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une analyse de la controverse AI/Gita Sahgal: Kodachrome

Friday 19 March 2010, by siawi2

Source : Le blog de Meredith Tax: Taxonomy

Mardi 2 mars 2010

Souvenez-vous de la chanson de Simon et Garfunkel, Kodachrome – «Quand je pense àtoute la merde que j’ai appris au lycée, c’est un miracle que je sois encore capable de penser, Mais mon manque d’instruction ne peut pas m’affecter, je peux lire les inscriptions sur le mur. »

Eh bien, je peux en faire autant et c’est pourquoi je continue àécrire sur Gita Sahgal et Amnistie. L’inscription sur le mur dit que l’alliance d’Amnistie avec les Prisonniers en Cage soulève une question stratégique cruciale pour le mouvement global des femmes. Qui sont nos alliés fiables ? En avons-nous ?

Il faut soulever de telles questions lors de la rencontre, cette semaine du Comité de l’ONU sur le Statut des Femmes et le Forum d’ONGs qui l’accompagne. Jusqu’ici, la blogosphère a répandu plus de chaleur que de lumière et les propres déclarations d’Amnistie ont jeté un nuage défensif plutôt que d’avoir ouvert la discussion. Un certain nombre de positions, de droite comme de gauche, ont été inscrites sur le mur du cyberespace, comprenant :

1) La vieille position « vieux schnock » : « Tout ce bordel ne serait jamais arrivé si Amnistie s’était tenu àson mandat primitif de défendre des prisonniers de conscience pacifistes et ne s’était pas impliqué dans toutes ces autres questions. »

2) La position néocon : « Amnistie internationale a montré une fois de plus qu’elle est uniquement un front pour ceux qui veulent détruire la civilisation occidentale (ou Israël, dépendant de celui qui écrit). »

3) La position libérale : « Les droits humains des femmes sont importants, les droits des prisonniers fondamentalistes sont importants, pourquoi ne pouvons-nous pas nous entendre ? »

4) La position de l’extrême gauche radicale : “Moazzam Begg est un héros de la lutte du peuple et Gita Sahgal est un laquais de l’impérialisme US. »

Ces positions sont inutiles – noir et blanc, quand on a besoin de Kodachrome. On vit dans une ère géopolitique complexe dans laquelle ceux qui défendent les droits humains font face àdeux espèces d’ennemis. D’un côté, les pouvoirs impérialistes qui exploitent et oppriment la plupart des gens sur terre – et ont emprisonné des hommes musulmans àGuantanamo, y compris Moazzam Begg. D’un autre côté il y a les organisations fondamentalistes de toute religion, parce qu’ils pensent que c’est leur saint devoir de tuer des femmes, des gens d’autres religions et des groupes ethniques et même des gens de tendances différentes dans leur propre religion, bien qu’ils ne puissent pas le dire àleurs supporters blancs.

Ce n’est pas un accident si les positions les plus tranchantes et convaincantes dans la controverse Gita Sahgal-AI soient venue de l’Asie du Sud et d’Algérie, où la bataille contre les fondamentalismes se déroule depuis des années et où les enjeux sont évidents pour tous.

Une déclaration récente par un groupe d’organisations de femmes pour les droits humains – L’Association pour les droits humains des femmes dans le développement (AWID), Baobab pour les droits humains des femmes, le Centre pour le leadership global des femmes (CWGL), INFORM au Sri lanka, MADRE (organisation internationale des droits des femmes), Les droits humains (UAF), et Femmes Sous Lois Musulmanes (WLUML) – discute des enjeux en Afghanistan :

« Dans le contexte actuel d’ « engagement constructif » avec les Talibans, AI porte le fardeau d’examiner minutieusement que leurs partenaires n’utilisent pas leur plateforme pour admettre les groupes fondamentalistes qui sont responsables de violations flagrantes des droits humains des femmes, des droits de minorités et d’attaques indiscriminées contre la population civile en Afghanistan. Parmi la tendance croissant de privilégier la religion et la culture aux dépens des droits humains des femmes, nous devons rester vigilantes de ne pas saper le travail considérable que nous avons fourni en dénonçant les fondamentalismes religieux et en attirant l’attention sur la manque de mécanismes de responsabilisation d’acteurs non-étatiques comme des forces fondamentalistes puissantes, qui ont en outre renforcé des groupes extrémistes comme les Talibans. »

Ces questions remontent au moins à20 ans, àla lutte en Algérie, quand des fondamentalistes islamiques (« acteurs non-étatiques ») visés par l’état étaient occupés eux-mêmes àexécuter divers groupes dont ils voulaient purger la société – des intellectuels, des étrangers, des femmes. On peut trouver une description détaillée sur la manière dont des groupes de droits humains ont répondu àcette situation complexe par Marieme Helie Lucas dans son article de 2005, « AI et les fondamentalistes musulmans : une vieille histoire – l’exemple algérien. »:

« De nombreux rapports sur la violence en Algérie dressés par différentes organisations des droits humains, ont exclusivement été tirés d’informations fournies par les supporters des fondamentalistes sous l’apparence de défenseurs des droits humains. Nos tentatives comme défenseuses des droits des femmes pour organiser une interaction entre les victimes de la violence par des acteurs non-étatiques et l’investigation d’équipes internationales qui sont venues en Algérie ont été ignorées. »

Nous espérons que ce précédent ne donnera pas le ton pour le travail futur sur l’Afghanistan, et que les déléguées et les militantes àla rencontre du Comité du Statut des Femmes àNew York, cette semaine, insisteront sur la nécessité de la vigilance contre le fondamentalisme. Une opportunité pour le faire sera la présentation que donnera Amnistie internationale le 5 mars à16h au Church Center. Le titre en est : « Les obstacles àla justice pour SV, les obstacles pour les droits des femmes. » Il pourrait être approprié de se demander si Amnistie elle-même est devenu un de ces obstacles. Suspendre sa responsable de l’unité de recherche sur le genre ne suscite pas la confiance.