Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : L’imam de Drancy se dit menacé de mort

France : L’imam de Drancy se dit menacé de mort

jeudi 4 février 2010, par siawi2

M.B.(Lefigaro.fr) avec AFP - 26/01/2010

L’imam Hassen Chalghoumi a comparé la burqa à« une prison pour les femmes ».

Hassen Chalghoumi avait fait parler de lui en se prononçant en faveur d’une loi pour interdire la burqa. Il entend porter plainte après l’irruption d’islamistes dans sa mosquée.

La polémique sur le port de la burqa dans les services publics n’arrête pas de faire des remous. Quelque 80 personnes ont fait irruption lundi soir dans la mosquée de Drancy, en Seine-Saint-Denis, pour proférer des menaces àl’encontre de son imam, Hassen Chalghoumi, un proche de la communauté juive qui s’est récemment prononcé pour l’interdiction de la burqa.
« Un commando de quatre-vingts personnes, le visage non masqué, a fait irruption dans la mosquée où se trouvaient quelque 200 fidèles », a raconté mardi matin un conseiller de la conférence des imams. Un collectif présidé par Hassen Chalghoumi qui promeut un « dialogue interreligieux et la promotion d’un islam ouvert. »

« Ils ont forcé le passage et se sont emparés du micro après une bousculade. Ils ont alors adressé des menaces et des anathèmes àl’adresse de l’imam, le traitant de ‘mécréant’, d’’apostat’ et affirmant : ‘on va liquider son cas, àcet imam des juifs’ », a poursuivi le conseiller. « Il n’y a pas besoin de faire bac +5 pour comprendre que les termes employés équivalent àune fatwa », a-t-il souligné. Et d’ajouter : « Certains ne lui pardonnent pas d’avoir accueilli dans sa mosquée, chaussures enlevées, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives, NDLR), Richard Prasquier. »
« Ils souhaitent ma mort »

Le conseiller a notamment mis en cause les Frères musulmans, affirmant que le commando appartenait à« un groupuscule nommé ‘Cheikh Yassine’ (du nom du fondateur du Hamas tué en 2004 dans un raid israélien, NDLR), sous obédience des Frères musulmans, manipulé par l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). » Fouad Alaoui, président de l’UOIF, a démenti toute implication, tout en condamnant l’agression dont a été victime l’imam.
Hassen Chalghoumi a de son côté annoncé mardi sur Radio Orient sa décision de déposer plainte. « Ils souhaitent ma mort, quelqu’un peut me liquider », a-t-il ajouté, tout en affirmant ne pas craindre les menaces. L’imam a également appelé au soutien des « fidèles » et des « concitoyens » car, a-t-il argué, « c’est notre avenir qui est en jeu ».Evoquant les auteurs de l’intrusion, il a expliqué qu’ils voulaient « l’extrémisme et la haine par rapport àmon point de vue sur la burqa et mon rapprochement avec les communautés juive ou chrétienne. »

Son domicile avait été saccagé en mai 2006

Hassen Chalghoumi s’est déclaré favorable àune loi interdisant le voile intégral vendredi dernier, dans un entretien au Parisien. « Mais elle doit être assortie d’un travail pédagogique comme ce qui s’est fait pour le voile àl’école en 2004 », a affirmé l’imam, comparant la burqa à« une prison pour les femmes, un outil de domination sexiste et d’embrigadement islamiste. »
Ce n’est pas la première fois qu’Hassen Chalghoumi fait l’objet de menaces. En mai 2006, son domicile avait été saccagé après son appel aux musulmans du monde entier àrespecter la mémoire juive, au mémorial de Drancy. Ville où étaient rassemblés les juifs avant d’être déportés vers les camps nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. En janvier 2009, c’était au tour de sa voiture d’être vandalisée. Fin décembre, lors des débuts de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, il s’était notamment inquiété de voir les actes antisémites se multiplier. « Les citoyens français juifs doivent pouvoir vivre en paix », avait-il affirmé, suscitant de nombreuses critiques au sein de sa communauté.

Mardi, une mission parlementaire a préconisé l’interdiction par la loi du voile intégral. Elle recommande que la France prenne des mesures pour la bannir des administrations, des hôpitaux et des transports publics.