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Suisse : Ces « petits riens  » de l’islamisme « soft  » qui s’infiltrent dans notre quotidien

Témoignage d’un musulman de Suisse excédé

samedi 5 mai 2018, par siawi3

Source : https://www.causeur.fr/islamisme-soft-musulmans-antisemitisme-150907
Causeur #57 - Mai 2018

Ces « petits riens  » de l’islamisme « soft  » qui s’infiltrent dans notre quotidien

Témoignage d’un musulman de Suisse excédé

par
Mohamed Hamdaoui

2 mai 2018

Photo : Kenza Drider, qui porte le niqab, voulait se présenter àl’élection présidentielle 2012 en France. Ici àParis en décembre 2012. SIPA. 00629048_000022

TeÌ moignage d’un musulman de Suisse exceÌ deÌ par ces « petits riens  » qui, aÌ€ force de se reÌ peÌ ter, illustrent les tentatives d’intrusion de certains islamistes dans la spheÌ€re priveÌ e.

AouÌ‚t 2002. Mon oncle Driss ne s’eÌ tait jamais vraiment releveÌ de la chute des deux tours new-yorkaises. En plus, quelques mois plus toÌ‚t, Jean-Marie Le Pen avait acceÌ deÌ au second tour de l’eÌ lection preÌ sidentielle française. « Je l’avais preÌ dit. Si nous continuons de nous voiler la face, nous l’aurons bientoÌ‚t dans le baba  », avait-il dit sur son lit d’hoÌ‚pital en crachant ses poumons.

Car aÌ€ force de fumer, Tonton avait eu des meÌ tastases dans tout le corps. Il avait beau depuis son enfance faire ses cinq prieÌ€res quotidiennes et connaiÌ‚tre par cÅ“ur le Coran, son Dieu n’avait pas eÌ teÌ treÌ€s geÌ neÌ reux. Mon oncle avait aÌ€ peine 50 ans. Il eÌ tait sur le point de s’en aller. Le temps eÌ tait splendide, aÌ€ croire que le ciel auquel il croyait tant avait ouvert ses volets pour mieux l’accueillir.
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adikteev
« Si un musulman meurt en preÌ sence de femmes…  »

Nous eÌ tions aÌ€ son chevet. Il murmurait : « Maman !  » Un aide-soignant que nous appreÌ cions beaucoup nous avait rejoints. Comme nous, il eÌ tait neÌ dans le sud de l’AlgeÌ rie. Nous lui faisions confiance. Il parlait aÌ€ mon oncle en tamachek – la langue des Touaregs – et lui apportait des mets « du pays  », dont le fameux « elftat  », des creÌ‚pes rudimentaires enrobeÌ es de sauce piquante et de viande de mouton.

Alors que mon oncle avait de plus en plus de peine aÌ€ sussurer « maman  », cette blouse blanche m’avait attireÌ en dehors de sa chambre d’agonisant pour me dire ceci : « Momo (c’est mon surnom), il ne faut pas que les deux filles de Driss et son eÌ pouse restent dans cette chambre. Car si un musulman meurt en preÌ sence de femmes, son aÌ‚me sera souilleÌ e et il ne pourra pas aller au paradis.  » Fin de citation.

Je n’avais pas eu d’autre alternative que de l’empoigner par sa barbichette et l’expulser manu militari. « Tu n’es pas digne de partager de notre souffrance. Va-t’en.  »
« Vous êtes musulman, comme moi  »

J’espeÌ rais que ces intrusions indeÌ centes d’islamistes dans nos vies priveÌ es fussent exceptionnelles. HeÌ las, sans eÌ‚tre envahissantes, elles ne sont pas rares et ne
font pas la « une  » des journaux.

Petit florilège.

Ce soir-laÌ€ de 2015, preÌ sident d’une socieÌ teÌ locale permettant aÌ€ des enfants et aÌ€ des adolescents d’apprendre aÌ€ peu de frais aÌ€ jouer d’un instrument de musique (cotisation annuelle de 80 francs suisses), je devais m’acquitter d’une eÌ pouvantable corveÌ e : dire aÌ€ une jeune musicienne qu’elle n’eÌ tait plus la bienvenue car malgreÌ de nombreux rappels, ses parents n’avaient pas payeÌ leur cotisation. Visiblement triste, la gamine m’avais alors dit : « Monsieur ! Allez-voir mon papa, il m’attend aÌ€ la sortie.  »

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Effectivement, il eÌ tait laÌ€, aÌ€ bord d’une rutilante BMW. Il commença par m’expliquer que comme il eÌ tait « au social  », il n’avait pas les moyens de deÌ penser quatre fois 20 francs
par an pour que sa fillette puisse apprendre aÌ€ jouer de la fluÌ‚te traversieÌ€re et s’inteÌ grer aÌ€ un groupe. Puis, constatant mon scepticisme, il m’interpella en ces termes : « Eh ! Mais si vous vous preÌ nommez ‘Mohamed’, c’est que vous eÌ‚tes musulman comme moi ! Dans ce cas, je paie.  »

Fin de citation.

