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Irlande : Les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres exigent des sanctions

vendredi 27 novembre 2009, par siawi2

Vendredi 27 novembre 2009

Le Point.fr

* RAPPORT L’Église catholique d’Irlande a couvert des abus sexuels par des prêtres

Les victimes des abus sexuels commis par des prêtres de la région de Dublin pendant plusieurs décennies ont exprimé jeudi leur colère et appelé àdes sanctions, après la publication d’un rapport dénonçant la manière dont l’Église catholique d’Irlande a caché ces faits . « C’est la fin d’une longue route pour les victimes d’abus et en particulier pour ceux qui ont protesté pendant de nombreuses années et qui ont été diffamés par l’Église et qualifiés de menteurs », a déclaré Marie Collins, elle-même victime d’abus dans les années 1960. « Ce rapport nous donne raison et montre que tout ce que nous avons dit sur le fait que ça avait été étouffé » était vrai, a-t-elle ajouté. Marie Collins dénonce le fait que les prêtres auteurs des abus étaient transférés « d’une paroisse àl’autre » et ainsi « autorisés àcommettre encore plus d’abus ».

Maeve Lewis, directrice d’une association de soutien aux victimes One in Four, s’est également indignée que la police et les services sociaux n’aient pas dénoncé ces actes. « Ces gens sont aussi coupables que les auteurs d’abus sexuels eux-mêmes », a-t-elle déclaré, réclamant l’ouverture d’une enquête criminelle contre « tous ceux qui ont été de connivence et ont conspiré pour protéger l’Église catholique ». Andrew Madden, une autre victime, s’est dit « choqué » par ces révélations. Il a estimé que l’État avait aussi sa part de responsabilité, car il avait refusé d’agir quand lui-même avait rendu public son passé et la manière dont l’Église avait tenté d’acheter son silence en 1995. Si rien n’est fait après la publication de ce rapport, il n’aura été qu’une « occasion manquée » dans la promotion des droits de l’enfant en Irlande.

Excuses officielles

De son côté, l’actuel archevêque de Dublin Diarmuid Martin a immédiatement exprimé jeudi ses « excuses », son « chagrin » et sa « honte » face àce nouveau rapport aux conclusions « révoltantes ». Selon ce document officiel de plus de 700 pages fruit de trois ans d’enquête, quatre archevêques successifs de Dublin ont protégé les auteurs d’abus et n’ont « pas signalé àla Gardai (police irlandaise) qu’ils étaient au courant d’abus sexuels sur des enfants » commis depuis les années 1960. Les conclusions de cette enquête arrivent six mois seulement après un autre rapport qui avait horrifié l’Irlande en mai en révélant des décennies d’abus sexuels, parfois « endémiques », àpartir des années 1930 dans les institutions pour enfants dirigées par l’Église catholique.

Le gouvernement irlandais a lui aussi présenté ses excuses « sans réserves » pour les défaillances de l’État, notamment de la police, àempêcher ces abus. « Les autorités de l’État ont facilité cette dissimulation en n’assumant pas leurs responsabilités » et « le bien-être des enfants, qui aurait dà» être la première priorité, n’était même pas un facteur pris en considération au début », accuse en effet le rapport. L’enquête a révélé une « perversion systématique et calculée du pouvoir et de la confiance face àdes enfants innocents et sans défense », a déclaré le gouvernement dans un communiqué, promettant que « cela ne se produira plus jamais ». Amnesty International a appelé àun référendum en Irlande pour inscrire les droits des enfants dans la constitution irlandaise afin d’éviter de tels abus àl’avenir.