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France : L’UniversiteÌ doit demeurer neutre aÌ€ l’eÌ gard de tout engagement religieux

jeudi 19 janvier 2017, par siawi3

Source : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/091216/l-universite-doit-demeurer-neutre-l-egard-de-tout-engagement-religieux

L’UniversiteÌ doit demeurer neutre aÌ€ l’eÌ gard de tout engagement religieux – par les inviteÌ s de MeÌ diapart

9 déc. 2016

Six personnaliteÌ s scientifiques unissent leur voix pour demander aÌ€ Michel Deneken, preÌ sident par inteÌ rim de l’universiteÌ , mais eÌ galement theÌ ologien et ministre du culte de l’EÌ glise catholique de « reconsideÌ rer sa deÌ cision de se porter candidat aÌ€ la preÌ sidence de l’UniversiteÌ de Strasbourg. »

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Le 17 novembre les eÌ lections dans les conseils centraux de l’UniversiteÌ de Strasbourg se sont traduites par un court succeÌ€s des listes soutenant la candidature de Michel Deneken, preÌ sident par inteÌ rim de l’universiteÌ , mais eÌ galement theÌ ologien et ministre du culte de l’EÌ glise catholique. L’eÌ lection d’un preÌ‚tre catholique aÌ€ la teÌ‚te d’une grande universiteÌ publique de recherche, beÌ neÌ ficiaire des Investissements d’avenir, apparaiÌ‚t deÌ sormais possible.

Or, trois raisons nous conduisent aÌ€ consideÌ rer qu’une telle eÌ lection n’est pas souhaitable.
Tout d’abord, la direction d’une universiteÌ par un preÌ‚tre contreviendrait aux principes fondamentaux de la laïciteÌ dont le respect apparaiÌ‚t aujourd’hui plus important que jamais. L’UniversiteÌ publique française doit demeurer neutre aÌ€ l’eÌ gard de tout engagement religieux.
Nous observons ensuite que notre pays est de plus en plus diviseÌ sur la question de la laïciteÌ et en particulier sur la place des religions dans notre socieÌ teÌ . Ces questions sont leÌ gitimement deÌ battues, mais elles sont aussi instrumentaliseÌ es par diffeÌ rents acteurs politiques. Dans un tel contexte il est aÌ€ craindre que l’eÌ lection d’un religieux aÌ€ la teÌ‚te d’une universiteÌ n’avive les tensions, alors que notre pays a besoin d’apaisement.
Enfin, c’est la reÌ putation meÌ‚me de l’UniversiteÌ de Strasbourg, et par conseÌ quent de l’UniversiteÌ française, qui serait mise aÌ€ mal par une telle gouvernance. Le creÌ dit public de l’ensemble des recherches meneÌ es dans cette universiteÌ , recherches souvent deÌ veloppeÌ es en partenariat avec des eÌ tablissements et organismes de premier plan (CNRS, INSERM...), en serait affecteÌ et amoindri. La visibiliteÌ scientifique internationale de l’UniversiteÌ de Strasbourg, aujourd’hui porteÌ e par 41 projets d’excellence et par ses nombreux Prix Nobel, serait gravement alteÌ reÌ e par la singulariteÌ d’un preÌ sident qui entretient des liens eÌ troits avec les autoriteÌ s religieuses et exerce des missions pastorales (1).
Dans l’inteÌ reÌ‚t du Service public et par respect pour le principe de neutraliteÌ de l’Etat, Michel Deneken s’honorerait aÌ€ reconsideÌ rer sa deÌ cision de se porter candidat aÌ€ la preÌ sidence de l’UniversiteÌ de Strasbourg.

Signataires :
Claude Calame, helleÌ niste, anthropologue, directeur d’eÌ tudes aÌ€ l’EHESS ;
Claude Debru, professeur eÌ meÌ rite de philosophie des sciences aÌ€ l’EÌ cole normale supeÌ rieure, membre de l’AcadeÌ mie des sciences ;
Juliette Grange, agreÌ geÌ e de philosophie, docteur d’EÌ tat, professeur des universiteÌ s ; Nathalie Heinich, sociologue, directrice de recherche au CNRS ;
Jean-Pierre Kahane, matheÌ maticien, membre de l’AcadeÌ mie des sciences ;
Henri Pena-Ruiz, philosophe, eÌ crivain, ancien membre de la Commission Stasi sur l’application du principe de laïciteÌ dans la ReÌ publique.