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Palestine: ’Un problème politique doit trouver une solution politique’

Friday 16 April 2010, by siawi2

> Interview de Michel Sabbah - par Laurent Grzybowski - publié le 01/04/2010
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> Quelle est la situation des chrétiens de Palestine ?

> Elle est la même que pour tous les Arabes de Palestine. Chrétiens ou musulmans, nous faisons partie d’un même peuple, d’une même culture, d’une même histoire. Un peuple qui est en conflit avec un autre peuple. Un peuple occupé militairement qui n’a pas besoin de compassion, mais de justice. Dans un contexte politique très tendu, nous essayons de faire face au même défi. Qu’est-ce qu’être chrétien ? C’est être envoyé àune société, àun monde que nous n’avons pas choisi parce qu’il nous est donné. Notre vocation est donc d’être chrétien dans une société arabe et majoritairement musulmane. C’est une expérience que nous connaissons bien, nous avons plusieurs siècles d’histoire commune derrière nous.
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> Pourtant, aujourd’hui, on parle de persécutions antichrétiennes ?

> Des incidents individuels entre musulmans et chrétiens peuvent parfois prendre une dimension communautaire. Dans ce cas, il existe des médiateurs, des familles reconnues pour leur sagesse et leur autorité, capables de régler les conflits. Mais, je peux en témoigner, en Palestine, cela n’est jamais allé plus loin. Aucun massacre, aucun attentat contre les églises, aucune persécution ouvertement antichrétienne. Même àGaza, les chrétiens sont protégés par le Hamas, souvent présenté comme une organisation terroriste.
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> Est-ce la même chose en Irak ?

> Non, là-bas les chrétiens sont victimes de la violence et sont tués parce qu’ils sont chrétiens. Mais il s’agit de motivations politiques, non religieuses. Les extrémistes espèrent ainsi déstabiliser le pays. Beaucoup de sunnites ou de chiites sont tués pour les mêmes raisons. Il ne sert àrien d’accuser l’Islam de tous les maux. Travailler àla paix et àla justice, en Irak comme ailleurs, est le meilleur moyen d’éviter un exode massif des chrétiens d’Orient. Un problème politique doit trouver une solution politique.
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> Que répondez-vous àceux qui défendent l’idée d’un choc des civilisations ?

> Il y a un choc, mais il n’est ni religieux, ni culturel. Il est politique. L’Occident traite l’Orient, et ceux qui y habitent, qu’ils soient chrétiens ou musulmans, comme des mineurs. Tant qu’il y aura ce rapport de dominant àdominé, on ne sortira pas de la spirale de la violence. Les racines du terrorisme mondial sont là. L’Orient n’est pas libre de son destin, il est soumis àla domination occidentale. Le problème, ce n’est pas l’Islam, c’est la confrontation entre l’Orient et l’Occident. Le colonialisme historique a cédé la place àun autre colonialisme, plus larvé, mais non moins réel.
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> Vous n’avez donc pas peur de l’expansion de l’Islam ?

> C’est un fantasme alimenté par ceux qui ne comprennent pas l’Orient, en général, et l’Islam, en particulier. Tant que les Palestiniens se sentiront opprimés, tous les musulmans du monde se sentiront solidaires avec eux et pourront causer des perturbations àl’intérieur des sociétés où ils vivent. Il faut mettre fin àce rapport du fort au faible entre l’Occident et le monde musulman et mener des actions d’éducation àla citoyenneté, au respect de l’autre. Développons une culture de coexistence active, apprenons ànous connaître, àvivre et àagir ensemble.
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> http://www.lavie.fr/hebdo/2010/3370/michel-sabbah-le-hamas-nous-protege-30-03-2010-4921_116.php
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