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D’Algérie : Alger-la Havane, une vieille amitié révolutionnaire

dimanche 27 novembre 2016, par siawi3

Source : http://www.elwatan.com/international/de-ben-bella-au-survet-de-l-equipe-nationale-27-11-2016-333705_112.php

Alger-la Havane, une vieille amitié révolutionnaire depuis la création du GPRA
De Ben Bella au survet de l’équipe nationale

le 27.11.16 | 10h00

Mustapha Benfodil

Fidel Castro n’a eu de cesse d’exprimer son soutien indéfectible àl’Algérie en lutte pour son indépendance, par l’envoi d’armes et de munitions et par la prise en charge des blessés de l’ALN pour se faire soigner àCuba.

Castro en grande discussion avec Ben Bella sous le regard amusé du Che tirant sur son cigare ; Castro aux côtés de Ben Bella le 20 octobre 1962 àLa Havane, Castro paradant en tenue de combat dans les rues d’Alger en compagnie de Boumediène sous une pluie de confettis ; Castro prononçant un discours au 4e Sommet des Non-alignés àAlger en septembre 1973 ; Castro assailli par une nuée de micros aux côtés de Bouteflika, alors ministre des AE, en mars 1976 ; Castro foulant les rues d’Oran sous les vivats d’une foule en liesse en 1972 ; Castro juché sur un dromadaire et s’agrippant àla manche de Boumediène pour ne pas tomber ; Castro revêtant un burnous offert par Sellal, sans doute dernier haut responsable algérien àavoir rencontré le Líder Máximo (octobre 2016).

Sans oublier, bien sà»r, cette fameuse photo qui a fait le buzz, où l’on voyait le père de la Révolution cubaine apparaître en survêtement aux couleurs de l’Algérie. Un survêtement de notre équipe nationale qu’il portait àl’occasion d’un gala organisé en son honneur pour ses 90 ans célébrés le 14 aoà»t dernier. Autant d’images qui livrent, par bribes, des pans de la relation particulière qui unissait Fidel Castro àl’Algérie.

Une relation dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle fut le plus souvent intense, passionnée, jamais banale. Il faut rappeler, àce propos, que Fidel Castro, c’est d’abord l’histoire d’une fraternité révolutionnaire, lui qui n’hésita pas àexprimer par les actes son soutien indéfectible aux camarades de lutte algériens sitôt renversée la dictature de Batista.

Gabriel Garcia Marquez, qui fréquentait les milieux proches du FLN et des « porteurs de valise » àParis, écrira àce propos : « En Algérie, bien avant que la Révolution cubaine proclamera son caractère socialiste, déjàCuba avait prêté une aide considérable aux combattants du FLN dans leur guerre contre le colonialisme français. Au point que le gouvernement du général De Gaulle interdit, en représailles, les vols de Cubana de Aviación sur l’espace aérien français. »

(voir www.alger-republicain.com/Les-revolutionnaires-cubains.html).

Quand Castro contacte le GPRA

Sous le titre : « Nous avons vécu l’indépendance du peuple algérien comme la nôtre » (juillet 2012), Giraldo Mazola, ancien ambassadeur de Cuba en Algérie (1974-1978), fournit un précieux témoignage sur le soutien de Fidel Castro àla Révolution algérienne : « A Cuba, située àdes milliers de kilomètres, au milieu des combats que nous livrions pour notre indépendance définitive avant la victoire de janvier 1959, nous, les révolutionnaires des montagnes et des plaines, suivions avec admiration et sympathie les informations sur cette lutte de nos frères algériens qui ressemblait tant àla nôtre », écrit-il (in : http://cubasifranceprovence.over-blog.com/article-nous-avons-vecu-l-independance-de-l-algerie-comme-la-notre-108212894.html).

« En 1960, nous reçà»mes une délégation du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), et le 27 juin 1961, c’est-à-dire deux mois après la victoire de Playa Giron, dans la baie des Cochons, Cuba fut le seul pays de l’hémisphère occidental àreconnaître celui-ci. Ce geste entraîna des représailles de la part du gouvernement français, qui s’aligna sur la politique hostile de l’impérialisme des Etats-Unis.

Mais la solidarité des Cubains avec ce peuple alla beaucoup plus loin, et ces années marquèrent le début de l’aide désintéressée accordée àbeaucoup de pays du Tiers-monde, tant dans le domaine civil avec l’envoi de médecins, de constructeurs et d’instituteurs, que militaire au Congo, àl’Angola, àla Guinée-Bissau, àla Syrie et àl’Ethiopie. » L’ancien diplomate rapporte comment Fidel Castro avait dépêché un émissaire àTunis pour rencontrer le GPRA.

« Jorge Ricardo Masetti, le journaliste argentin qui créa l’agence Prensa Latina àLa Havane, et qui par la suite mourut au combat alors qu’il tentait de constituer un mouvement guérillero dans le nord de l’Argentine, fut envoyé par Cuba en octobre 1961 avec pour mission de prendre contact avec le Front de libération nationale (FLN), et de lui faire part de notre disposition àaider la jeune République algérienne.

