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Algérie : Le dossier de candidature de Bouteflika déposé, on promet une élection présidentielle anticipée et une nouvelle République

« Envers et contre le peuple  »

lundi 4 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/le-dossier-de-candidature-de-bouteflika-depose-on-promet-une-election-presidentielle-anticipee-et-une-nouvelle-republique-03-03-2019

Le dossier de candidature de Bouteflika déposé, on promet une élection présidentielle anticipée et une nouvelle République

Farouk Djouadi

03 mars 2019 à20 h 32 min

Le dossier de candidature d’Abdelaziz Bouteflika a été déposé samedi au Conseil constitutionnel par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane. Celui-ci a lu un message au nom de Bouteflika où il a promis de changer le système politique !

Le président Bouteflika, àse fier àce message, a évoqué « les doutes et la suspicion qui ont incité les jeunes àmanifester  », avant de dévoiler une liste d’engagements àrespecter, après sa réélection pour un 5e mandat.

« Je suis déterminé, si j’obtiens la confiance du peuple algérien, d’assumer la responsabilité historique et de répondre àsa principale revendication de changer le régime », a affirmé le chef de l’Etat, selon le message lu en son nom.

Le chef de l’Etat s’est engagé, assure la même source, àorganiser une « conférence nationale inclusive qui se chargera de l’élaboration des réformes politiques, économiques et sociales…  ».

Le deuxième engagement concerne « l’organisation d’une élection présidentielle anticipée dont la date de la tenue sera fixée par la conférence nationale. « Je m’engage àne pas me porter candidat lors des cette élection qui devrait garantir une succession dans le calme et dans un climat de liberté et de transparence  ».

L’autre engagement pris par le Président porte sur l’élaboration d’ « une nouvelle constitution qui sera soumise au peuple par referendum ». La future constitution promise devrait « consacrer la naissance d’une nouvelle république et le nouveau système algérien », pré cise le même message attribué àBouteflika.

Il reste àsavoir maintenant comment les millions d’Algériens qui ont dit NON au 5ème mandat vont accueillir ce message présidentiel ? Difficile de croire les promesses de celui (ou ceux) qui a monopolisé le pouvoir pendant 20 ans.

°°°

Voir aussi : Manifestations nocturnes dans plusieurs villes suite àl’annonce du dépôt de candidature de Bouteflika. / K. Dadci, Fodil S. et N. N.
03 mars 2019 à23 h 08 min
https://www.elwatan.com/edition/actualite/manifestations-dans-plusieurs-wilayas-contre-la-reponse-de-bouteflika-03-03-2019

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Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/03/04/algerie-bouteflika-n-a-pas-convaincu-la-presse-independante_5431284_3212.html

Présidentielle en Algérie : la presse critique l’inflexibilité du pouvoir de Bouteflika

Les garanties liées au dépôt de sa candidature àun cinquième mandat sont perçues comme une ultime manœuvre, impropre àrétablir la confiance du peuple.

Par Madjid Zerrouky et Allan Kaval

Publié le 4 mars à17h15, mis àjour à17h41

Au lendemain du dépôt de candidature contesté du président Abdelaziz Bouteflika, la presse algérienne réagit, lundi 4 mars, àl’inflexibilité du pouvoir, déterminé àpousser le chef de l’Etat de 82 ans àbriguer un cinquième mandat. « Bouteflika défie les Algériens  », titre ainsi en « une  » le quotidien indépendant francophone El Watan qui publie une caricature en pleine page de M. Bouteflika. Le président algérien est représenté en fauteuil roulant, l’air agonisant, encadré par deux policiers en tenue antiémeute. Le dessinateur lui fait reprendre les propos lancés par Emmanuel Macron àses opposants au début de l’affaire Benalla : « Qu’ils viennent me chercher !  »
DR

Dans ses pages, le quotidien dénonce en des termes forts l’acharnement du président et de son entourage :

« La candidature d’Abdelaziz Bouteflika peut mettre le feu au pays. (…) Le pire est àcraindre. S’obstiner àgarder au pouvoir un homme alors qu’il n’est plus en mesure de terminer son quatrième mandat et confiné au silence depuis sept ans, est perçu comme une déclaration de guerre.  »
Des promesses « difficiles àcroire  »

La veille, jour du dépôt de candidature, El Watan livrait un compte rendu sceptique de la lettre lue au nom de M. Bouteflika par son directeur de campagne, Abdelghani Zaalane, dévoilant une liste d’engagements qu’il promettait d’honorer en cas de réélection. Le communiqué prête au président algérien, toujours hospitalisé en Suisse, une détermination sans faille à« assumer la responsabilité historique de (…) changer le régime  ». Le quotidien accorde toutefois peu de crédit aux garanties prêtées àM. Bouteflika. « Difficile de croire les promesses de celui (ou ceux) qui ont monopolisé le pouvoir pendant vingt ans  », conclut ainsi l’article.

L’édition de lundi du quotidien étatique francophone El Moudjahid choisit de publier in extenso le message aux Algériens signé par Abdelaziz Bouteflika et détaille en « une  » les « six engagements du président  » :

la tenue d’une conférence nationale indépendante après l’élection ;
l’adoption d’une nouvelle Constitution ;
des mesures en faveur d’une redistribution plus juste des richesses ;
des mesures contre la pauvreté et la corruption ;
une révision de la loi électorale ;
et, surtout, l’organisation d’une élection anticipée censée assurer sa succession avant la fin d’un éventuel cinquième mandat.

