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France : Pédophilie dans l’Eglise : les évêques de France créent une « commission indépendante  »

vendredi 9 novembre 2018, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/religions/article/2018/11/07/pedophilie-dans-l-eglise-les-eveques-de-france-creent-une-commission-independante_5380320_1653130.html

Pédophilie dans l’Eglise : les évêques de France créent une « commission indépendante  »

Elle devra « faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950  » et rendra un rapport public d’ici « 18 mois à2 ans  ».

LE MONDE

07.11.2018 à19h24 • Mis àjour le 07.11.2018 à21h53

Les évêques de France, réunis en assemblée plénière àLourdes, ont annoncé mercredi 7 novembre la création d’une « commission indépendante  » pour « faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950  ».

Cette commission aura pour rôle de « comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et faire des préconisations  », a précisé Mgr Georges Pontier, président de la Conférence. Elle devra également « Ã©valuer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000  ».

Au terme de ce travail, la commission publiera un rapport qui sera rendu public « d’ici dix-huit mois àdeux ans  ». Le nom de la personnalité qui présidera cette commission et sera chargée d’en nommer les membres sera annoncé « dans les jours qui viennent  ». Jeudi, le porte-parole de la CEF, Mgr Ribadeau Dumas, avait estimé qu’une telle commission pourrait être composée d’historiens, de magistrats, de spécialistes de l’enfance, de sociologues de l’institution et d’un « canoniste  ».

Lire aussi : A Lourdes, les évêques face aux victimes de pédophilie

Un « geste financier  »

Par ailleurs, les évêques de France ont annoncé une serie de mesures de « reconnaissance des victimes  ». Dans cette perspective, la CEF entend « proposer un geste financier aux personnes victimes  », une demande formulée de longue date par les associations de victimes qui butent souvent sur la prescription des faits.

Mais « face àl’ampleur du fléau et au traumatisme subi par les victimes, le mot “geste financier†ne sonne pas très bien  », a réagi François Devaux, président de l’association de victimes La parole libérée. « C’est une belle promesse qu’on attendait depuis longtemps. Il faudra en être àla hauteur  », ajoute M. Devaux qui a, lui, boycotté la rencontre de Lourdes en dénonçant une « opération de communication  ».

Parmi les autres mesures annoncées mercredi, les évêques entendent réaliser, en association avec les victimes, un « travail de mémoire en recueillant les récits des personnes victimes  », afin de « mieux comprendre les raisons qui ont amené àces actes  ». Un « rapport précis sur l’état de la lutte contre la pédophilie  » sera ainsi publié « régulièrement  », selon le porte-parole des évêques.

Lire aussi : Pédophilie : « Cette Eglise en pleine tempête, ça nous éprouve  »
Accusée d’inertie

Le travail de prévention sera lui aussi accentué, en collaboration avec les personnes victimes de pédophilie. « Ils travailleront àla mise en place d’actions de sensibilisation et de prévention dans tous les lieux d’Eglise susceptibles de les vivre et particulièrement les lieux de proximité, en paroisse par exemple  », a fait savoir l’institution.

Enfin, concernant les prêtres ayant commis des actes de pédophilie ou « des prêtres présentant des fragilités  », les évêques souhaitent « mettre en place des mesures spécifiques d’accueil et d’accompagnement  ».

Accusée d’inertie, l’Église française est confrontée àune pression intense depuis les révélations de cas d’abus sexuels en son sein ainsi que de scandales massifs dans d’autres pays comme les États-Unis et l’Allemagne. Ces mesures font suite àde premières rencontres inédites entre victimes de pédophilie dans l’Église et évêques de France samedi en ouverture de la réunion de la CEF àLourdes.

Pédophilie dans l’Eglise : les évêques de France créent une « commission indépendante  »

Elle devra « faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950  » et rendra un rapport public d’ici « 18 mois à2 ans  ».

LE MONDE | 07.11.2018 à19h24 • Mis àjour le 07.11.2018 à21h53
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Les évêques de France, réunis en assemblée plénière àLourdes, ont annoncé mercredi 7 novembre la création d’une « commission indépendante  » pour « faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950  ».

Cette commission aura pour rôle de « comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et faire des préconisations  », a précisé Mgr Georges Pontier, président de la Conférence. Elle devra également « Ã©valuer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000  ».

Au terme de ce travail, la commission publiera un rapport qui sera rendu public « d’ici dix-huit mois àdeux ans  ». Le nom de la personnalité qui présidera cette commission et sera chargée d’en nommer les membres sera annoncé « dans les jours qui viennent  ». Jeudi, le porte-parole de la CEF, Mgr Ribadeau Dumas, avait estimé qu’une telle commission pourrait être composée d’historiens, de magistrats, de spécialistes de l’enfance, de sociologues de l’institution et d’un « canoniste  ».