L’accord prévoyait l’envoi d’armes. Cette même année, le navire cubain Bahia de Nipe levait l’ancre avec, àson bord, une importante cargaison d’armes et de munitions, et arriva en janvier 1962 dans le port de Casablanca, au Maroc. Le matériel fut acheminé vers le campement du FLN situé près d’Oujda, ville frontière du Nord-Est marocain.

De retour àLa Havane, le Bahia de Nipe transportait 78 combattants algériens grièvement blessés qui allaient être soignés àCuba, ainsi que 20 enfants des camps de réfugiés, orphelins pour la plupart, qui furent pris en charge par l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP). »

L’ancien ambassadeur souligne également le rôle d’Ernesto Guevara dans le renforcement de ce lien avec l’Algérie : « Il est impossible, poursuit-il, de dresser le bilan des relations d’amitié qui unissent nos deux peuples sans parler de la présence active du Che en Algérie et de sa contribution au renforcement de ces liens indissolubles forgés dans la lutte commune contre l’impérialisme, le colonialisme et le néocolonialisme. » Giraldo Mazola témoigne par ailleurs de l’aide du gouvernement de Fidel Castro àla jeune République algérienne, notamment dans le domaine médical : « Le 24 mai 1963 arrivait en Algérie la première aide internationaliste cubaine, un contingent médical constitué de 45 hommes et 10 femmes. Rappelons qu’àl’époque les rares médecins que comptait l’Algérie étaient dans leur majorité des Français, dont beaucoup quittèrent le pays après l’indépendance. » M. Mazola ne manque pas d’évoquer l’épisode de l’aide militaire de Castro àl’Algérie lors de la guerre des Sables avec le Maroc en 1963.

« Mon cher Fidel… »

Dans une longue interview accordée par Ahmed Ben Bella àla journaliste Silvia Cattori, l’ancien Président (dont l’une des toutes premières visites officielles fut pour La Havane, en octobre 1962), déclare àpropos de ses relations avec Castro et Che Guevara : « Le Che était venu àAlger m’apporter le message de Fidel Castro que j’avais rencontré deux fois. Il nous demandait de soutenir les luttes qui se développaient en Amérique du Sud, car Cuba ne pouvait rien faire ; elle était sous le contrôle des Etats-Unis qui occupaient la baie de Guantanamo.

Rien ne pouvait donc sortir de Cuba, même pas une boîte d’allumettes, sans que les Etats-Unis le sachent. Je n’ai pas hésité une seconde. C’est depuis l’Algérie, et avec la participation du Che qui est resté chez nous durant six mois, que s’est créé l’état-major de l’Armée de libération de l’Amérique du Sud.

Je peux le dire maintenant : tous les combattants qui participaient àla lutte de libération en Amérique du Sud sont venus en Algérie ; c’est de làque tout ceux qui luttaient sont partis. On les a entraînés, on s’est arrangé pour que les armes arrivent chez eux, on a créé des réseaux. » (http://www.silviacattori.net/spip.php article3082).

Pour la petite histoire, Siné, le célèbre dessinateur de presse, racontait àParis-Match àl’occasion de la parution de ses Mémoires, comment il avait servi d’intermédiaire entre Ben Bella et Castro dont il était proche en lui portant une missive écrite de la main de Si Ahmed, au ton très amical, et où le tutoiement était de mise.

La lettre est datée du 9 aoà»t 1962, et commence par : « Mon cher Fidel, j’apprends que notre ami commun rejoindra bientôt Cuba. J’en profite pour t’envoyer ce mot… ». Et Siné qui lâche en se remémorant cette anecdote assortie d’une copie de la lettre en question : « En fait, cette lettre àremettre en main propre àCastro, c’était juste un stratagème pour rencontrer Fidel. Il n’y avait rien dans la bafouille qu’avait rédigée Ben Bella àma demande, juste ‘‘Salut camarade ! Ça boume ?’’ ».

En tout, Fidel Castro est venu àsept reprises en Algérie. Sa dernière visite officielle remonte au mois de mai 2001 dans le cadre d’une tournée autour de certains pays-clés du groupe des 77 dont le premier sommet s’était déroulé en avril 2000 àLa Havane.

Il convient toutefois de noter que les relations algéro-cubaines avaient connu une certaine « tiédeur » après le coup d’Etat du 19 juin 1965 avant de se réchauffer de nouveau àpartir de 1967, comme le souligne la chercheuse Nicole Grimaud dans son ouvrage La politique extérieure de l’Algérie (1962-1978) (éditions Karthala, 1984) : « En Amérique Latine se détache Cuba, ami de la première heure. Après la brouille due àl’éviction du président Ben Bella, les relations algéro-cubaines sont normalisées en juin 1967 et connaissent ànouveau, progressivement, intensité et chaleur.

Le séjour triomphal de Fidel Castro en juillet 1973 scelle ces retrouvailles et suscite un enthousiasme extraordinaire au sein de la population, très sensible àla légende qui entoure le Premier Cubain. Enfin, le bref passage au pouvoir des socialistes chiliens va se traduire par une intensification des rapports : le Dr Allende vient àAlger en juillet 1973 » (p 290).

