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Algérie : « Le mur de la peur a été cassé  »

Des centaines de milliers d’Algériens manifestent àtravers le pays : “Pouvoir dégageâ€

vendredi 1er mars 2019, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/03/01/algerie-kamel-daoud-estime-que-le-mur-de-la-peur-a-ete-casse_5429940_3212.html

Algérie : « Le mur de la peur a été cassé  », estime l’écrivain Kamel Daoud

Le journaliste et écrivain a dénoncé un « régime qui n’a pas d’issue  », alors que le pays connaît un mouvement de contestation.

Publié aujourd’hui à11h13, mis àjour à12h07

Photo : Kamel Daoud, àMarseille, France, le 14 octobre 2014. BERTRAND LANGLOIS/AFP

Alors que de nouvelles manifestations contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika àsa propre succession sont attendues dans la journée, l’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud a livré, vendredi 1er mars, sur RTL son analyse du mouvement de contestation en cours en Algérie. « Le principal changement : les gens n’ont plus peur. Le mur de la peur a été cassé  », a estimé le Prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête.

« Chantage àla guerre civile  »

M. Daoud, dont les prises de position font régulièrement polémique auprès de ceux qui accusent sa pensée critique de participer tantôt àune stigmatisation de l’Islam, tantôt àune caricature de l’Algérie, pays dans lequel il a choisi de demeurer malgré tout, a salué le calme des manifestants. « Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit qui va se passer, s’il n’y a pas de provocation de la part du régime  » a-t-il affirmé, critiquant la confiscation du pouvoir par « une véritable gérontocratie qui fait face àune population majoritairement jeune.  »

Condamnant la nouvelle candidature de M. Bouteflika, l’écrivain a dénoncé l’« insolence  » d’un pouvoir qui irait jusqu’à« présenter une photo àla place d’un candidat qui est quasiment mort (…), beaucoup d’Algériens ont ressenti cela comme une humiliation.  » M. Daoud a dit déceler « une très grande panique au sein du pouvoir qui peut avoir pour conséquence une très grande violence  » de la part d’un « régime qui n’a pas d’issue  » et qui se livre, selon lui, à« un chantage àla guerre civile  ».

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Source : https://www.elwatan.com/a-la-une/ils-mettent-en-garde-le-regime-contre-le-recours-a-la-violence-des-personnalites-appellent-a-participer-a-la-marche-du-1er-mars-28-02-2019

Vendredi de mobilisation dans le pays : Le pouvoir de la rue
Ils mettent en garde le régime contre le recours àla violence  :

Des personnalités appellent àparticiper àla marche du 1er mars

Iddir Nadir

28 février 2019 à11 h 26 min

Plusieurs personnalités nationales ont signé une « Déclaration au peuple algérien » dans laquelle elles appellent àparticiper aux manifestations de demain.

Les signataires, parmi lesquels le Commandant de la Wilaya IV, Lakhdar Bouregaâ, l’ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour et l’ancien ministre Abdelaziz Rahabi, saluent le soulèvement populaire pacifique qu’ont connu les villes du pays vendredi 22 février, et appellent les autorités àcesser « de sous-estimer » et « d’insulter » le peuple algérien en soutenant la candidature de Abdelaziz Bouteflika àun 5e mandat.

Tout en reconnaissant ne pas revendiquer l’initiative de l’appel au soulèvement pacifique qui exige des changements politiques devant accélérer la rupture avec le système politique en place, les personnalités déclarent leur soutien àla « dynamique » en cours.

La quinzaine de signataires, dont l’historien Mohamed Arezki Ferrad, le sociologue Nacer Djabi, l’universitaire Abdelali Rezagui, affirment tenir le pouvoir politique pour « responsable » de la situation actuelle en raison de « son investissement dans le délitement de la pratique politique et la destruction de tous les corps intermédiaires qui auraient pu encadrer la société et exprimer véritablement leurs aspirations ».