Lire aussi : A Lourdes, les évêques face aux victimes de pédophilie

Un « geste financier  »

Par ailleurs, les évêques de France ont annoncé une serie de mesures de « reconnaissance des victimes  ». Dans cette perspective, la CEF entend « proposer un geste financier aux personnes victimes  », une demande formulée de longue date par les associations de victimes qui butent souvent sur la prescription des faits.

Mais « face àl’ampleur du fléau et au traumatisme subi par les victimes, le mot “geste financier†ne sonne pas très bien  », a réagi François Devaux, président de l’association de victimes La parole libérée. « C’est une belle promesse qu’on attendait depuis longtemps. Il faudra en être àla hauteur  », ajoute M. Devaux qui a, lui, boycotté la rencontre de Lourdes en dénonçant une « opération de communication  ».

Parmi les autres mesures annoncées mercredi, les évêques entendent réaliser, en association avec les victimes, un « travail de mémoire en recueillant les récits des personnes victimes  », afin de « mieux comprendre les raisons qui ont amené àces actes  ». Un « rapport précis sur l’état de la lutte contre la pédophilie  » sera ainsi publié « régulièrement  », selon le porte-parole des évêques.

Lire aussi : Pédophilie : « Cette Eglise en pleine tempête, ça nous éprouve  »
Accusée d’inertie

Le travail de prévention sera lui aussi accentué, en collaboration avec les personnes victimes de pédophilie. « Ils travailleront àla mise en place d’actions de sensibilisation et de prévention dans tous les lieux d’Eglise susceptibles de les vivre et particulièrement les lieux de proximité, en paroisse par exemple  », a fait savoir l’institution.

Enfin, concernant les prêtres ayant commis des actes de pédophilie ou « des prêtres présentant des fragilités  », les évêques souhaitent « mettre en place des mesures spécifiques d’accueil et d’accompagnement  ».

Accusée d’inertie, l’Église française est confrontée àune pression intense depuis les révélations de cas d’abus sexuels en son sein ainsi que de scandales massifs dans d’autres pays comme les États-Unis et l’Allemagne. Ces mesures font suite àde premières rencontres inédites entre victimes de pédophilie dans l’Église et évêques de France samedi en ouverture de la réunion de la CEF àLourdes.

Fin septembre, un collectif de personnalités avait même réclamé une commission d’enquête parlementaire sur les actes de pédophilie dans l’Église, rejetée mi-octobre par le Sénat. A défaut, une simple mission d’information portant sur les « abus sexuels dans tous les lieux d’accueil des mineurs  » va être lancée.

Lire aussi : Journal crypté d’un prêtre pédophile : le procès du silence de l’église
La déclaration des évêques de France

« Cette Assemblée plénière des évêques de France a été marquée par l’accueil et l’écoute de personnes victimes d’actes de pédophilie, samedi 3 novembre dernier. Cet événement s’inscrivait dans la suite de plusieurs années de travail et de réflexions sur les mesures àmettre encore en Å“uvre dans la lutte contre la pédophilie. Cette rencontre entre les personnes victimes et les évêques a permis de confirmer pour nous tous, personnes victimes et évêques, la nécessité de travailler mieux ensemble àcette lutte.

Dans la suite des travaux entamés avant cette Assemblée et dans l’élan donné par la rencontre de samedi avec les personnes victimes, les évêques de France ont décidé la mise en place d’une commission indépendante pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et pour faire des préconisations. Cette commission devra aussi évaluer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000.

Elle rendra public un rapport d’ici dix-huit mois àdeux ans.

Dans les jours qui viennent, des précisions seront apportées sur cette commission indépendante et notamment sera annoncé le nom de la personnalité qui aura la charge de la mettre en place, d’en nommer les membres et d’en préciser le périmètre.

Par ailleurs, en plus de cette décision, les évêques de France ont voulu entreprendre des démarches propres dans le cadre de cette lutte contre la pédophilie. Ils veulent tout particulièrement associer les personnes victimes dans la mise en Å“uvre des décisions suivantes qui sont liées les unes aux autres. Ils souhaitent également travailler avec des personnalités de la société civile sur ces sujets. Ces décisions vont donner lieu àla mise en Å“uvre des chantiers qui devront aboutir àl’Assemblée plénière du printemps 2019 :

Ils souhaitent réaliser un travail de mémoire en recueillant les récits des personnes victimes afin de pouvoir mieux comprendre les raisons qui ont amené àces actes. Dans une relation directe avec les personnes victimes qui le voudront bien, chaque évêque sera amené àprendre ou reprendre contact pour expliquer et initier ce travail.
Au titre de ce travail de mémoire, un rapport précis sur l’état de la lutte contre la pédophilie sera publié régulièrement dans la suite des rapports publiés par la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie.