Rappelons que le président Bouteflika s’est rendu deux fois àLa Havane en visite officielle, précisément en 2000 et en 2009. En hommage àcette grande figure qui nous est si familière, le président de la République a décrété un deuil national de huit jours.

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Source : http://www.elwatan.com/international/deces-de-l-icone-de-la-revolution-cubaine-fidel-castro-fin-d-une-ere-pour-les-cubains-26-11-2016-333695_112.php

Décès de l’icône de la révolution cubaine Fidel Castro, fin d’une ère pour les Cubains

le 26.11.16 | 11h00 | mis àjour le 26.11.16 | 20h25

L’icône de la révolution cubaine et défenseur de la justice sociale, Fidel Castro, est décédé vendredi àl’âge de 90 ans àLa Havane, marquant la fin d’une ère pour son peuple àqui il laisse comme ultime message : respecter les « idéaux de la révolution ».

Après des années de lutte contre des soucis de santé, l’ex-président Fidel Castro, « est décédé à22h29 (heure locale) », a annoncé son frère Raul, précisant : « Conformément àla volonté exprimée par le camarade Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures de la journée de samedi, le 26 novembre ».

Depuis 2000, Fidel Castro souffrait de graves problèmes intestinaux, àcause desquels il s’est retiré de la vie politique en 2006 au profit de son frère cadet Raul, mais conservant néanmoins un poids moral qu’il exerçait notamment àtravers ses dizaines de « réflexions », qu’il publiait régulièrement dans la presse officielle.

Le 19 avril 2016, Fidel Castro est intervenu pour la dernière fois au Congrès cubain, évoquant sa mort « dans un futur proche » et appelant àrespecter les « idéaux de la révolution ».

« Le septième siège du Congrès sera le dernier auquel ma génération historique prendra part. J’aurai bientôt 90 ans, et connaîtrai le même sort que tout le monde », a-t-il précisé.

Sa dernière apparition publique date du 13 aoà»t, àl’occasion de son 90e anniversaire, au côté de son frère Raul et du président vénézuélien Nicolas Maduro, son principal allié en Amérique latine.

Le décès de Fidel Castro marque la fin d’une ère pour la majorité des Cubains. Il représentait en effet le dernier communiste de la « veille école » à» le premier président de la République populaire de Chine, Mao Zedong, le premier dirigeant nord-coréen Kim Il-sung et les leaders soviétiques Nikita Khrouchtchev et Léonid Brejnev n’étant plus de ce monde-.

Fidel Castro, parcours d’un leader historique

Le père de la révolution cubaine, Fidel Alejandro Castro Ruz, est officiellement né le 13 aoà»t 1926 dans le village de Biran, près de Mayari, dans l’est de Cuba, mais certains biographes considèrent qu’il est né un an plus tôt. Il a grandi dans la famille d’un immigré espagnol, qui avait fait fortune dans la culture de la canne àsucre.

Diplômé de la faculté de droit de l’université de La Havane en 1950, il commence une carrière d’avocat et d’opposant politique en prenant part aux mouvements visant àrenverser la dictature de Fulgencio Batista.

En 1953, après l’attaque de La Moncada, il est condamné à30 ans de prison, mais est libéré deux ans plus tard, bénéficiant d’une amnistie. Il part alors au Mexique, d’où il prépare la conquête de l’île avec d’autres exilés cubains.

En décembre 1956, Fidel Castro et ses 81 compagnons d’armes regagnent l’île àbord du « Granma »... mais le débarquement tourne àla catastrophe. Seules 12 personnes, dont Fidel Castro, son frère Raul et Ernesto « Che » Guevara, parviennent àse réfugier dans les collines de la Sierra Maestra et àprendre le contrôle d’une partie de la province d’Oriente.

Ils repassent àl’offensive en 1958, de sorte que le 1er janvier de l’année suivante, Fulgencio Batista est contraint de quitter Cuba.

Le 8 janvier 1959, entouré de ses « barbudos » - son frère Raul, « Che » Guevara, le charismatique Camilo Cienfuegos -, Fidel Castro fait une entrée triomphale àLa Havane. Il devient alors le chef des forces armées, puis le Premier ministre du pays.

Les premières années de pouvoir de Castro sont marquées par de nombreuses réformes au profit de son peuple. Il instaure un système de santé décent pour tous, et combat l’analphabétisme.

En 1961, il proclame le « caractère socialiste » de la Révolution lors de la tentative d’invasion d’exilés cubains, soutenus par les renseignements américains (CIA), de la baie des Cochons.

Rapidement, les tensions entre Cuba et les Etats-Unis s’intensifient.

En 1962, le président américain John F. Kennedy annonce un blocus naval de Cuba et rompt toutes relations diplomatiques avec La Havane.

Ce grand symbole des mouvements de libération aura néanmoins assisté fin 2014 àun rapprochement historique entre son pays et les Etats-Unis.

Au cours de sa vie, il a défié 11 présidents américains et survécu àmaints complots d’assassinat -un record de 638 selon le Livre Guinness des records.

APS