L’autorité politique, poursuivent les signataires, a fait perdre àl’Etat son autorité et a consacré « des comportements et des valeurs qui sont àl’origine de la corruption et la marginalisation des compétences nationales ». Les personnalités se félicitent « de la grande conscience et de la grande maturité des jeunes Algériens et de toute la population face aux exigences de la délicate situation politique, économique et sociale du pays ».

Les rédacteurs de l’appel appellent tous les courants de pensée, politiques et partisans du pays àsoutenir le mouvement de soulèvement et às’éloigner de toute tentative de « confinement et d’exploitation afin de préserver son caractère populaire et rassembleur ». Ils mettent en garde l’autorité politique contre le recours àl’exploitation inconstitutionnelle des organes de l’Etat pour « réprimer ou sortir l’intifadha » de son cours pacifique.

Connues pour leur soutien àtoutes les actions politiques pour un changement pacifique dans le pays, les personnalités exhortent les jeunes àpoursuivre leur soulèvement et às’engager dans l’action politique collective, « seule capable de contraindre le système politique àmodifier ses pratiques contraires aux intérêts suprêmes de l’Etat ».

Multiplication des initiatives

Les personnalités qui apportent leur soutien au mouvement populaire insistent sur « le maintien de la nature pacifique du mouvement et ne pas réagir àtoute provocation ou pression ».

A la fin de leur déclaration, les personnalités mettent en garde contre l’exercice d’une « légitimité du fait accompli » basée sur la logique du « changement dans la continuité » et sur « la manÅ“uvre politicienne afin de se maintenir au pouvoir en s’accordant le droit d’octroyer progressivement des droits et libertés ». « Participons tous au vendredi 1er mars 2019 et continuons ànous mobiliser et ànous engager », concluent les personnalités leur déclaration.

Certains activistes annoncent d’ailleurs la participation àla marche de la moudjahida Djamila Bouhired. Des personnalités politiques, des intellectuels, des universitaires et des journalistes se sont manifestés, ces derniers jours, pour apporter leur soutien au soulèvement du 22 février.

Des universitaires, dont Redouane Boudjemaa, Louisa Dris-Aït Hamadouche, Fatma Oussedik, Saïd Djaafer, Nacer Djabi, Cherif Dris ont déclaré leur adhésion, dans une déclaration rendue publique le dimanche 24 février, au mouvement de contestation.

Les signataires appellent tous leurs collègues « libres et dignes » àadhérer au processus de changement et ne pas être àla marge.

Les signataires affirment devoir s’engager à« fournir les moyens politiques qui empêcheront que s’installe le vide qui permettra la reproduction d’un système politique usé ». Une autre déclaration d’intellectuels, universitaires et journalistes a été aussi rendue publique samedi, àl’initiative de Smail Yabrir, lauréat du Prix Mohammed Dib et journaliste.

Mettant en avant le caractère foncièrement autoritaire du pouvoir algérien et ses accointances avec des puissances étrangères, les rédacteurs réclament une période de transition, au cours de laquelle sera élue une Constituante dont l’objectif sera l’adoption par référendum d’une Constitution démocratique.

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/des-milliers-de-manifestants-dans-la-rue-01-03-2019

Des centaines de milliers d’Algériens manifestent àtravers le pays : “Pouvoir dégageâ€

El Watan

01 mars 2019 à13 h 40 min

Ils étaient des centaines de milliers, probablement des millions, àsortir, aujourd’hui vendredi, pour exprimer leur rejet du projet d’un 5e mandat et réclamer le départ du régime politique en place.

Les Algériens ont donné, àtravers ces manifestations historiques, une réponse cinglante aux menaces àpeine voilées proférées par certains hauts responsables de l’Etat qui brandissaient le spectre de la Syrie pour décourager les manifestants.

A Alger, les processions interminables de manifestants ont submergé les rues et les artères de la ville qui a vu l’une des icones du pays, Djamila Bouhired, manifester entourée de ses concitoyens.

A Oran, Annaba, Béjaia, Ouargla, Sétif et partout dans le pays, y compris dans des villages reculés, les Algériens se sont dressés comme un seul homme, de manière pacifique et civilisée, pour réclamer leurs droits humains et politiques bafoués, depuis des décennies, par un pouvoir liberticide.

Images ici