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Arabie Saoudite : une réjouissante critique de ’la loi de dieu’

jeudi 28 janvier 2010, par siawi2

Wajiha Al-Howeidar, une Saoudienne qui n’a pas la langue dans sa poche

L’écrivaine saoudienne contestataire Wajiha Al-Howeidar sait mieux que quiconque les conditions draconiennes imposées aux femmes du royaume. Elle refuse notamment de s’estimer satisfaite parce qu’on annonce quelques
timides réformes dans ce pays fermé. Alors, sommée de modérer ses critiques et de revoir ses exigences concernant la condition féminine, elle pose ses
conditions.

Les conditions de Wajiha Al- Howeidar

‘‘J’arrêterai de revendiquer des droits pour la femme saoudienne :
- Lorsque je verrai des femmes saoudiennes sans qualifications occuper de hautes fonctions, telles que gouverneur, ministre, ambassadrice, Premier ministre ou députée, ou tout autre poste politique élevé. Et de devoir
ces positions au simple fait de bénéficier de relations influentes grâce aux liens du clan, de la tribu et du sang.
- Lorsque je verrai des tribunaux présidés par des femmes saoudiennes et qu’il sera interdit aux hommes saoudiens d’y occuper n’importe quelle fonction, ou d’être représentés autrement que par une femme exerçant la tutelle sur leur personne et sur leurs intérêts. L’homme ne sera autorisé àapparaître àl’audience que sur ordre de la juge. Il se présentera de façon anonyme, couvert de noir des pieds àla tête et ne parlera que sur injonction de sa tutrice. Son témoignage ne sera pris en considération que s’il est confirmé par un autre témoin masculin.

- Lorsque l’homme saoudien ressentira la peur tout au long de sa vie. Parce que son épouse pourra le changer ou le remplacer par un autre homme, par noce passagère ou de jouissance, ou par un second mariage visant àsatisfaire la libido de la femme. Que cette femme justifiera alors
cet avilissement en prétendant se conformer àla « Loi de Dieu ».

- Lorsque je verrai une femme saoudienne mettre fin àla vie active d’un homme qui réussit en le privant de son travail d’un simple trait de plume.

- Lorsque je verrai des hommes saoudiens mà»rs, majeurs et sages traînés vers les postes de police parce qu’ils étaient au volant de leur voiture. Qu’ils ne seront remis en liberté que sur promesse de leur tutrice qu’ils ne recommenceront pas.

- Lorsque la femme saoudienne portera des vêtements blancs, confortables alors que l’homme saoudien sera astreint àporter une écharpe noire, des gants noirs et un vêtement noir et àmarcher sous un soleil brà»lant qui fait fondre le métal. Il sera suivi de près par des femmes athlétiques et sauvages qui surveilleront ses mouvements au nom de la défense de la vertu et de la lutte contre le vice. Ainsi, l’homme saura qu’il n’a que deux endroits dans
sa vie : la maison et le tombeau.

- Lorsque les femmes auront mainmise sur tous les rayons des centres commerciaux. Même les boutiques de dessous masculins seront tenues par des femmes. Elles proposeront leurs marchandises aux hommes avec effronterie et impudence.

- Lorsque la femme touchera le double de la part de l’homme sur l’héritage de son père, même si elle est riche et possède des biens immenses, en comparaison avec son frère réduit àune pauvreté extrême.

- Lorsque la femme saoudienne aura le droit de répudier, de le chasser de sa maison, de le priver de ses enfants et de ramener un mari plus jeune àsa place.

- Lorsqu’une religieuse saoudienne utilisera les colonnes de tous les journaux gouvernementaux pour autoriser àbattre l’homme et àle gifler pour obtenir sa soumission et que la majorité des femmes la soutiendra.

- Lorsque 96% des cas de violence seront imputés àdes femmes contre des hommes.

- Lorsque l’honneur s’incarnera dans le corps de l’homme et que celui-ci sera sujet àla violence et au meurtre si son corps est touché par une femme.

- Lorsque les femmes saoudiennes se seront emparées de toutes les tribunes religieuses, qu’elles les utiliseront pour écraser l’homme et resserrer l’étau autour de lui en exigeant, au nom de la religion, qu’il soit privé de ses droits fondamentaux et de ses libertés individuelles.

- Lorsque se répandra dans la société saoudienne, par le biais du système éducatif et des médias, la culture réduisant l’homme àun être inférieur, ayant peu de cervelle et encore moins de religion.â€

Une vision décrétant que la nation qui confie ses destinées àun homme ne doit espérer aucun bienfait. » Ce sont làquelques-unes des conditions posées par Wajiha Al-Howeidar, avec cette précision que les torts causés àl’homme par ses suggestions sont purement virtuels alors que ceux subis par la femme sont, eux, bien réels. Alors, au lieu d’imposer àl’homme ces épreuves dégradantes pour lui, pourquoi ne pas cesser simplement de les
imposer aux femmes ? C’est ce que souhaite, en tout cas, l’écrivaine. Un souhait ? Plutôt un vÅ“u pieux, et on sait ce deviennent les vÅ“ux pieux au pays de la piété totale, ou, devrions-nous dire, totalitaire.

Source : Le Soir D’Algerie, 28 janvier 2010