Quelques mois plus toÌ‚t, notre section locale du PS avait veÌ cu une seÌ ance eÌ pouvantablement houleuse. Enjeu : la deÌ signation de nos candidats et candidates au Conseil municipal. Je m’eÌ tais inconsciemment porteÌ volontaire – face aÌ€ une femme. Un quasi tabou. « ParqueÌ s  » (car il n’existe heÌ las pas d’autre mot) au fond
de la salle, une vingtaine de travailleurs turcs membres d’un syndicat treÌ€s influent. Ils avaient eÌ teÌ convoqueÌ s pour reÌ pondre aux ordres de leur « chef  », devenu depuis député. Ils avaient pour mission de me barrer la route. Mais deÌ couvrant mon preÌ nom, l’un d’entre eux m’avait attireÌ aÌ€ l’eÌ cart et m’avait dit : « Tu es musulman comme nous ? Alors nous allons voter pour toi et contre cette femme.  » Heureusement, j’avais eÌ teÌ battu pour une petite voix. La mienne !
« Nous seuls connaissons la veÌ riteÌ Â »

Et que dire de cette Suissesse convertie – c’est son droit leÌ gitime – qui refuse de me serrer la main, alors que je lui avais si souvent fait la bise auparavant ? « Si des connaissances me voient serrant la main d’un homme, ils risquent de me deÌ noncer aÌ€ mon mari  », avait-elle dit pour se faire pardonner.

Et que dire de cette autre femme au visage aussi pur que celui de Claudia Cardinale dans Il eÌ tait une fois dans l’Ouest ? Elle s’eÌ tait mise aÌ€ porter un discret foulard, puis un fichu plus impressionnant et deÌ sormais un niqab ! « Nous seuls connaissons la veÌ riteÌ Â », m’avait jeteÌ aÌ€ la figure cette ancienne copine du quartier.

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Et que dire aussi de cette pizzeria, peut-eÌ‚tre une des meilleures de la ville ? Qui propose de veÌ ritables filets d’anchois ou des merguez aÌ€ damner un apoÌ‚tre ! Malheureusement, son geÌ rant refuse de servir du vin aÌ€ ses clients. Tant pis pour lui.

Que dire enfin de cette vieille connaissance qui s’inquieÌ tait de mon eÌ ternel ceÌ libat ? Ce quasi compatriote me proposait sans vergogne de me faire rencontrer de jeunes musulmanes. « Elles sont dociles !  », m’avait-il assureÌ . « Tu n’aurais pas plutoÌ‚t une Juive ?  », avais-je reÌ torqueÌ par pure provocation. Il ne m’adresse plus la parole.

Ad libitum.

Une grosse poignée d’islamistes pourrissent notre quotidien

Ces petites sceÌ€nes de la vie quotidienne ont pour la plupart eu lieu dans « ma  » ville : Bienne. Quelque 55 000 habitants. Un modeÌ€le d’une commune multi-ethnique qui a prospeÌ reÌ graÌ‚ce aÌ€ l’apport successif de travaileurs du Seeland, du Jura, de Toscane et des Pouilles, d’Andalousie et de Galice, du Portugal, de Serbie et du Kosovo. OuÌ€ l’eÌ cole et l’entreprise ont eÌ teÌ de formidables lieux d’inteÌ gration – sans oublier les nombreux clubs sportifs, les fanfares et les troupes de theÌ aÌ‚tre, les bistrots et meÌ‚me les cimetieÌ€res.

Une politique intelligente en matieÌ€re de logements avait jusqu’alors eÌ viteÌ la creÌ ation de « ghettos  » ethniques.

Parfois cependant, j’ai des doutes. Au nom du magnifique multiculturalisme dont je suis un fruit, certains semblent preÌ‚ts aÌ€ renier leurs valeurs et aÌ€ ceÌ der au mortifeÌ€re relativisme culturel. N’osent plus dire que certains principes, acquis au terme de longues luttes, et souvent encore fragiles, ne sont pas neÌ gociables. Par exemple, l’eÌ galiteÌ entre hommes et femmes (il y a du boulot !), la lutte contre l’homophobie, l’antiseÌ mitisme et toutes les formes de xeÌ nophobie, la deÌ nonciation des deÌ rives communautaristes et la reÌ affirmation que dans une civilisation des LumieÌ€res, la Loi prime sur la foi.

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Il y a cinquante ans presque jour pour jour, j’avais, sans le demander, deÌ barqueÌ dans cette ville aÌ€ mes yeux exemplaire : ouverte, modeste, laborieuse et innovante.

Mais cette image engageante ne doit pas masquer une triste reÌ aliteÌ : aÌ€ force de sectarisme et de revendications impossibles aÌ€ justifier, une grosse poigneÌ e d’islamistes nous pourrissent l’existence au quotidien et donnent une image deÌ sastreuse de l’eÌ crasante majoriteÌ de celles et ceux qui voudraient simplement pratiquer leur religion discreÌ€tement. Ou qui s’y reÌ feÌ€rent pour des raisons purement culturelles.

J’en fais partie. Car je le confesse. Je n’ai de profondeÌ ment musulman que deux particulariteÌ s : mon preÌ nom, qui est bigrement typeÌ , et mon preÌ puce, qui est pareillement coupeÌ .