Les évêques souhaitent travailler avec les victimes pour voir comment permettre que notre histoire n’oublie pas ces actes qui ont marqué àvie trop de personnes.

Les évêques veulent, par ailleurs, accentuer le travail de prévention. Ils souscriront aux programmes spécifiques qui pourront être proposés dans le cadre de cette prévention. Toujours avec les personnes victimes, ils travailleront àla mise en place d’actions de sensibilisation et de prévention dans tous les lieux d’Église susceptibles de les vivre et particulièrement les lieux de proximité (en paroisse par exemple).
Les évêques souhaitent proposer un geste financier aux personnes victimes.
Enfin, àl’égard des prêtres ayant été auteurs d’actes de pédophilie ou de prêtres présentant des fragilités, les évêques souhaitent mettre en place des mesures spécifiques d’accueil et d’accompagnement.  »

Mgr Georges Pontier,
Archevêque de Marseille,
Président de la Conférence des évêques de France

Lire aussi : Journal crypté d’un prêtre pédophile : le procès du silence de l’église

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La déclaration des évêques de France

« Cette Assemblée plénière des évêques de France a été marquée par l’accueil et l’écoute de personnes victimes d’actes de pédophilie, samedi 3 novembre dernier. Cet événement s’inscrivait dans la suite de plusieurs années de travail et de réflexions sur les mesures àmettre encore en Å“uvre dans la lutte contre la pédophilie. Cette rencontre entre les personnes victimes et les évêques a permis de confirmer pour nous tous, personnes victimes et évêques, la nécessité de travailler mieux ensemble àcette lutte.

Dans la suite des travaux entamés avant cette Assemblée et dans l’élan donné par la rencontre de samedi avec les personnes victimes, les évêques de France ont décidé la mise en place d’une commission indépendante pour faire la lumière sur les abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique depuis 1950, pour comprendre les raisons qui ont favorisé la manière dont ont été traitées ces affaires et pour faire des préconisations. Cette commission devra aussi évaluer les mesures prises par la Conférence des évêques de France depuis les années 2000.

Elle rendra public un rapport d’ici dix-huit mois àdeux ans.

Dans les jours qui viennent, des précisions seront apportées sur cette commission indépendante et notamment sera annoncé le nom de la personnalité qui aura la charge de la mettre en place, d’en nommer les membres et d’en préciser le périmètre.

Par ailleurs, en plus de cette décision, les évêques de France ont voulu entreprendre des démarches propres dans le cadre de cette lutte contre la pédophilie. Ils veulent tout particulièrement associer les personnes victimes dans la mise en Å“uvre des décisions suivantes qui sont liées les unes aux autres. Ils souhaitent également travailler avec des personnalités de la société civile sur ces sujets. Ces décisions vont donner lieu àla mise en Å“uvre des chantiers qui devront aboutir àl’Assemblée plénière du printemps 2019 :

Ils souhaitent réaliser un travail de mémoire en recueillant les récits des personnes victimes afin de pouvoir mieux comprendre les raisons qui ont amené àces actes. Dans une relation directe avec les personnes victimes qui le voudront bien, chaque évêque sera amené àprendre ou reprendre contact pour expliquer et initier ce travail.
Au titre de ce travail de mémoire, un rapport précis sur l’état de la lutte contre la pédophilie sera publié régulièrement dans la suite des rapports publiés par la Cellule permanente de lutte contre la pédophilie.

Les évêques souhaitent travailler avec les victimes pour voir comment permettre que notre histoire n’oublie pas ces actes qui ont marqué àvie trop de personnes.

Les évêques veulent, par ailleurs, accentuer le travail de prévention. Ils souscriront aux programmes spécifiques qui pourront être proposés dans le cadre de cette prévention. Toujours avec les personnes victimes, ils travailleront àla mise en place d’actions de sensibilisation et de prévention dans tous les lieux d’Église susceptibles de les vivre et particulièrement les lieux de proximité (en paroisse par exemple).
Les évêques souhaitent proposer un geste financier aux personnes victimes.
Enfin, àl’égard des prêtres ayant été auteurs d’actes de pédophilie ou de prêtres présentant des fragilités, les évêques souhaitent mettre en place des mesures spécifiques d’accueil et d’accompagnement.  »

Mgr Georges Pontier,
Archevêque de Marseille,
Président de la Conférence des évêques de France