Sans surprise, dans son éditorial, la rédaction du quotidien salue des « engagements fermes  », une « grande sincérité de ton  », et décrit la déclaration du président comme un « message d’espoir  ».

Sur les « unes  » de la presse papier et sur les sites d’information du pays, l’enthousiasme exprimé par l’organe officiel du pouvoir en place àAlger fait toutefois exception. Pour le journal de langue arabe El Khabar, l’un des deux plus gros tirages algériens, Abdelaziz « Bouteflika ignore les marches contre un cinquième mandat  » et les engagements présidentiels qu’il prétend prendre ne sont que la conséquence de la pression de la rue. Le quotidien souligne par ailleurs que si l’on excepte la promesse de ne pas se représenter àun sixième mandat présidentiel, les « nouveaux engagements  » de M. Bouteflika ne sont qu’un copier-coller de sa lettre aux Algériens de 2014. Il briguait alors un quatrième mandat.

« Envers et contre le peuple  »

Dimanche, dans son éditorial, le quotidien s’interrogeait sur la place que réserverait l’histoire àM. Bouteflika :

« Il aurait été possible qu’Abdelaziz Bouteflika quitte le pouvoir comme un homme aimé, mais la corruption politique et financière du pays lui gâchera sa sortie. Il avait l’espoir de mourir président. De se voir offrir des funérailles encore plus solennelles que celles auxquelles avait eu droit l’ancien président Boumédienne [en fonction de 1965 à1979 et qui est parfois l’objet de nostalgie]. Il quittera le pouvoir avec l’image de manifestations beaucoup plus massives que les défilés d’adieux qui ont accompagné Boumédienne àsa dernière demeure.  »

« Envers et contre le peuple  » titre pour sa part Liberté, publication démocrate et laïque. Le quotidien était revenu dans la soirée de dimanche sur les irrégularités liées au dépôt de candidature de M. Bouteflika et sur l’ambivalence du Conseil constitutionnel algérien àleur égard. Le journal a notamment révélé que le site de cette institution avait été bloqué dimanche avant d’être remis en ligne après qu’une modification de taille a été apportée àun communiqué publié par le Conseil constitutionnel le 21 février : le texte expliquait alors que les dépôts de candidature devaient être effectués « en personne  ». Dimanche après-midi, cette mention a été purement et simplement supprimée.

« Confiance rompue  »

Le site d’information indépendant Tout sur l’Algérie (TSA) est également revenu sur les anomalies de la candidature déposée par le président algérien. En plus de l’absence du président au Conseil constitutionnel, TSA relève qu’un certificat médical « de bonne santé  » doit faire partie des pièces àfournir et qu’un médecin en a donc dressé un pour M. Bouteflika alors même que ce dernier est hospitalisé àl’étranger. TSA émet par ailleurs des doutes sur la sincérité des engagements pris par le pouvoir au nom du président Bouteflika, tout en notant un « changement d’attitude  » et la prise en compte des manifestations de la part du pouvoir, ce qui constituerait selon TSA une rupture avec « vingt ans d’arrogance  ». Pour le site, il est toutefois trop tard :

« Qu’en pensera justement la rue ? Hier soir, les Algériens ont répondu par d’importantes marches nocturnes àtravers tout le pays. Un avant-goà»t de ce que seront les jours àvenir. La confiance semble rompue et Bouteflika ne peut s’en prendre qu’àlui-même. Car en matière de réformes et de démocratisation, il a pris plein d’engagements solennels par le passé, hélas, sans jamais les tenir.  »

En plus des articles consacrés au dépôt de candidature effectué au nom du président Bouteflika, l’édition du Huffpost pour le Maghreb francophone revient de son côté sur un événement déroutant survenu dimanche et concernant le candidat opposant et trouble-fête Rachid Nekkaz. Alors que ce dernier était attendu par de nombreux journalistes pour une conférence de presse, c’est un parfait inconnu, garagiste de profession, portant le même nom que le candidat, qui a été envoyé pour prendre la parole devant eux.

Ce « faux  » Rachid Nekkaz est en fait apparu àl’initiative du « vrai  » Rachid Nekkaz. Ne pouvant sans doute pas se présenter en l’état des textes car il n’a pas vécu suffisamment en Algérie et son épouse serait « Ã©trangère  », Rachid Nekkaz a donc présenté les signatures requises pour sa candidature au nom d’un homonyme : un de ses cousins… L’événement est qualifié de « surréaliste  » par la presse indépendante.

Notre sélection d’articles pour comprendre la contestation en Algérie

Depuis le 22 février, le mouvement de protestation le plus important des deux dernières décennies en Algérie a poussé des dizaines de milliers de personnes dans les rues pour exprimer leur opposition àun cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, avant l’élection présidentielle prévue le 18 avril.

Retrouvez ci-dessous les contenus de référence publiés par Le Monde pour comprendre la crise qui traverse le pays :

Abdelaziz Bouteflika, candidat malgré tout : le point sur la situation politique en Algérie au lendemain du dépôt de candidature du chef de l’Etat
Cinq choses àsavoir sur Abdelaziz Bouteflika : comment le président est devenu l’homme qui cristallise la colère de la jeunesse
Quelle opposition àBouteflika ? Tour d’horizon des formations politiques qui contestent le maintien au pouvoir du président algérien
Vu de Paris ou Marseille : la diaspora scande les mêmes slogans qu’en Algérie
Entretien avec l’historienne Karima Dirèche : « Le régime a surestimé la patience du peuple  »

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Madjid Zerrouky et Allan Kaval