais l’EI a probablement changé d’opinion concernant la nécessité d’avoir le contrôle physique de territoires », estime-t-il.

Si l’EI « est capable de continuer àlancer des (...) attaques comme celle-ci (Kirkouk) àl’avenir, alors il continuera de représenter une menace pour les forces de sécurité irakiennes et les peshmergas », dit Patrick Martin.

Selon David Witty, l’attaque de Kirkouk est un avant-goà»t de ce qui est àvenir, puisque la reprise prévue de Mossoul par les forces irakiennes pourrait sceller le sort du « califat », du moins, côté irakien.

L’EI « va de plus en plus avoir recours àdes attentats (...) et revenir àune pure organisation terroriste de type insurrectionnel en Irak. Ils seront alors plus difficiles àcombattre », souligne-t-il.

Et de conclure : « Quand il contrôle ouvertement des villes et du territoire, il est beaucoup plus facile pour la coalition et pour les forces de sécurité irakiennes de le détruire que quand il fonctionne comme une insurrection ». (ats/nxp)